Big Bang sur le marché du VTC

Big Bang sur le marché du VTC

C’est un petit coup de tonnerre que nous a réservé la Cour de Cassation. Pour la première fois, l’instance a reconnu qu’un chauffeur Uber était… un salarié. On débriefe cette décision avec Cédric Van Daele, co-fondateur d’EureCab.

 

La Cour de Cassation a statué, un chauffeur Uber a été requalifié en salarié. Que vous inspire cette décision ?

Cette décision a le mérite de clarifier une situation devenue problématique par son ampleur. Uber est en position très forte (au moins 70% du marché en région parisienne) et de fait, donneur d’ordre pour la plupart des chauffeurs opérant sur le marché. On sait bien que l’ambiguïté était de mise à propos du statut des chauffeurs, qui sont théoriquement indépendants, mais en pratique sous-traitants d’Uber, asservis à un algorithme.

La vraie indépendance des chauffeurs, est-elle possible ?

Au fond, les chauffeurs ont besoin d’aide pour accéder à un marché très large auquel il est difficile de s’adresser seul. La clientèle « perso » des chauffeurs ne suffit généralement pas pour remplir le carnet de commandes. Les opérateurs comme Uber font le boulot d’amener les clients vers les chauffeurs.

Maintenant, la position dominante d’Uber établit une dépendance. Il faudrait que les chauffeurs puissent d’une part, trouver des alternatives, et d’autre part, que ces alternatives ne soient pas des clônes d’Uber. Car les différences entre Kapten, Bolt, Heetch et Uber sont ténues sur le fond.

Quelles sont les solutions ?

Il y a eu plusieurs initiatives (privées ou publiques) à l’approche plus « communautaire » qui n’ont pas percé. Eurecab est peut-être celle qui offre aux chauffeurs la plus grande indépendance (ils opèrent en leur nom, fixent leurs prix …) et en même temps, apporte un « plus » au client : celui-ci peut choisir son chauffeur avant le départ, comparer la qualité, le prix, retrouver ses chauffeurs favoris …

Comment instaurer une solution gagnant/gagnant ?

Penser « out of the box », c’est à dire ne pas reproduire le modèle d’Uber (qui reproduit celui des Taxis G7 à l’époque) qui établit une « boîte noire » entre chauffeurs et clients. L’approche d’Eurecab est au contraire de faire une appli transparente, qui rend aux utilisateurs du marché taxi/VTC leur liberté.

 

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