Quand le « Game for change » s’attaque à la nutrition [Interview]

Créée en 2016, C’TropFood est, aujourd’hui, une jeune entreprise composée de 6 collaborateurs animés par la même volonté : proposer des jeux pour apprendre à bien manger ! Des contenus que la startup propose aux familles  mais aussi aux grands groupes. 

« Manger, bouger ». Cette formule est remise au goût du jour par C’TropFood qui utilise le « Game for change » pour sensibiliser les enfants à l’équilibre nutritionnel. Actuellement en pleine levée de fonds, la startup compte rassembler 400 000 euros pour financer son nouveau jeu.

Widoobiz : Pourquoi avoir fait une nouvelle version de votre jeu « Monde de Twip » : « Feed Twip » ? Quelles sont les innovations ?

Vincent Péquignot : La nouvelle version est plus complète. On y a ajouté un nouveau module cuisine qui va amener les enfants à cuisiner pour nourrir Twip ! Les enfants peuvent maintenant inventer des plats, découper des aliments mais aussi dresser les assiettes. Ils auront donc davantage de responsabilités et apprendront les bases de l’équilibre alimentaire.

W : Aujourd’hui les enfants étudient avec des tablettes, c’est une étape logique de passer par le côté gaming pour l’apprentissage ?  

V.P : Il faut évoluer avec son temps ! Beaucoup de professionnels considèrent que les politiques de prévention s’essoufflent. Je pense notamment à la campagne « manger, bouger » qui à ses débuts, a eu un impact positif mais qui aujourd’hui, paraît moins efficace. Grâce à nos applications, les enfants peuvent jouer sur tablette et mobile tout en apprenant des choses sur la nutrition. On essaye de mener des politiques de prévention fun et ludiques. En fait, on s’inscrit dans le courant du Game for change, c’est-à-dire des jeux à impact social qui proposent un vrai message.

W : Votre nouveau projet « Feed them right » a-t-il le même objectif ?

V.P : Oui l’objectif principal reste le même, apprendre aux utilisateurs à mieux manger. Dans le jeu, il faut nourrir une petite famille de monstres mais il faut bien respecter les portions de chacun d’eux.  Les enfants découvrent ainsi l’équilibre alimentaire car le jeu aborde différents thèmes nutritionnels : les types de repas, les portions. L’application comprend aussi beaucoup de jeux d’agilité. Je pense donc que ça va beaucoup plaire aux enfants. Cela pourrait même devenir addictif !

W : En parlant d’addiction, vos jeux ne sont-ils pas dangereux pour les enfants ? Au lieu de rapprocher parents et enfants autour du thème de la nutrition, le jeu ne les éloigne-t-ils pas? 

V.P : C’est une question qu’on me pose souvent (rire) ! Je pense que mon application réussit vraiment à installer un dialogue entre parent et enfant car, de toute manière, les enfants vont jouer sur tablette ou mobile, donc pourquoi ne pas les faire jouer à un jeu qui a un sens ? C’est ce que j’essaye de faire avec Twip. Je donne du sens à leurs loisirs. Je pense vraiment que c’est une bonne alternative. C’est un jeu intelligent qui crée des interactions au sein de la famille.

W : « C’est un jeu intelligent qui crée des interactions au sein de la famille », c’est votre argument phare pour convaincre vos investisseurs ? 

V.P : Entre autres ! Ce qui intéresse nos investisseurs, c’est bien sûr la rentabilité du projet. Ce sont des investisseurs donc il s’intéressent forcément au business. Mais l’aspect social les interpelle aussi:  le fait que le jeu s’adresse aux familles, qu’il sensibilise autour de problématiques liées à la santé public plait également beaucoup.

W :  Ce qui fait pencher la balance c’est plutôt la rentabilité ou l’aspect social ?

V.P : C’est bien sûr les deux ! Les investisseurs veulent à la fois une entreprise qui propose un business model viable mais ils veulent aussi un projet qui ait du sens. Aujourd’hui, les fonds à impact social recherchent de plus en plus ce type de profil.

W : Dans votre équipe, vous avez décidé de faire collaborer ensemble des personnalités issues de champs différents : nutritionnistes, sociologues, écrivains, quel est votre but ? 

V.P : Oui, je fais travailler les collaborateurs comme une nutritionniste, un pédiatre, ensemble pour valider le contenu des jeux. Ensuite, je réunis tous les membres au sein d’un conseil scientifique, un lieu où l’on peut confronter nos idées. Je trouve que les idées de chacun se complètent, ce qui permet de préciser la marche à suivre.

W :  Le « manger mieux » n’intéresse pas que la France au contraire, d’autres pays sont encore plus touchés par des problèmes d’obésité par exemple, vous n’envisagez pas de vous internationaliser ? 

V.P : Si bien sûr, mais étape par étape. Pas avant 2018. On compte d’abord faire des tests dans  des pays étrangers francophones pour voir comment l’application est reçue. Ensuite, on élargira notre champs d’action pour s’exporter à travers toute l’Europe…

Khadija Adda Rezig

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