Y’aura-t-il un troisième tour sur les marchés ?

Dans la bouche de certains militants, l’élection de François Hollande affaiblirait la note financière de la France. Lors du club de l’Expansion, l’économiste Anton Brender a expliqué pourquoi cela ne peut être le cas.

« Les marchés n’ont pas l’esprit de vengeance » assure le directeur des études économique Dexia Asset Management, Anton Brender. Une façon de dire que les riches ne vont pas punir la France d’avoir choisi un Président de gauche. « Cela ne marche pas comme ça ! » répète-t-il. « Les marchés réagissent, ils ne réfléchissent pas ». La preuve, rappelle l’économiste, aujourd’hui, et dans toute son Histoire, « la France n’a jamais emprunté à des taux aussi bas ».

Inutile donc de comparer Mai 2012 à Mai 1981, dont la bourse et la monnaie avaient flanché dès les premiers mois de la présidence de François Mitterrand. Ne serait-ce déjà parce que l’euro ne permet plus de ce genre de situation. Et puis, ajoute Anton Brender, « ce n’est pas l’élection qui joue » mais la crédibilité. Autrement dit, François Hollande doit convaincre le marché que « détenir de l’action Française n’est pas risqué ».

« Un risque pour la France mais il ne vient pas de la France »

Comment ? En favorisant la croissance bien sûr ! Or c’est là que le bât blesse. Car « si l’Europe est mûr pour un débat sur la croissance » comme le montrent les dernières inflexions d’Angela Merkel et du directeur de la banque centrale Européenne Mario Draghi, une politique de grands travaux à l’échelle du continent ne suffira pas. D’autant qu’à l’instar de la Grèce, l’Europe « a un problème de Demande » issu des politiques d’austérité mises en place depuis le début de la crise. Jean-Luc Mélenchon ne dirait pas autre chose.

Le règne de François Hollande sera donc tout aussi agité que celui de son prédécesseur. Et le pire, c’est qu’il ne pourrait pas y faire grand-chose : « le vrai risque est un risque pour la France mais il ne vient pas de la France… » Autrement dit, encore et toujours le scénario de la Grèce répété à l’ensemble des pays de la zone euro. François Hollande aura fort à faire s’il ne veut pas vivre une fin de parcours politique analogue à celle de son homologue et ancien rival.

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

Pas encore de commentaire

Répondre

Votre email ne sera pas visible.

Vous aimez le média des Entrepreneurs & Startups ?

Sélectionnez une ou plusieurs listes :

et restez connecté en nous suivant sur les réseaux sociaux