Décoder les pleurs de son bébé avec l’IA

Décoder les pleurs de son bébé avec l’IA

@svalenas

Une équipe de scientifiques vient de mettre au point une intelligence artificielle, capable de déchiffrer les pleurs des bébés. Utopie ? Non, réalité. Le point sur cette avancée.

Imaginez : c’est le milieu de la nuit, votre enfant pleure depuis des heures et vous ne savez pas pourquoi. Est-ce qu’il a faim ? Froid ? Est-ce qu’il a mal au ventre ? Aux dents ? Une couche pleine, peut-être ? Face aux larmes et aux cris, vous êtes démunis. Car c’est intolérable d’entendre hurler son nouveau-né, sans être à même de le comprendre et le soulager. Mais ça, c’était avant.

S.O.S parents en détresse

Des chercheurs de l’université Northern Illinois et du College of New Jersey se sont penchés sur la question. Fin mai, l’équipe de scientifiques déclare dans la revue IEEE/CAA Journal of Automatica Sinica avoir mis au point une intelligence artificielle capable d’identifier et différencier les éclats de voix de votre nourrisson.

Si chaque pleur est unique, certaines modulations sont similaires lorsque les enfants ressentent les mêmes besoins. Et c’est précisément ces modulations que l’algorithme est aujourd’hui capable de reconnaître et exploiter. À titre d’exemple, le son « Neh » veut dire que votre enfant a faim. De même, « Eh » signifie qu’il a besoin de faire son rot.

Sur le papier, l’affaire a de quoi faire rêver. Aussi bien les parents débordés que le corps médical, qui pourrait désormais s’en remettre à l’IA pour détecter un problème plus grave. « L’objectif, c’est d’avoir des bébés en meilleure santé et de réduire la pression qui pèsent sur les parents et le personnel soignant », a ainsi déclaré Lichiuan Lin, co-auteur des recherches, dans les colonnes de Science Focus.

Un algorithme à consolider

Mais l’engouement éventuel autour d’une telle découverte mérite d’être tempéré. Pour que l’algorithme fonctionne, il faut qu’il soit nourri par un très grand nombre de données. Concrètement, cela revient à des milliers de pleurs de nouveaux-nés, auxquels nous aurions accolé tel ou tel besoin.

À ce stade, l’intelligence artificielle repose sur 48 pleurs de 26 bébés. Avec le concours d’infirmiers expérimentés et de proches des nourrissons, les chercheurs ont pu alimenter l’IA. Les sons ont ensuite été répartis dans cinq catégories : besoin d’être changé, besoin d’être nourri, besoin d’attention, besoin de sommeil ou inconfort. Reste désormais à convaincre parents et personnel hospitalier de fournir davantage d’informations pour consolider la crédibilité de l’algorithme. Algorithme qui, du reste, élude le langage émotionnel et la sécurité affective de l’enfant.

« Nous aimerions collaborer avec des hôpitaux et des centres médicaux pour obtenir plus de données et multiplier les scénarios possibles, ce qui nous permettrait, nous l’espérons, de développer des produits dans un but clinique », a ajouté Lichiuan Lin, toujours dans Sciences Focus. Affaire à suivre.

 

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