Christine Soto, la com’battante !

Digitalisation, restructuration du marché de l’informatique, baisse du recours aux RP, … Christine Soto a connu tous les remous de la communication et les a surmontés avec combativité et succès. Jusqu’au jour où elle a dû déposer le bilan. Une épreuve certes, mais pas une fin en soi.

 

Durant toute sa vie professionnelle, Christine Soto s’est consacrée à la communication. Après une première carrière en entreprise, en grande conso puis dans l’IT, elle crée sa propre agence de communication, L.C.S.M. Sa fibre entrepreneuriale, elle la tient de ses grands-mères, qui étaient toutes deux à la tête d’un commerce prospère. Ses premiers clients, elle les décroche grâce à son réseau. « Ayant travaillé sur le marché de l’informatique pendant dix ans, je connaissais tout le monde dans le milieu », précise-t-elle. Son entreprise décolle vite et enregistre une croissance exponentielle durant les trois premières années.

Mais la restructuration du marché de l’informatique amène une première ombre au tableau. « Les gros groupes ont racheté les moyennes et petites entreprises, il m’a donc fallu trouver de nouveaux clients ». À ce moment-là, les sociétés ne sont plus prêtes à investir autant d’argent dans les RP. « Quand trois clients me suffisaient initialement pour enregistrer un chiffre d’affaires correct, il fallait désormais en trouver six », souligne Christine.

 

Une offre multicartes pour conserver sa pole position

Face à cette baisse de la demande dans les RP, la business woman capitalise sur l’événementiel. Elle fait aussi évoluer ses offres en surfant sur l’essor du numérique. « Les relations presse ont évolué en relations médias, intégrant désormais les réseaux sociaux, et l’événementiel s’est vu agrémenté de divers outils digitaux ». Une capacité à rebondir qui lui permet de décrocher des contrats avec de gros clients tels qu’Oracle, IBM, Fujitsu… mais aussi LVMH, Karcher ou encore RTE.

Précurseur en termes de communication digitale, Christine enchaîne les succès pendant seize ans. Jusqu’au jour où son plus gros client décide de changer d’agence. « Pour se développer en Europe, ce grand compte a changé de dirigeant. Et ce dernier a préféré travailler avec une très grosse agence internationale plutôt qu’avec une petite agence comme la mienne ». Une nouvelle qui lui laisse peu de temps pour se retourner.

L’épreuve du dépôt de bilan

Optimiste de nature, la femme d’affaires se dit qu’elle va rebondir. Fin 2017, parmi une douzaine de devis réalisés, deux projets lui sont enfin proposés… avant de tomber successivement à l’eau, au dernier moment. « C’est comme sur un ring de boxe : on se prend un coup droit, on tombe à genoux, et pile quand on essaye de se relever, on reçoit l’uppercut fatal ». N’ayant plus les moyens de tenir financièrement, Christine doit prendre une décision. « J’avais deux prestataires, extrêmement compétents et bienveillants. Quand j’ai compris que je ne pouvais plus les payer, ça m’a brisé le cœur… et j’ai réalisé que j’étais arrivée au bout du chemin ». Le 31 mars 2018, elle dépose le bilan.

« Pendant tout le temps de la procédure, vous n’avez pas le droit de créer une nouvelle entreprise. Pour certains, ça peut durer jusqu’à deux ans ! » Et à 60 ans, si on n’est pas son propre patron, la recherche d’un emploi salarié peut se muer en parcours du combattant. Christine est lucide sur ses perspectives d’embauche.

Elle travaille donc d’ores et déjà sur un blog Parlons de Com’ où elle compte traiter de nombreux sujets sous le prisme de la communication : notamment la mise en lumière de l’humain dans le recours au digital, la place des femmes dans l’entreprise, témoignages concrets à l’appui. Et pourquoi pas même retenter l’ouverture d’une entreprise qu’elle souhaiterait alors consacrer à la valorisation de la communication événementielle notamment ? « 18 ans de boîte, ce n’est pas un échec. C’est la vie d’une entreprise, avec ses succès et ses coups durs ». Et si elle ne devait retenir qu’un conseil de cette expérience, c’est de toujours savoir s’adapter pour se réinventer.

Pauline Capmas-Delarue

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6 Commentaires
  1. […] Christine Soto, la com’battante ! […]

  2. Marie Caroline Kottin

    7 septembre 2018 20 h 09 min

    Excellent article. Extrêmement lucide, concret et réaliste. Merci beaucoup !

  3. Enzo

    8 septembre 2018 9 h 48 min

    Merci pour cet article, qui doit raviver des souvenirs à beaucoup d’entrepreneurs – mais si c’etait à refaire… que changerait-elle pour ne pas être qu’une com’batante mais com’querante ?? 🙂

  4. NANIN

    9 septembre 2018 10 h 01 min

    Merci pour l’authenticité Bravo pour l’esprit bataille Avoir toujours un plan B Je retiens !

  5. […] Christine Soto, la com’battante ! […]

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