Comment entreprendre sans ruiner sa vie de couple ?

Entreprendre sans saborder sa vie de couple. Pour Guillermo Di Bisotto, auteur de livres en Dev Perso/Pro, formateur Soft Skills et praticien PNL et Aurélie Dunet, l’amour serait le carburant de notre réussite professionnelle. Avis aux entrepreneurs célibataires… [Interview]

Widoobiz : Avant de s’investir dans une relation sérieuse, quelles questions un(e) entrepreneur(e) doit-il/elle se poser? 

Guillermo Di Bisotto : Éventuellement : « Comment je vais faire pour donner à cette personne envie de me revoir, car cela me fait énormément de bien de passer du temps avec lui/elle ». Cela va lui faire énormément de bien car le début d’une relation est caractérisée par la sécrétion d’hormones comme l’endorphine qui rend euphorique et la sérotonine qui a une incidence sur son humeur. Cela peut donc avoir une incidence positive sur son environnement ainsi que sur son business, une personne heureuse ayant tendance à contaminer positivement son entourage. Il y aura peut-être une réflexion à avoir sur l’engagement que nécessite tout nouveau projet. Tout nouveau projet, quel qu’il soit a nécessairement un coût, par exemple en termes financier, en sommeil, en prises de responsabilité, en transport, en éloignement familial, etc.

Prenons la question à l’envers : avant de monter son entreprise, l’individu en couple pour devenir entrepreneur doit-il se poser des questions ? Manifestement, oui, car le prix à payer se fait en argent, en temps de sommeil, en énergie, en transports, en temps libre, etc. Et il est primordial à ce moment de bien communiquer avec son/sa conjoint(e) pour éviter les déconvenues, ne serait-ce qu’en termes de différences de perspectives sur l’aspect financier, la gestion du temps ou le partage des tâches.

Revenons maintenant à votre question et à ma réponse de normand : cela dépend de sa capacité à s’organiser et de l’autorisation qu’il se donne à prendre du plaisir. Pas si simple, quand les schémas parentaux s’en mêlent. Manifestement une nouvelle relation va là aussi lui coûter de l’argent car il va potentiellement sortir davantage, et aussi en temps de sommeil, car, c’est tout de même chouette de passer du temps à partager des moments agréables. Dans quelles mesures cela peut-il avoir une incidence sur son entreprise et sur sa capacité à être attentif et organisé ?

« Un entrepreneur qui travaille sur sa boîte a plus de chances de vivre une nouvelle relation que celui qui travaille dans sa boîte »

Enfin, tout nouveau projet qu’il soit personnel ou professionnel peut avoir tendance à révéler les failles de ce qui a été mis en place jusqu’à maintenant. Par exemple, l’entrepreneur qui a envie de se mettre en couple, même de manière inconsciente, pourra trouver quelques failles dans sa capacité à s’organiser. Ce qui n’est guère agréable et certains pour éviter cette remise en question préféreront sûrement rester célibataires. Dans quelles mesures les processus qu’il a mis en place ont-ils été automatisés pour lui demander d’intervenir le moins possible ? En bref, un entrepreneur qui travaille SUR sa boîte a manifestement plus de chances de vivre une nouvelle relation que celui qui travaille DANS sa boîte.

W : Faut-il obligatoirement faire des concessions dans un couple pour être épanoui ?

G.D.B : Je pense que c’est une idée reçue et qu’elle est même pernicieuse ! Une relation repose énormément sur les cadres qui sont posés et la capacité à recadrer de chacun – presqu’à rappeler à l’ordre – quand la ligne est franchie. Faire des concessions, cela suggère qu’un cadre a évolué sans qu’il ait été formalisé et qu’il ait été ainsi validé, au risque qu’il ne soit pas gagnant/gagnant. Il est primordial de communiquer avec son conjoint, surtout s’il n’est pas entrepreneur, afin que chacun y trouve son compte.

En outre, il est nécessaire d’avoir toujours à l’esprit que l’autre a toujours raison selon son point de vue, que l’on y adhère ou pas. Il est presqu’impossible de faire changer d’opinion quelqu’un, car le cerveau a cette fabuleuse capacité qui consiste à distordre la réalité pour se convaincre de son paradigme. Il nous évite un inconfort mental, d’une part grâce à ce qu’on appelle la dissonance cognitive, stratégie d’évitement qui survient quand les faits vont à l’encontre de nos propres croyances; et d’autres part grâce à la validation subjective, dont le rôle est de ne repérer QUE les informations qui vont confirmer notre point de vue et discréditer celles qui vont l’infirmer. Quand deux points de vue s’affrontent, cela génère des différences de perspectives, jusqu’à créer des tensions.

Prenons l’exemple d’une différence de perspective sur le plan financier. Parfois, l’entrepreneur est en mesure de gagner beaucoup d’argent d’un seul coup, mais ne bénéficie pas systématiquement d’une régularité de revenus, comme un salaire. Est-ce qu’il est nécessaire de faire des concessions comme celle « de trouver un job », le temps que les grosses opportunités arrivent ? Je pense qu’il est dangereux de réfléchir ainsi, car cela peut attaquer les valeurs profondes de l’entrepreneur. Rappelons-nous que ce sont ces valeurs qui sont le fuel de son être et qui souvent le motivent à réussir. Quand il est trop souvent attaqué sur ses valeurs profondes, cela a tendance à l’anéantir.

« Et si l’amour était le carburant de notre réussite professionnelle? »

L’idée peut être toutefois mise sur le tapis quand les faits viennent démontrer que le business ne prend pas, que le couple est endetté jusqu’au cou et que les perspectives de rentrée d’argent sont faibles, insuffisantes, voire nulles. Est-ce que ce sont des concessions ? Non, c’est une réalité acceptée par les deux parties qui est la conséquence de cadres qui ont été posés et respectés. Par exemple : « cela fait deux ans maintenant que ton business ne te rapporte en moyenne que 500 € tous les mois et que l’activité te prend près de 60 heures par semaine. Tu es donc payé 1,92 € de l’heure. Ne penses-tu pas qu’il serait temps de te rendre compte que tu vaux plus sur le marché ? »

W : Un(e) entrepreneur(e)/dirigeant(e) vit-il/elle sa relation amoureuse différemment d’une personne qui n’entreprend pas ?

G.D.B : Non ou peut-être dans sa capacité à se mentir à lui-même sur le fait qu’il est différent ? Il y a cependant pas mal de chance, pour que l’entreprise qu’il ait monté, nourrisse ses valeurs profondes et sa capacité à se projeter et ce, sûrement plus rapidement que s’il avait été salarié pour le compte de quelqu’un d’autre.

La réalisation de soi est le besoin fondamental de Maslow qui est placé tout en haut de la pyramide, mais il ne peut accéder à ce besoin qu’à partir du moment où il considère que ses autres besoins sont suffisamment remplis. Un salarié, qui vit sa mission comme un entrepreneur vivrait son aventure, peut donc lui aussi être investi de manière tout autant passionnelle. Ne serait-ce que s’il poursuit son plan de carrière pour assouvir ses ambitions.

Je pense qu’il est plus juste de se poser une autre question : qu’il/elle soit entrepreneur(e) ou pas, est-ce qu’il/elle est suffisamment en paix avec lui/elle-même pour vivre le moment présent ? Est-il/elle 100% dans son entreprise quand il/elle en est aux commandes, tout comme un(e) salarié(e) serait à 100% investi dans son poste quand il/elle est à son bureau. Et pour les deux, 100% dans leur couple quand il/elle rentre chez lui/elle ?

Que l’on soit salarié ou entrepreneur, pour qu’une relation amoureuse soit épanouissante, cela demande à ce que l’on soit 100% avec l’autre quand on est à ses côtés. Et non pas obsédé par les tracasseries du travail.  

W : La vie professionnelle d’un entrepreneur est généralement très remplie, cela veut-il dire qu’il a besoin d’une relation amoureuse plus calme pour trouver un équilibre ? 

G.D.B : Encore une réponse de normand ! Cela dépend des personnes ! Et quelle généralisation ! « Entrepreneur », cela veut-il dire que l’on travaille beaucoup ? Aujourd’hui, c’est plutôt sur sa capacité à apporter de la valeur ajoutée à un projet qu’une personne peut décemment être jugée, et non à son temps de présence. Vous n’êtes pas d’accord ?

J’ai déjeuné un jour avec un grand entrepreneur que j’admire. Il venait de revendre son e-commerce pour 250 millions d’euros à un grand groupe japonais et il empochait 50 millions, rien que pour lui, au passage. Pourtant, il ne pouvait considérer réussir dans la vie qu’à partir du moment où il réussirait dans la musique. Ça, c’est de l’entrepreneur nourri au grain de maïs, ou je ne m’y connais pas ! Eh bien, figurez-vous que, malgré ses très grandes responsabilités, il rentrait tous les soirs à 18H pour s’occuper de ses enfants. Ce fut une légende urbaine qu’il me confirma par mail quand je lui avouais ma plus grande admiration pour ce point précis. Cela fait un temps que je n’ai pas pris de ses nouvelles. Je sais qu’il est sur bien d’autres projets, ne serait-ce qu’avec son fonds d’investissement. J’imagine que sa famille lui apporte l’équilibre dont il a besoin.

Après, il y a bien des couples composés par deux entrepreneur(e)s et j’imagine alors qu’ils peuvent être stimulés l’un par l’autre. Et d’autres qui restent célibataires, peuvent trouver leur équilibre de bien d’autres manières qu’au travers le couple.

W : « Et si l’amour était le carburant de notre réussite professionnelle? »

Guillermo : C’est quelque chose que nous avançons dans le livre, Aurélie et moi. C’est d’ailleurs une croyance qui nous sert bien au passage. Écrire un livre, c’est aussi une aventure entrepreneuriale. Je pense que si j’avais déjà tout le contenu et les connaissances pour l’écrire, grâce à mes certifications, mais aussi  aux recherches que j’ai menées pendant sept ans avant de livrer ce travail, il n’aurait certainement pas pu voir le jour si Aurélie ne m’avait pas soutenu. Elle l’a déjà corrigé de A à Z, l’a littéralement traduit en français… car, je ne sais pas si vous avez déjà parlé à un praticien en PNL, mais c’est parfois assez étrange. Nous avons aussi pris soin  dans notre quotidien, de ne pas rentrer ou de sortir au plus vite des jeux psychologiques auxquels nous pouvions jouer, en s’ouvrant l’un à l’autre à des moments sincères et véritables notamment en communiquant sur nos envies, nos rêves, en prenant conscience de nos peurs et en partageant nos réalités: nos paradigmes, nos points de vue.

« C’est notre ego qui freine nos ambitions »

Mais pour affirmer ceci, nous avons distordu tous les concepts, nous les avons essorés pour pousser la réflexion le plus loin possible. Qu’il s’agisse des croyances – notamment ici, celle qui consisterait à penser qu’il faille vivre l’abondance financière AVANT de vivre l’amour – ou des définitions, y compris celles données par les dictionnaires ou les disciplines exigeantes auxquelles nous faisons référence, à savoir : La Séduction en tant que discipline, la Programmation Neurolinguistique (PNL), la Communication Non-Violente (CNV) et l’Analyse Transactionnelle (AT).  Ainsi, établir que l’amour était le carburant de la réussite professionnelle relevait alors du bon sens. Commenter plus ne serait que vous spoiler le livre davantage ☺.

W : Le célibat freinerait-il certaines ambitions ?

G.D.B : Absolument pas. Cela n’a même rien à voir ! À moins que cela soit une croyance ancrée profondément. Cela dépend de chacun. Que l’on soit en couple ou que l’on soit célibataire, nous voyageons tout le temps avec nos programmes psychologiques, notamment ceux qui nous viennent de nos parents. Et à moins bien sûr d’avoir travaillé dessus, il nous est toujours possible de nous auto-saboter nos projets entrepreneuriaux et/ou nos relations.

Sans nécessairement parler de célibat, c’est l’absence d’interaction qui peut véritablement être fatale. Plus une personne s’isole et plus elle a une propension à écouter ses petites histoires qui ont pour incidence de distordre sa réalité pour la rendre supportable. Être accompagné dans la vie, cela aide souvent à assumer ses responsabilités et à accepter la réalité telle qu’elle est, et non pas telle qu’on l’imagine.

Avoir quelqu’un à ses côtés peut vraiment être une force car la qualité d’une communication se jauge par le feedback qu’on en reçoit. À partir de quel moment une ambition est-elle un rêve ou une vision d’accomplissement ? Idriss Aberkane, un mec que j’adore, dit dans une de ses vidéos quelque chose du genre : « Quand notre ego sert un projet, tout va bien, mais quand le projet sert notre ego, rien ne va plus ». C’est intéressant, sauf que d’un point de vue du développement personnel, ce n’est pas tout à fait exact : notre ego, c’est la petite histoire que l’on se raconte pour distordre la réalité et la rendre supportable. Son rôle est de nous protéger notamment de la nouveauté et surtout de la réussite. C’est notre ego qui freine nos ambitions et qui va trouver toutes les raisons pour ne pas assumer la responsabilité de ce qui nous arrive.

« Vous pointez la responsabilité de la crise dans l’échec de votre business ? Quel bol il a eu votre concurrent de l’éviter ! ». C’est l’ego qui est à l’origine de la culpabilité, du jugement ou encore de la paresse intellectuelle. Notre ego ne peut pas servir un projet car s’il le sert, le projet meurt. À trop s’écouter, à trop laisser notre ego prendre les commandes, nous prenons le risque de nous planter, qu’il s’agisse d’un projet entrepreneurial ou d’une relation. Il serait bien plus bénéfique de veiller au développement de notre estime de nous-même. En effet, plus nous nous nourrissons de petits achèvements, de petites victoires, plus nous atteignons nos objectifs, plus nous avons envie de nous dépasser !

Le célibat a pourtant quelque chose de très bon : le temps de retrait régulier qui est nécessaire pour se ressourcer de toutes les stimulations échangées au cours d’une journée. Et puis, on peut être célibataire et parfaitement le vivre !

Widoobiz : Finalement, comment entreprendre sans saborder sa vie de couple ? 

Guillermo : La clef réside dans… ah… et bien… euh… la lecture d’un super livre intitulé…

Propos recueillis par Julie Galeski

 

Et pour mieux comprendre votre pensée et ce que vous expliquez dans votre ouvrage, vous avez souhaité écrire quelques mots pour les lecteurs de Widoobiz que voici :

Jeux de pouvoir

De prime abord, le livre « Entreprendre (sans saborder) sa vie de couple » parle d’un entrepreneur dans sa vie privée et dans son couple. Et c’est ainsi ; on a tôt fait de juger un bouquin sur sa couverture et son titre, pour le réduire à sa promesse… Et… déjà qu’il la tienne, ce sera déjà pas mal !

Sauf qu’il s’adresse à vous ! D’entrepreneurs à entrepreneur(e)s, nous, ma coauteure et moi-même, ne pouvions considérer cet écrit qu’à partir du moment où les concepts qui y sont développés sont réplicables, duplicables, évolutifs, flexibles et adaptables. Et si vous pouviez trouver dans le contenu proposé une déferlante de conseils, de trucs et d’astuces pour améliorer la qualité de votre communication interpersonnelle avec tout le monde ? C’est ce que nous allons voir ensemble.

Globalement, l’ouvrage parle de l’interaction qu’un homme et une femme entretiennent et peuvent développer. Nous prenons le soin de dresser un profil comportemental de chacun des deux genres et d’attribuer le statut d’entrepreneur(e) aux deux sexes. Tous les couples peuvent ainsi y trouver leur compte. Mais pas que ! Là encore, vous trouverez pas mal de petits réglages à appliquer dans votre communication avec vos associés, vos salariés, vos clients et vos fournisseurs. Car, au-delà du couple, nous parlons bien de tous les types d’interactions que vous pouvez avoir.

Si nous commençons par développer notre approche par la différentiation homme/femme, si chère à la Séduction en tant que discipline, nous la faisons rapidement évoluer vers l’utilisation des jeux psychologiques comme seul recours à la stimulation des interactions. Parce que les êtres humains ont besoin de stimulations, de signes de reconnaissances. C’est ce que l’on nomme « les strokes » en analyse transactionnelle (AT). C’est un besoin vital. Sans ces strokes échangés pour structurer le temps, l’être humain se replie sur lui-même jusqu’à entrer dans un état végétatif.

Il y a plusieurs façons de passer du temps ensemble. On dénombre :

  • Les rituels qui ne durent que quelques secondes, pour dire bonjour, demander son chemin, donner l’heure ;
  • Les pastimes, maladroitement traduits par passe-temps en français, pour échanger des informations sans réelle valeur ajoutée. En bref, du bavardage automatique à la machine à café ;
  • Les activités, pour cuisiner, faire du bricolage, regarder un film, préparer un projet, un business plan, participer à une soirée réseau… bref tout ce qui peut être orienté dans un but précis mais sans que le contact soit nécessairement franc, sincère, authentique et spontané ;
  • Les moments d’intimité, qui demandent de se mettre à nu, de se dévoiler. C’est ici que la sincérité, la spontanéité et la franchise sont nécessaires. Cela peut aller du Hug au threesome ( ), mais cela peut tout à fait relever de la discussion à bâton rompus avec un vieux pote de trente ans. Par contre, cette façon de structurer son temps est très coûteuse en énergie émotionnelle et cela peut aussi faire peur.

Pour se protéger, l’être humain a mis en place :

  • Les moments de retrait, afin qu’il se recentre, qu’il reprenne un peu d’énergie. Ce sont les moments passés dans la salle de bain, aux toilettes, dans la salle de gym, etc. Des moments à passer en solitaire pour se revitaliser ;
  • Et les jeux psychologiques pour sortir des activités qui souvent emmerdent ET pour éviter de rentrer dans les moments d’intimités qui demandent donc un investissement émotionnel trop lourd. Puisque c’est vital pour lui, à défaut de recevoir des strokes positifs (littéralement des caresses), il préférera mieux recevoir des strokes négatifs (littéralement des « coups ») que pas de stimulations du tout.

Et ce sont de ces derniers dont nous allons parler ici. Les jeux psychologiques sont énergivores et loin d’être indolores. Eric BERNE, père de l’analyse transactionnelle, en a repéré une cinquantaine avec une multitude de variantes dont le bénéfice est négatif et une toute petite poignée dont le bénéfice est positif. Comme Eric BERNE a voulu rendre accessible à tous la psychologie, qu’il vulgarise au passage, il a nommé ces jeux par des expressions de la vie courante. Ainsi jouons-nous à « Le mien est mieux que le tien », à « Regarde ce que tu m’as fait faire », à « Ereinté(e) » (se rapporte à la charge mentale), à « pourquoi est-ce que vous ne… ? – Oui mais. » etc… Dans notre livre nous en détaillons vingt-quatre en mettant en scène Ken et Barbie afin que cela soit plus léger et véritablement fun.

Près de 100% de la population mondiale s’y adonne à divers degrés. Cela va de la petite pique sans conséquence avec un arrière-goût bien ferreux en bouche au premier degré, au gros pétage de plombs avec éclaboussures qui tâchent, dont on se sert pour alimenter la colonne des faits divers, au troisième degré. Dans votre business, avec vos associés ou vos salariés, vous avez donc peut-être joué à « Mes compétences sont meilleures que les tiennes », avec vos collègues à « Mon IPhone est meilleur que ton Samsung », avec vos clients ou fournisseurs à « Ma solution CRM/ERP/GED est meilleure que celle que vous utilisez ». Un licenciement, un prud’homme, une exclusion d’associés, etc. ne seront bien souvent qu’un empilement de jeux psychologiques dont certains ne seront que des variantes de la « Jambe de bois » : « Mais qu’espériez-vous de moi, qui suis si dérangé(e) / incompétent(e) / mal en point ? » car ici, il s’agit de plaider l’irresponsabilité. « Qu’espériez-vous de moi face à la crise que nous venons de traverser ? ».

Tous ces jeux s’insèrent dans ce que l’on nomme le triangle dramatique (ou triangle de KARPMAN). Il met en scène trois rôles dont l’attribution change au gré de l’histoire à raconter : le/la persécuté(e) (ou victime) devient parfois le/la persécuteur/ice (ou le bourreau) du sauveteur à qui on n’avait pas demandé d’intervenir. On joue systématiquement au moins à deux, voire plus. Si nous jouons la plupart du temps avec d’autres personnes, nous jouons aussi avec des systèmes, des organisations, le gouvernement – qui avant d’être élu apparaît comme le sauveteur et qui après, expose le côté obscur de sa future persécution.

Un des seuls moyens de sortir de ces jeux est déjà de prendre conscience qu’on y participe puis de décider d’être créateur de son changement. En gros, quelle est la décision qui nous permet d’abandonner notre rôle de victime, de bourreau ou de sauveteur et de rentrer dans un moment d’intimité avec son partenaire ?

Barbie, rencontrée dernièrement à une séance de dédicaces, s’est aperçu qu’elle jouait à « Sans lui » avec son associé. Leur relation s’étiolait et cela ne servait évidemment pas leur entreprise qui connaissait un déclin rapide. Alors, elle adorait raconter à certain(e)s de ses amies, parfois à ses clients (ouch !) ce qu’elle aurait pu faire « sans lui » ! C’était presque son sujet de conversation préféré. Et bien sûr, elle ne s’en rendait pas compte. Sauf qu’il y avait plusieurs raisons pour lesquelles elle s’était associée à son meilleur ami de l’époque. Ne serait-ce que celle qui lui permit de vivre de sa passion ou encore celle de montrer à ses parents qu’elle était capable de monter et d’assumer un projet d’envergure internationale, sans leur aide, alors qu’ils ne misaient pas un copeck sur ses compétences de gestionnaire et de commerciale.

Alors un soir, elle est venue toquer à la porte du bureau de son associé. S’en est suivit une folle soirée pendant laquelle ils se sont entraînés tous les deux à commencer quelques phrases par « Grâce à toi, j’ai pu… ». S’en est révélé notamment que, grâce à elle, il s’était sorti d’une grosse dépression et qu’il l’a remerciait d’être à ses côtés. Les larmes de joie en coulèrent, ils décidèrent ainsi de renouveler l’expérience le plus régulièrement possible. Cela leur avait fait un bien fou de retrouver leur amitié vieille de dix-sept ans, certes, plus plate, que tonique.

C’est ainsi qu’il nous achetât à son tour un exemplaire de notre livre que nous lui dédicaçâmes… Bref, un peu de storytelling poussif pour conclure. Pour tout vous avouer, cela m’embêtait vraiment de terminer cet article en vous affirmant que mon prochain Iphone sera manifestement plus cool à l’utilisation que votre dernier S8 Edge ☺

By Guillermo Di Bisotto, praticien PNL, formateur soft skills et auteur de « Entreprendre (sans saborder) sa vie de couple » aux éditions Vadémécum – Likez la page FB du livre SVP, c’est important pour nous : http://bit.ly/2tsnSQD – Et pour lire les premières pages, et/ou se le procurer, c’est ici : http://amzn.to/2t9n45t

by Guillermo Di Bisotto

Julie Galeski

Rédactrice pour Widoobiz, Julie Galeski couvre l'actualité des entreprises et des entrepreneurs. Amatrice de Taekwondo et passionnée de sciences-économiques, Julie Galeski tente d'apporter ses valeurs et sa culture dans ses actualités Entrepreneurs & Startups.

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2 Commentaires sur "Comment entreprendre sans ruiner sa vie de couple ?"

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Amour russe
Invité

L’amour doit être entretenu par le couple et pas uniquement la femme. L’homme par des petits gestes (même s’il est occupé à 200% par le travail) peut montrer son intérêt envers sa douce sans se ruiner ni oublier qu’il a des engagements à couvrir.

Di Bisotto
Invité
Bonjour Amour Russe, Vous avez raison, dans un couple, il s’agit que les deux personnes le constituant s’investissent tout autant. Mais il peut être important aussi de se demander dans quelles mesures nous arrivons à donner à l’autre envie de s’investir dans la relation autant que nous en rêverions. Où en êtes-vous sur ce point ? Prenez le livre sur amazon ( http://amzn.to/2t9n45t à recopier dans votre barre d’adresse), lisez-le, vous y trouverez quelques pistes pour donner envie à votre homme de passer plus de temps avec vous. Et puis, déposez-le sur votre table de nuit, sait-on jamais, vous pourriez… Read more »
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