Tisser des liens avec l’Afrique, « tout l’enjeu du sommet Emerging Valley » selon son fondateur Samir Abdelkrim

Tisser des liens avec l’Afrique, « tout l’enjeu du sommet Emerging Valley » selon son fondateur Samir Abdelkrim

Alors que s’ouvre aujourd’hui la troisième édition du sommet international EMERGING Valley, visant à explorer les écosystèmes émergents de la Tech Africaine, rencontre avec le fondateur de l’évènement, Samir Abdelkrim.

Samir Abdelkrim, vous êtes le fondateur d’EMERGING Valley. Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est cet événement, que vous avez fondé en 2017 ?

Samir Abdelkrim : EMERGING Valley, c’est un rendez-vous unique qui permet d’explorer les écosystèmes émergents tout en rencontrant les Leaders de la Tech Africaine, ainsi que les Décideurs et acteurs européens du numérique. Créé il y a trois ans à Aix-Marseille, le sommet est immédiatement devenu le nouveau Hub des innovations émergentes entre l’Europe et l’Afrique : un rendez-vous international qui attire en Provence les investisseurs, les startups africaines et les écosystèmes numériques africains et émergents qui veulent renforcer leur attractivité à l’international, développer leurs relations business et accélérer leur impact à l’échelle globale.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer EMERGING Valley ?

SA : Entre 2013 et 2017, j’ai sillonné l’Afrique de l’innovation et exploré les écosystèmes numériques de 25 pays africains, à travers une initiative collaborative financée par le crowdfunding, intitulée #TECHAfrique. De ce travail de terrain unique, j’ai réalisé un livre-reportage sur les entreprises du digital en Afrique : « Startup Lions, Au Cœur de l’African Tech », paru en 2018.

Mais en plus de cet ouvrage, le premier livre jamais écrit sur les startups africaines, j’ai souhaité fonder EMERGING Valley à Marseille, ma ville d’origine. Cela afin de faire émerger des innovations croisées entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe et de transformer la façon dont l’Afrique est perçue en l’inscrivant dans un destin partagé avec la Méditerranée et l’Europe à travers le prisme de la Tech4Good.

Pensez-vous que Marseille doit être la porte de ces échanges, celle de l’axe Euro Méditerrannée Afrique ?

SA : C’est tout l’enjeu du sommet ! EMERGING Valley ambitionne de faire de la zone Aix-Marseille un Hub d’innovations émergentes entre l’Europe et l’Afrique. Et nous avons déjà obtenu des premiers succès en ce sens, puisque le sommet a été labellisé “Digital Africa”, l’initiative lancée par la Présidence de la République et pilotée par l’Agence Française de Développement.

Un autre encouragement de poids pour positionner Marseille au cœur de cette nouvelle dynamique vient du “Sommet des Deux Rives” : initié par le Président Emmanuel Macron pour relancer la coopération entre l’Europe et la Méditerranée, l’initiative emmenée par l’Élysée m’a sélectionné pour faire partie des 10 personnalités qualifiées de la société civile française qui feront des propositions d’actions aux chefs d’État du 5+5.

« Les entreprises européennes se doivent de tisser des liens avec ces nouveaux acteurs »

Quel est l’enjeu, pour les entreprises, de tisser des liens avec l’Afrique ?

SA : Depuis quelques années, l’Afrique s’érige en continent émergent et entend bien devenir une plaque tournante de l’économie mondiale dans les prochaines années, avec pas moins de 17 millions de PME qui s’imposent aujourd’hui comme les nouveaux moteurs de la croissance économique africaine. Une croissance dynamique que beaucoup lui envient : d’après le FMI, 12 des 20 pays qui connaîtront les croissances économiques les plus importantes dans le monde d’ici 2050 seront africains !

Les entreprises européennes se doivent de tisser des liens avec ces nouveaux acteurs, sur des territoires où elles ont déjà beaucoup d’atouts, si elles ne veulent pas rater la révolution en marche. Le moment est propice, puisque sous l’impulsion des communautés tech locales s’instaure progressivement un climat de confiance, avec une professionnalisation croissante des entrepreneurs.

Quels sont les temps forts de cette troisième édition ?

SA : EV 2019, ce sont plus de 46 sessions, une vingtaine de Keynote et Workshops ainsi que des Speedatings, des Pitch de start-ups, des remises de prix et des annonces exclusives sur la tech en Afrique, Europe et Méditerranée !

Les thèmes centraux de cette année seront emmenés par l’AFD avec une matinale complète consacrée au « Choose Africa », puis par la Commission européenne pour une journée dédiée aux Sciences et à l’Entrepreneuriat. Nous avons l’honneur d’accueillir plusieurs Ministres africains de l’Industrie, du Numérique, de la Recherche et de l’Innovation qui apporteront un regard de choix sur les débats du Sommet. Nos partenaires publics de la Ville, du Département et de la Région livreront également leur vision, aux côtés d’acteurs africains de références comme la Société Générale ou l’Office Chérifien des Phosphates, sur des enjeux tels que la Ville Durable, l’Agritech ou encore le financement de la tech en Afrique.

Mais EMERGING Valley, c’est aussi un moment privilégié de networking et d’échanges de tout l’écosystème, dans des théâtres d’exception : Startup Night au Musée Regards de Provence, deux jours de débats et d’intelligence collective à Thecamp, puis une visite inédite du Stade Vélodrome, emmenée par l’Olympique de Marseille !

Trois ans après le lancement d’EMERGING Valley, quel bilan tirez-vous de ces échanges ? Êtes-vous capable de mesurer l’impact de ce sommet ?

SA : Année après année, le Sommet prend de l’ampleur et devient un carrefour indispensable entre acteurs des écosystèmes africains, méditerranéens et européens. EMERGING Valley est soutenu au plus haut niveau depuis ses débuts, puisqu’il a été le premier événement à être labellisé “Digital Africa”, tandis que le Président de la République Emmanuel Macron a choisi de le placer sous son Haut-Patronage. Chaque édition compte plus de speakers et de participants que la précédente, sur des sujets qui sont de plus en plus suivis. Le partenariat avec la Commission Européenne cette année est un signal fort de cet intérêt croissant, aux plus hauts niveaux de décision, pour la Tech africaine.

Mais ce n’est qu’une première étape et nous devons aller plus loin, toujours, pour trouver ensemble – Europe, Afrique et Méditerranée – les solutions pour accompagner et démultiplier la croissance des écosystèmes émergents, vers plus de Tech4Good, d’inclusion et de durabilité !

 

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