Les vrais talents du cerveau droit

Les vrais talents du cerveau droit

Cette semaine, notre matière grise aurait dû être à l’honneur à l’occasion de la 22ème édition de la Semaine du Cerveau. Organisée chaque année au mois de mars, cette manifestation internationale coordonnée par la Société des Neurosciences a pour but de sensibiliser le grand public à l’importance de la recherche sur le cerveau.

Si les rencontres prévues entre le public et les chercheurs du monde entier ne pourront pas avoir lieu, Widoobiz souhaite toutefois profiter de cette occasion manquée pour vous en apprendre davantage sur cet organe aussi passionnant que mystérieux : le cerveau. Pour ce faire, nous vous présentons le livre du neurologue et directeur de recherche à l’Inserm, Paolo Bartolomeo, paru en février aux éditions Flammarion : Penser droit.

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Découvrez les vrais talents de votre cerveau droit

Finissons-en avec cette vision binaire d’un cerveau droit créatif censuré par un cerveau gauche analytique. Reconnaître un visage et les émotions qu’il exprime, apprécier la musique, se repérer dans l’espace ou encore avoir conscience de soi et de son corps…voici autant de fonctions, clés de notre humanité, régies par notre cerveau droit.

S’il se concentre sur les talents de l’hémisphère droit, l’ouvrage de Paolo Bartolomeo nous en apprend pourtant bien davantage. Ainsi, au détour de nombreux exemples de cas cliniques, on découvre quelques secrets de cet organe complexe. Pour donner l’eau à la bouche aux plus curieux, ceux qui aiment savoir « comment ça marche », voici un aperçu de ce que l’on peut apprendre entre les pages de Penser droit.

Ces choses que l’on ignorait sur le cerveau : extraits

Comment percevons-nous un visage

« Le visage humain est la partie visible du corps qui porte les signaux les plus riches de l’identité individuelle, du point de vue génétique et morphologique. Reconnaître les visages familiers revêt une importance évidente pour la vie sociale et pour la survie de l’individu. En conséquence, cette capacité est particulièrement développée chez les primates. Et cela, dès les premiers stades du développement. Elle bénéficie ainsi d’un statut unique parmi les différentes capacités de perception, grâce à des circuits cérébraux spécifiques. […]

C’est la voie ventrale qui contient les régions spécialisées dans la reconnaissance des visages. Si ces régions sont généralement bilatérales, celles du cerveau droit sont plus efficaces que leurs homologues gauches dans leur tâche. En effet, celle-ci mobilise l’activité de cinq ou six régions très proches, organisées en réseaux à la base du cerveau. […] Les informations importantes pour identifier les visages se fondent sur la combinaison de différents traits typiques des visages, comme la distance entre les pupilles, la ligne des cheveux, etc. Chaque neurone détecte plusieurs de ces paramètres, en restant aveugle aux autres. C’est ainsi que l’activité combinée d’environ 200 cellules de ces régions serait capable d’encoder n’importe quel visage humain. »

La phrénologie ou l’origine de l’expression « la bosse des maths »

La phrénologie, fondée à Vienne par l’anatomiste Franz Josef Gall, a été « la première théorie du fonctionnement cérébral à assigner une fonction cognitive à la partie la plus externe du cerveau, le cortex cérébral. […] Percevant son importance, Gall le divisa en 27 « organes ». Chacun était censé être inné et contrôler un aspect du caractère, tel que l’amitié, l’esprit métaphysique, la vanité, l’amour de la progéniture, ou, justement, le sens des relations entre les sons, que Gall localisait en « une saillie à l’angle externe de l’oeil ».

Ces traits, plus ou moins marqués selon les individus, se refléteraient dans la taille de « l’organe » cérébral correspondant, provoquant à son tour une proéminence, ou « bosse », dans le crâne sous-jacent. Un « manipulateur » qualifié pouvait ainsi interpréter le caractère d’un sujet simplement en tâtant son crâne – d’où la « bosse des maths », restée dans le langage courant. 

Les cabinets phrénologiques, où les gens allaient se faire « tâter » le crâne pour découvrir leurs talents, eurent beaucoup de succès en Europe et aux États-Unis tout au long du XXème siècle, répondant à un besoin de connaissance de soi qui fut peut-être assouvi ensuite par la psychanalyse. »

Le centre de l’attention 

« Il faut s’y résoudre : notre regard ne peut se diriger que sur un seul endroit à la fois. Pis, nos surfaces sensorielles ne sont pas homogènes : par exemple, dans la rétine de l’œil, une toute petite partie centrale, qu’on appelle la fovéa, est bien plus sensible que la périphérie de la rétine. Seule la fovéa rend possible notre vision « en haute définition ».

Lorsque nous voyons quelque chose à la périphérie de notre champ visuel, nous devons bouger notre tête et nos yeux pour centrer l’image sur cette région précise et ainsi pouvoir l’identifier. Une fonction importante de l’attention est justement celle de rendre possibles ces mouvements d’orientation vers les objets à la périphérie du champ visuel. Tout cela est bien connu des voleurs, qui prennent beaucoup de précautions pour distraire l’attention et le regard de leurs victimes.

[…] De nombreuses expériences démontrent que si l’attention est ailleurs, nous pouvons manquer des changements majeurs de notre monde visuel. Notre impression de toujours percevoir une scène visuelle riche est illusoire. Le haut pourcentage d’accidents de la route causés par l’inattention est une conséquence dramatique de cet état de fait. »

Et tant d’autres découvertes …

Ce ne sont là que quelques exemples et il reste tant de choses à découvrir en lisant Penser droit. Vous resterez ébahi devant l’incroyable machine à l’origine de notre conscience de soi, de notre appréhension de l’espace et de notre compréhension du monde.

Au travers de la description de plusieurs troubles, qui affectent des patients souffrant de lésions du cerveau droit, nous comprenons surtout l’importance de la recherche en neurosciences. Il s’agit là d’une question de santé publique mais aussi d’inclusion. Car les personnes atteintes des pathologies décrites dans le livre passent bien souvent pour folles. 

Selon l’auteur, ce dernier aspect « souligne l’importance de parler des troubles de la perception d’origine neurologique. Une meilleure connaissance de ces affections rares dans la société peut éviter aux patients, déjà éprouvés par leurs déficits, de supporter le fardeau supplémentaire d’un jugement inapproprié de la part de leur entourage. »

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