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Journaliste, chroniqueuse mais aussi auteure et créatrices de concepts tels que la Sexo Académie ou le Salon de la littérature érotique, Flore Cherry n’hésite pas à bousculer les idées reçues en matière de sexualité…

 

Dépoussiérer le marché du sexe, voilà l’ambition de Flore Cherry. Passionnée par cet univers, la jeune femme est une véritable slasheuse. « Mon premier job a été vendeuse de sextoys à domicile. À travers cette activité, je me suis rendu compte que parler de cul entre copines ou même au sein du couple n’était pas du tout acquis ! Beaucoup de jeunes femmes semblaient d’ailleurs mal connaître leur propre corps… Il fallait que ça change », raconte Flore. Un constat qui la pousse peu à peu vers le journalisme et l’écriture.

Embauchée pour piloter la transition digitale d’Union (magazine de charme créé en 1972), elle se retrouve « plongée au cœur d’un business model qui n’avait pas bougé depuis les années 80 ». La jeune femme se rappelle notamment une journée de networking entre professionnels du secteur : « je me suis retrouvée entourée d’hommes d’une quarantaine d’années, qui me prenaient tous pour une hôtesse. Ils avaient du mal à imaginer qu’une petite jeune de 24 ans puisse parler business avec eux ».

« J’entends souvent des idées reçues effarantes – par exemple, un mec qui aime l’anal serait forcément gay, ou une femme qui se laisse pousser les poils ne se respecterait pas »

Flore CherryDans un milieu encore dominé par une population masculine et âgée, Flore n’hésite pas à militer pour que le magazine propose des contenus plus sérieux (conseils de sexologues, actus…) et organise différents ateliers. « La Sexo Académie » et « Les écrits polissons » se veulent des espaces bienveillants de parole autour de la sexualité – pour échanger et apprendre en s’amusant. « Aujourd’hui, peu d’annonceurs veulent être associés à l’érotisme, quand bien même on leur vend de l’audience. J’évolue dans un milieu que beaucoup de gens trouvent sale, avec la volonté de faire changer son image ».

Souhaitant viser un public toujours plus large, rendre la sexualité plus mainstream, elle se lance dans la rédaction des « Guides de survie sexuelle » (de l’étudiante, de la business girl, de la vacancière…), publiés chez Tabou Éditions. « J’entends souvent des idées reçues effarantes – par exemple, un mec qui aime l’anal serait forcément gay, ou une femme qui se laisse pousser les poils ne se respecterait pas. D’où ça sort ? Les gens n’hésitent pas à apprendre une nouvelle recette de cuisine, mais quand il s’agit de cul, ils ne se cultivent pas ».

« Chaque matin en me réveillant, je sais que je vais m’éclater »

En multipliant les activités et les rencontres, Flore a su asseoir sa crédibilité, face à ceux qui la trouvaient « trop jeune » pour parler de sexe. Et lorsqu’on lui demande comment elle parvient à tout mener de front, elle nous répond en rigolant qu’elle a tout simplement arrêté de dormir… Avant de reprendre, plus sérieuse : « la clé, c’est de ne pas être trop perfectionniste et de savoir lâcher prise sur ce qui n’est pas essentiel. Mais j’ai aussi la chance d’exercer un métier qui me passionne. Chaque matin en me réveillant, je sais que je vais m’éclater ».

Pauline Capmas-Delarue

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