« Les entreprises doivent préparer dès à présent le jour d’après ». Julie Vallée (Iremos)

« Les entreprises doivent préparer dès à présent le jour d’après ». Julie Vallée (Iremos)

Anticiper l’après confinement est essentiel pour les entreprises. Et cette préparation doit se faire dès à présent selon Julie Vallée, directrice associée du cabinet de conseil en gestion de crise Iremos. Entretien.

Encore 4 semaines de télétravail, comment gérer cette nouvelle en tant qu’entreprise ?

Julie Vallée : La crise a mis en relief l’importance d’anticiper et de prévoir des procédures en amont pour assurer la continuité de l’activité en cas de crise, et ce notamment grâce au télétravail. Mais l’élément important dans l’annonce du président est moins la poursuite du télétravail que l’échéance du 11 mai pour la reprise d’activité. Elle signifie que les entreprises doivent préparer dès à présent le jour d’après au travers de scénarios d’anticipation et d’un plan d’action dédié.

Comment les entreprises peuvent-elles anticiper la reprise du 11 mai ?

JV : Structurer le processus de reprise d’activité apportera de la clarté et de la méthodologie dans ce contexte d’incertitude. Définir un plan d’action clair et complet permettra d’anticiper et coordonner cette reprise d’activité. Il faut pour cela :

  • Identifier les activités clés à reprendre en priorité (sites, personnes clés, etc.),
  • Identifier les interdépendances (certains services ne pourront pas fonctionner sans d’autres services, fournisseurs ou prestataires),
  • Lister les contraintes (nouvelles règles de travail, nouvelles règles sanitaires, etc.),
  • Tenir compte de la reprise économique globale (déplacements internationaux limités jusqu’à nouvel ordre, levée du confinement variable en fonction des pays, etc.),
  • Anticiper des scénarios d’évolution pour répondre au plus vite à de potentielles difficultés ou opportunités.

« Si la reprise n’a pas suffisamment été réfléchie en amont, les conséquences peuvent être lourdes, voire fatales pour l’entreprise. » 

Afin de repartir sur de bonnes bases, il est essentiel de capitaliser sur ce début de crise au travers d’un retour d’expérience. Cet exercice permet de faire ressortir les forces et faiblesses dans la gestion de la crise COVID-19 et de pallier les dysfonctionnements identifiés  dans cette phase de reprise. L’humain étant au cœur du dispositif, un projet d’une telle ampleur ne pourra fonctionner sans l’adhésion des collaborateurs. Il faudra donc mettre l’accent sur la communication pour gagner leur confiance, mais aussi celle des clients et des partenaires.

Que risque-t-il de se passer si on n’anticipe pas la reprise ?

JV : Si la reprise n’a pas suffisamment été réfléchie en amont, les conséquences peuvent être lourdes, voire fatales pour l’entreprise. Un défaut de préparation pourrait avoir des impacts d’ordre :

  • Humain (atteinte à l’intégrité physique des collaborateurs en cas de non-respects des règles d’hygiène, perte de confiance des collaborateurs, démobilisation des collaborateurs, etc.),
  • Opérationnel (surchauffe de l’activité si la reprise n’est pas menée de manière progressive ou au contraire activité ralentie en cas d’indisponibilité d’un fournisseur ou prestataire non anticipée),
  • Réputationnel (mauvaise image aux yeux des collaborateurs ou partenaires en cas de mauvaise gestion ou mauvaise communication),
  • Juridique (non-conformité aux règles sanitaires, non-respect à l’obligation de santé et de sécurité de l’employeur, etc.).

« L’ensemble du tissu économique étant impacté, la capacité de reprise d’une entreprise dépend également de la reprise de ses parties prenantes. »

Comment cette reprise va-t-elle se passer ?

JV : Beaucoup d’incertitudes subsistent, notamment s’agissant des contraintes sanitaires et donc logistiques qui accompagneront cette reprise, il est donc difficile pour l’heure de se prononcer. Ce que l’on sait c’est que la reprise sera progressive, il n’y aura pas de retour à la normale dès le premier jour. L’ensemble du tissu économique étant impacté, la capacité de reprise d’une entreprise dépend également de la reprise de ses parties prenantes (fournisseurs, sous-traitants, prestataires, partenaires, etc.), ce qui implique de prendre en compte l’environnement global et donc de prioriser les activités à redémarrer.

Quel que soit le domaine d’activité, la reprise pourra être facilitée si l’entreprise l’a anticipée au travers d’un schéma de reprise d’activité. Un projet de reprise dans un contexte national et international complexe n’étant possible qu’avec l’adhésion de tous, les dirigeants se devront de communiquer en amont sur la façon dont l’entreprise prendra en compte le caractère imprévisible des prochaines semaines pour ne pas déstabiliser plus encore les collaborateurs, mais au contraire les rendre acteurs du succès.

 

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