Dénoncer pour être payé : le Name & Shame fait son nid

Dénoncer pour être payé : le Name & Shame fait son nid

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Avec le Name & Shame, halte aux mauvais payeurs ! Le principe consiste à lister les sociétés qui cumulent les retards de paiement. La plateforme Rubypayeur en a même fait la recette de son succès. Mais elle mise aussi sur le concept inverse : le Name & Fame, pour valoriser les bons élèves.

Les chiffres donnent le tournis. 25% des faillites d’entreprises en France seraient liées aux retards de paiement. 15 milliards d’euros de trésorerie pourraient être libérés et 100 000 emplois créés, si les délais étaient simplement respectés et les factures réglées.

Pour tenter de faire fléchir la tendance, le cabinet de recouvrement digital Rubypayeur identifie les retardataires. Et le concept est aussi simple que redoutablement dissuasif. Il repose sur le Name & Shame qui consiste à dénoncer les mauvais payeurs. Cette dénonciation pourrait surprendre celles et ceux qui n’en connaissent pas encore le principe. Or, elle est tout à fait légale.

Les mauvais payeurs dans le collimateur

En effet, le Name & Shame a été mis en place sous le quinquennat de François Hollande (loi Macron de 2015 et loi Sapin 2 de 2016). À l’époque, le nom des mauvais payeurs n’était alors consultable que sur le site de la DGCCRF (la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes). Depuis un amendement de la loi Pacte, il peut aussi être rendu public, dans la presse par exemple.

Rubypayeur, lui, le diffuse sur sa plateforme. Le concept est simple : le site génère un dossier de recouvrement. Par recommandé, SMS et courriels, il invite l’entreprise incriminée à régulariser sa situation. En cas de non-règlement malgré les relances, le retard de paiement est publié sur le moteur de recherche public. Si la dissuasion ne fonctionne toujours pas, une procédure de recouvrement judiciaire peut être enclenchée.

Distinguer les bons élèves

Le site déploie aussi une autre pratique moins répandue : le Name & Fame qui consiste à mettre en lumière les entreprises qui payent en temps et en heure. Les sociétés qui veulent valoriser leur sérieux peuvent signer la charte Ruby. Les meilleurs élèves bénéficient même du label de la plateforme et deviennent ainsi des ‘Rubypayeurs’.

Du côté des utilisateurs en attente de paiement ou simplement en quête d’informations, un service d’alertes est proposé afin de suivre les entreprises de son choix.

Le business model de Rubypayeur repose sur des abonnements mensuels sans engagement. Il propose des services payants pour les recouvrements amiables et ceux se réglant devant la justice.

Le Name & Shame/Fame d’un Rubypayeur porterait-il déjà ses fruits ? Même s’il est bien trop tôt pour pouvoir l’affirmer, le retard de paiement est tombé à 10,7 jours en France au cours de l’année 2018, selon une étude du cabinet Altares. L’Observatoire des délais de paiement est lui aussi formel : « La politique de sanctions, renforcée depuis 2015, confirme son efficacité. »

Un futur poids lourd de la Legaltech ?

En tout cas, une chose est sûre : l’initiative de Rubypayeur n’est pas née par hasard. Alexandre Bardin, le fondateur de cette solution 100% digitale, a lui-même fait les frais des factures non payées. Précédemment à la tête d’une entreprise B2B, il s’est heurté aux retards de paiement. Pour les PME, ces derniers s’élèveraient en moyenne à 14,5 jours en 2017 (contre 11,8 jours en 2016). L’idée de Rubypayeur a donc germé dès 2017 et, en quelques mois seulement, elle a su convaincre de nombreuses sociétés comme les professionnels de la Legaltech.

Ses services se sont d’ailleurs démarqués le 21 mars 2019. Amenée à pitcher lors de la finale du concours Legaltech/Regtech co-organisé par Lefebvre Sarrut et le Village by CA, l’entreprise a remporté le prix dans la catégorie Accélérateur de business. De quoi se déployer en intégrant les locaux du Village by CA rue de la Boétie à Paris et d’envisager dès à présent une première levée de fonds pour croître plus rapidement.

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