On passe à l’orange

On passe à l’orange

Les annonces été attendues et globalement elles n’ont pas déçu. Le déconfinement s’accélère avec cette fameuse phase 2. Au revoir crise sanitaire, bonjour crise économique ?

 

Il semblerait donc, ayons la prudence du conditionnel, que la crise sanitaire soit derrière nous. Et, contrairement aux précédentes séquences de cet épisode inédit, le gouvernement fait le choix de l’économique en relançant massivement, avec les quelques réserves attendues, la machine. C’était attendu, sans réel doute, c’est désormais une réalité. La récession est là, et avec elle le risque du chômage de masse. Si tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne, on comprend aisément, dans un modèle aussi interdépendant, que le malheur des uns ne fera pas, in fine, le bonheur des autres. Chacun, quel que soit son poste, son statut sentira les effets de cette crise plus ou moins directement.

Le précédent de 2008 est dans tous les esprits et fort heureusement, il semblerait (toujours ce bon vieux conditionnel) que les leçons aient été plutôt bien tirées. A l’échelle nationale, l’Etat agit comme rarement et même l’Europe témoigne d’un engagement peu familier. C’est que le risque est là, implacable. Pas besoin d’être un grand économiste pour le concevoir. Pendant deux mois, ce qui faisait le moteur même de nos économies, l’essence (au sens de carburant) ne servait plus à rien, ne valait plus rien. Comme un symbole d’un arrêt complet, mais aussi d’une bascule sociétale et industrielle.

C’est que, que l’on soit sceptique ou naïf, il y aura très probablement un monde d’après. Il se dessinait en creux, et il nous a explosé au visage. Faire comme avant semble illusoire, voire suicidaire. Il paraît que l’on juge une civilisation à sa capacité à relever les défis qui lui sont adressés (à creuser chez Spengler je crois, ma mémoire philosophique me fait défaut), celui que nous avons face à nous est colossal. Ne nions pas certaines évidences. Ces dernières années ont témoigné d’une inertie, pour être aimable, ou d’une passivité, pour être plus engagé, des Etats et gouvernements. Discours, en boucle, d’intentions. L’avantage des crises, c’est qu’elles interdisent les voies de dégagement, les échappatoires. On passe à l’orange oui. Mais on passe.

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