Le train qui pourrait distancer le TGV est sur les rails

Le train qui pourrait distancer le TGV est sur les rails

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Mieux que l’aérotrain fantasmé par Jean Bertin dans les années 60, le Spacetrain est à nouveau sur les rails. Ce projet, impulsé en 2017 par Emeuric Gleizes, transformerait un Paris-Le Havre en une balade éclair de 17 minutes 

La sustentation magnétique. Derrière ce nom un peu barbare, se cache une technologie permettant à des navettes autonomes de circuler à des vitesses records en lévitant au-dessus des rails. C’est d’ailleurs avec cette technique que Spacetrain compte faire circuler ses trains entre 500 et plus de 700 km/h, d’ici à 2025.

Circuler à plus de 500 km/h ? Déjà une réalité

Même si cela ressemble à de la science-fiction pour certains sceptiques, ce n’en est vraiment plus. En avril 2015, le Japon fait une démonstration fracassante : le prototype de linear Shinkansen, la version nouvelle génération de son TGV national, a atteint 603 km/h pendant plus de 10 secondes sur les rails du réseau national. Cette ligne attendue pour 2027 devrait relier Tokyo à Nagoya en 40 minutes avec une moyenne de 500 km/h. Autre acteur de cette course à la vitesse, l’Hyperloop d’Elon Musk, le fondateur de Paypal puis Tesla.

La France n’est pas en reste. L’Hexagone devrait lui aussi avoir le droit à son train à sustentation magnétique. Redéfinissant les frontières entre l’espace et le temps, l’initiative baptisée Spacetrain revient à l’entrepreneur Emeuric Gleizes. Sa vocation ? « Repenser notre conception des territoires » depuis son amorçage en 2017.

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Spacetrain va lancer des navettes très grande vitesse à sustentation magnétique / © Spacetrain

Ultra rapide mais pas que…

Cette navette autonome en forme de T inversé circulera sur des coussins d’air sur monorail au sol ou aérien et pourra revêtir plusieurs formes et plusieurs fonctions. Les modules actuellement mis au point pourront aussi bien accueillir une cinquantaine de passagers à plus de 250 personnes, qu’assurer du transport de marchandises grâce à des convois conteneurs spécialement calibrés pour le fret.

Et la vitesse – des pointes à 720 km/h pourraient être enregistrées – n’est pas le seul avantage garanti par cette invention. La navette va plus vite, beaucoup plus vite même, et son coût est environ 2,5 fois moins cher que celui du transport ferroviaire actuel. Positionnée sur le créneau de la Cleantech, elle devrait fonctionner grâce à de l’hydrogène. Exit donc les émissions de gaz à effet de serre.

Des envies de partenariats pour se développer

Ses équipes de R&D, principalement basées à Orléans et composées d’une douzaine de personnes, restent toutefois ouvertes à d’autres combustibles tels que le bio éthanol. En effet, le choix d’avoir recours à telle ou telle ressource reviendra aux futurs exploitants du Spacetrain. Les plus impatients d’entre eux pourront le découvrir du 17 au 23 juin 2019 lors du Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace Paris-Le Bourget.

D’autant que la startup souhaite se tourner vers des partenariats industriels et/ou territoriaux. Elle cherche aussi de nouveaux investisseurs pour financer la réhabilitation d’une ligne ferroviaire. Située près de Saran, cette dernière doit accueillir les premiers prototypes fonctionnels de Spacetrain. Pour les construire, l’entreprise vient d’ouvrir un laboratoire à Cercottes, dans le Loiret. L’objectif de ce centre de R&D de 600 m2 ? Mettre à l’essai la technologie, l’aérodynamisme et le moteur linéaire de Spacetrain. Quant aux tests en situation, ils sont attendus pour fin 2020.

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