Innovation : la norme se fera peut-être sans vous

Dans cette chronique d’AFNOR, Pierre Deplanche, professeur à l’Université de Bourgogne explique pourquoi les PME doivent imposer leurs vues dans les comités normatifs.  

Toutes les entreprises vont devoir s’y mettre. Afin d’avoir la même définition, l’ensemble des organismes sont en train de se mettre d’accord sur le concept de Management de l’innovation. « Compte tenu que nous sommes dans une course à l’innovation, cette norme va décider de beaucoup de marchés », explique Pierre Deplanche, professeur en intelligence économique à l’Université de Bourgogne.

Une norme qui n’a pas fini cependant d’être discutée. Il faut du temps pour que tout le monde s’accorde. Une chose est certaine cependant : il ne suffira plus de déposer un brevet pour être reconnu comme une entreprise innovante. Différents paramètres seront à prendre en compte. Et ce sera comme la norme 9001. Ne pas s’y réglementer fermera l’accès de certains marchés aux entreprises.

Les PME doivent réinvestir les comités normatifs

Aujourd’hui, ce sont les grandes entreprises, les universitaires, les cabinets de consultant qui participent aux travaux d’élaboration de cette norme. Les PME sont presque totalement absentes du débat. Elles auraient pourtant beaucoup de choses à y gagner. « Quand vous êtes dans une commission internationale ou européenne, vous avez la quasi-totalité des parties prenantes. Vous vous nourrissez d’informations que vos concurrents n’ont pas », rappelle Pierre Deplanche.

Surtout, en restant dehors des discussions, les PME françaises n’ont plus l’influence nécessaire. Il suffit de prendre l’exemple de la prise électrique. Malgré l’avance technologique de la France, l’Allemagne a réussi à imposer « son » modèle de prise pour voiture électrique. « Nous n’étions pas là où il le fallait et nous avons été déficients en lobbying et en influence », souligne l’enseignant.

Autrement dit, les PME doivent réinvestir les comités normatifs. « C’est de l’investissement, cela s’appelle de la stratégie ». Et ça, c’est fondamental.

#Replay : vous pouvez retrouver une autre chronique AFNOR sur la formation professionnelle : 

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

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