Recrutement : comment ne pas passer à côté d’un potentiel Steve Jobs ?

Engoncé dans son processus de recrutement, l’entrepreneur en oublie parfois de regarder les véritables forces du candidat qui lui fait face.

Embaucher steve Jobs
Recruter un Steve Jobs n'est pas si facile qu'on le croit

Cheveux longs, tenue débraillée, sans diplôme et, comble du comble, avec une hygiène plus que basique. En France et partout dans le monde, un jeune homme de 19 ans avec un tel profil aura du mal à passer le cap de l’entretien d’embauche. Et pourtant en 1974, Nolan Bushnell, co-fondateur de la première célèbre marque de jeux vidéo Atari, lui, n’hésite pas à le recruter. Une décision judicieuse. Il faut dire que ce jeune mal lavé n’est autre que Steve Jobs…

Une bien belle histoire que peu de dirigeants ont eu la chance de raconter. La faute à un processus de recrutement appris en école de commerce qui annihile toute créativité. Dans son dernier livre « Finding the Next Steve Jobs – How to Find, Hire, Keep and Nurture Creative Talent », Nolan Bushnell explique comment diriger une entreprise assez sexy pour attirer les talents du niveau du co-fondateur d’Apple.

Voici ses trois conseils :

Ne cherchez pas l’uniformité

« Ce sont les cultures d’entreprises qui sont mauvaises », lâche agacé Bushnell, et non pas les candidats. Bushnell dénonce même les services des ressources humaines, allergiques à tout particularisme et « entraînées à exclure à toute personne différente ». Résultat, les entreprises sont remplies de « gentils » employés  qui ne donnent que de « gentilles » solutions.

À cela, Bushnell exhorte les entrepreneurs de lâcher les méthodes peu ambitieuses. « Recrutez sur l’intensité » des candidats, explique-t-il dans une interview sur Bloomberg TV.

« Ne vous fiez pas uniquement aux diplômes »

Certes, le diplôme affiche les compétences du candidat. Cependant, il ne fait pas tout. « Steve, a seulement fait un semestre dans son université. On ne peut pas dire que ça l’a bloqué dans sa vie professionnelle… »

Malheureusement, face à l’imprévisibilité de la vie, beaucoup d’entreprises et d’entrepreneurs sécurisent leur choix par une liste interminable de diplôme, compétences, expériences à avoir. Qui a postulé à une annonce sur un site sait de quoi on parle…

Or, « l’innovation fait toujours un peu peur ». Et c’est bien normal ! Anti-conformiste, nouveau, pour ne pas dire révolutionnaire, le potentiel prochain Steve Jobs ne peut pas ressembler à tout le monde. À cet égard, Nolan Bushnell rappelle d’ailleurs une chose : « la plupart de plus beaux projets sortis d’Atari sont le fait de lycéens et d’étudiants qui ont abandonné leurs études en cours de route ».

Ne soyez pas trop sérieux

Pour Bushnell, l’entretien d’embauche doit être un jeu. « Un bon interviewer doit être capable de fouiller pour savoir ce qui le passionne vraiment », rappelle-t-il. Tout le contraire d’un entretien normal, où le candidat cherchera justement à masquer sa personnalité pour rentrer dans le moule de l’entreprise. Concrètement, Bushnell conseille aux entrepreneurs de « poser des questions bizarres lors des entretiens d’embauches. Demandez-leur ce qu’ils ne peuvent pas savoir ».

Et ça marche. Non pas uniquement pour les entreprises Américaines de la Silicon Valley, « mais pour toutes les compagnies du monde entier ».

@TancredeBlonde

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

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