Agriconomie redonne du temps et de la marge aux exploitations agricoles

Agriconomie redonne du temps et de la marge aux exploitations agricoles

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La plateforme propose à l’achat des milliers de produits et une palette de services pour faciliter la gestion des exploitations. Ou comment mettre le digital au service d’un secteur en quête de rentabilité.

 Pour faire court, on serait tenté de dire qu’Agriconomie est au monde agricole ce que ManoMano est à l’univers du bricolage et du jardinage : une place de marché spécialisée où l’on peut trouver, en un clic, tout ce dont on a besoin pour exercer son métier. Les deux startups, nées à un an d’intervalle, sont assez cousines dans leur approche. Elles ont chacune fait le pari du full digital pour réinventer et bousculer des marchés – la fourniture agricole d’un côté, les magasins de bricolage de l’autre – jusqu’alors plutôt verrouillés et immobiles.

Sur la plateforme Agriconomie, cultivateurs et éleveurs peuvent acheter à peu près tout ce qui permet de faire tourner une exploitation : engrais, semences, pièces détachées, équipements d’atelier, produits phytosanitaires, vêtements de travail ou encore articles de nutrition animale. Et se faire livrer directement dans la cour de ferme. Pour les exploitants en quête de tous les leviers possibles de productivité, le gain de temps est plus qu’apprécié.

Riche en milliers de références, la marketplace ne se limite pas aux emplettes. Elle propose aussi une palette de services destinés à faciliter le quotidien : suivi des cours des marchés, assurances, conseils pro, en ligne et sur le terrain, etc. Comblant un vrai besoin, elle a su rapidement trouver son audience auprès de professionnels bien plus connectés et consommateurs d’outils digitaux qu’on ne le croit.

Un pied dans la terre, l’autre dans le numérique

À l’origine de cette aventure entrepreneuriale, trois amis – Paolin Pascot, Clément Le Fournis et Dinh Nguyen – aux profils complémentaires, formés aux meilleures écoles (dont HEC) et tous issus d’une famille d’agriculteurs. Autant dire qu’ils connaissent leur sujet, en plus de maîtriser le digital et les arcanes du commerce. Trois ingrédients qui seront clés pour donner corps à leur jeune pousse.

C’est l’absence totale d’offre sur internet qui les a interpellés. Convaincus qu’un canal d’approvisionnement 100% web pourrait aider les exploitants à mieux acheter – et partant à améliorer leurs marges – ils décident de s’attaquer aux circuits traditionnels, souvent opaques dans leurs pratiques tarifaires. « Avec Agriconomie, il n’y a pas de prix à la tête du client. Ils sont affichés et transparents. Les agriculteurs connaissent à l’euro près le coût d’achat de leurs produits », explique Paolin Pascot. Pour être compétitif, les produits sont sourcés aux quatre coins de l’Europe par une équipe d’acheteurs à la recherche des meilleurs produits au meilleur prix.

Résultat, un peu plus de quatre ans après son lancement, en 2014, la plateforme est consultée par la moitié des agriculteurs français et 10 % en sont clients. En 2018, elle enregistrait un chiffre d’affaires de 23 millions d’euros et employait une centaine de collaborateurs.

Trébucher, apprendre et rebondir

Aujourd’hui, la jeune entreprise semble avoir rencontré son marché et montré la pertinence de son modèle. Mais Paolin Pascot, à qui nous avons posé la question, n’écarte pas l’ombre de l’échec. « L’aventure entrepreneuriale, c’est comme les montagnes russes, nous dit-il, on passe par des hauts et des bas. L’essentiel est de savoir analyser le problème quand il survient, de se poser les bonnes questions pour éviter qu’il ne se représente et mieux repartir de l’avant« . Du bon sens paysan, comme il le définit lui-même.

Selon lui, le risque majeur pour son entreprise, ce serait l’erreur de casting. « Il est vital de ne pas se tromper dans son recrutement et de savoir dénicher les bons talents. Ceux qui sauront partager les valeurs et la culture de l’entreprise et traduire en réalité opérationnelle la vision des fondateurs« .

Pour l’heure, Agriconomie continue de creuser son sillon. L’entreprise prépare un tour de table de l’ordre de 25 millions d’euros, pour continuer à se développer en France et à l’international, voire réaliser des opérations de croissance externe.

 

 

 

 

 

 

 

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