L’échec, simple variable culturelle pour Axelle Lemaire

L’ex-secrétaire d’État en charge du numérique engage les entrepreneurs à ne surtout pas se laisser paralyser par la peur de l’échec. Axelle Lemaire encourage d’ailleurs la prise de risques. Mais pas sans réflexions préliminaires.

« Cherchez conseils ! » Voici comment Axelle Lemaire apostrophe les entrepreneurs. L’ex-secrétaire d’État en charge de l’innovation et du numérique de 2014 à 2017 insiste d’ailleurs sur « la bienveillance que peuvent apporter son entourage et d’autres entrepreneurs qui ont une expérience et une histoire ». Celle qui travaille depuis février 2018 pour le cabinet de conseil Roland Berger et y dirige son écosystème numérique Terra Numerata, donne la marche à suivre pour démarrer son activité : « il faut essayer d’objectiver dans la mesure du possible avec des KPIs et des méthodes d’évaluation précises ». Les risques sont à calculer, tout comme les conséquences en cas d’échec.

Ancienne responsable du projet de loi pour une République numérique et fervent soutien aux startups, Axelle Lemaire estime capital le fait de rester lucide… même lorsqu’on est parfois porté par un élan aussi irrésistible qu’incompressible. « Il faut connaître ses limites (…) et savoir rebrousser chemin » avant d’aller droit dans le mur. Un mur qu’elle voit d’ailleurs comme un obstacle passager et non comme une frontière infranchissable.

Vous échouez… et alors ?

La notion d’échec est culturelle, selon cette Française d’adoption. Sa définition et sa perception varient d’un pays à un autre et même d’une langue à une autre. Celle qui a quitté Ottawa, sa ville natale, pour s’installer successivement à Londres et Paris, prend pour exemple la traduction radicalement différente de l’expression ‘Échec et Mat’ en arabe et en persan. D’un côté, il peut signifier « une notion de finitude, de limite, de terminaison, de l’autre un espoir nouveau et un futur possible ».

Optimiste, cette ancienne députée PS préfère la 2nde définition à la 1ère, mais elle estime que l’échec est trop souvent perçu comme une fin en soi dans l’Hexagone. Une vision plutôt sombre qu’elle ne peut se résoudre à adopter, elle qui a vécu de nombreuses années hors de France où échouer n’est pas une fatalité.

Pour étayer cette définition d’une situation transitoire qui appelle un après plus radieux, elle prend pour exemples et défend les parcours non linéaires, la mobilité intersectorielle et le fait de passer sans encombre du salariat à l’entrepreneuriat.

Axelle Lemaire nous inviterait même à une petite révolution culturelle : « aujourd’hui, dans un temps d’incertitude, où la nécessité de se former en continu se fait de plus en plus pressante, il faudrait encourager la prise de risque, en assumer culturellement les conséquences, c’est-à-dire appréhender l’échec… et l’accepter. »

Emilie Kremer

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