La Disruption : c’est pas cool !

La Disruption : Ce mot s’est propagé comme une traînée de poudre pendu  à toutes les bouches des startupers comme une tendance de mode. Disrupter serait cool ? Je crois pas non !

“La Disruption” qui signifie “Bousculer les conventions” est donc devenue une vraie tendance et surtout un modèle de réussite: Uber disrupte le monde du VTC, Leboncoin celui du marché deuxième main, Allo Resto by Just Eat la livraison de repas à domicile, Doctolib et Mesdocteurs l’accès aux médecins, Airbnb l’hôtellerie, Blablacar le transport, etc.

Ces startups à la réussite fulgurante font pâlir d’envie tous les entrepreneurs, pas seulement par leur réussite mais parce qu’elles marquent une étape sur leur marché. Il y aura un avant et après chacune d’elle, elles ont réussi à changer des habitudes bien ancrées.

Disrupter un marché est loin d’être coooool !!!

Pour explorer le potentiel de son ”innovation”, il faut savoir sortir de sa zone de confort, et oser secouer la norme avec une ambition illimitée.

En créant Babbler avec ma soeur Hannah, nous avions dès le départ cette immense ambition : bousculer les codes de notre marché (celui des relations presse ) en proposant une alternative aux méthodes et outils traditionnels. Plus concrètement, une plateforme sociale et engageante qui permet aujourd’hui à plus de 900 marques d’interagir plus simplement avec leurs communautés de média.

Nous avons vite constaté à quel point tenter de disrupter un marché était loin d’être coooool !!!

Nous oublions tous combien de temps (et d’argent d’ailleurs) ces licornes qui forcent à l’admiration ont dû investir avant d’arriver à faire basculer leur modèle du “proof of concept” à la startup structurée.

Plusieurs articles comme celui-ci expliquent qu’à leurs débuts ces disrupteurs comme Airbnb ne faisaient absolument pas l’unanimité, ni dans leur écosystème ni auprès des investisseurs.

Propager un nouvel usage sur un marché peut prendre des années !

Le public n’est pas toujours à l’aise avec l’innovation ! Et puis bousculer des codes ça veut dire remettre en cause l’organisation actuelle et son efficacité et ça, ça n’arrange pas tout le monde !!

L’éducation à de nouvelles pratiques est souvent lente, il faut mettre en place très tôt une stratégie d’évangélisation solide. On doit former et accompagner de façon agile nos futurs utilisateurs pour les rassurer. La clé, c’est d’inspirer la “confiance” et la “crédibilité” pour bénéficier de leurs fameuses “recommandations” et les convaincre en masse avec plus de légitimité.

Trouver la bonne formule qui permettra de stabiliser le modèle

En parallèle, on travaille sur un business modèle en constante évolution qui doit être au plus près des besoins et des mouvements du marché. On a besoin d’investir du temps avant de trouver la bonne formule qui permettra de stabiliser le modèle et de pouvoir croître en sécurité.

Et ce temps, il faut l’acheter quand on est pas rentable, et donc se faire financer ( Business Angels, Levées de fonds, Partenariats, Prêts, Subventions …). La course est alors lancée avec un timing qui résonne tous les jours via une équation simple : Durée de vie = Cash en banque – Cash burn mensuel soit le XX/XX/XX !!!!!! Date à laquelle on a soit atteint la rentabilité ou bien trouvé de nouveaux fonds pour renouveler son CDD !

Certains n’auront pas pu “se payer” une phase d’évangélisation assez longue et verront leurs projets mourir dans l’oeuf parfois même en ayant eu des financements très conséquents ! De super business aux croissances spectaculaires se retrouvent dans des situations que personne n’aurait pu prédire.. Je pense au courage de Damien Morin d’avoir pris la parole en toute transparence sur la situation de SAVE : à lire ICI

Combien de disrupteurs ont réussi à être réellement rentables ?

Finalement, combien de disrupteurs ont réussi à être réellement rentables ? Combien n’ont pas eu à affronter la justice et les législations liées aux anciens modèles qui leur mettent des bâtons dans les roues : le cas Heetch en ce moment illustre tellement bien la réalité de la difficulté à imposer de nouveaux usages !

Tenter de disrupter un marché ce n’est donc pas si cool que ça mais si c’était à refaire, je recommencerai sans hésiter juste pour l’inestimable leçon d’entrepreneuriat et la satisfaction de voir le modèle basculer !

Sarah Azan

Co-fondatrice de Babbler

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3 Commentaires sur "La Disruption : c’est pas cool !"

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Joe
Invité

La disruption est une méthode créative d’agence de pub. Relisez Dru.

Hélène Ferrari
Invité

Merci Sarah, merci vraiment de votre article que je trouve tout à fait réaliste et fort intéressant. Si vous en êtes d’accord, je serai très heureuse de partager mon point de vue avec vous lors d’une rencontre. Belle soirée, Hélène Ferrari

Besson
Invité

Bravo Sarah pour cet article d une grande lucidite
Entreprenariale !

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