Vivre en tant que digital nomad à l’heure du Covid-19 : est-ce possible ? Et comment ?

Vivre en tant que digital nomad à l’heure du Covid-19 : est-ce possible ? Et comment ?

Depuis plusieurs années, le nomadisme numérique est une tendance de plus en plus en vogue. Mais ce mode de vie, qui consiste à voyager partout dans le monde, tout en travaillant à distance à partir d’un laptop et d’une connexion Internet, a dû faire face aux conséquences du Covid19.

Comment est-il possible, en ces temps de crise sanitaire mondiale, de vivre en tant que digital nomad ? Voici quelques éléments de réponse avec Andy Stofferis, digital nomad depuis 2015 et co-fondateur de l’agence Sendabee.

Le concept du « slowmadisme » a pris tout son sens en 2020

Cette période de crise sanitaire a été compliquée à vivre pour de nombreux digital nomads en quête de nouvelles destinations. Beaucoup ont décidé de rentrer dans leur pays durant un grande partie de l’année, d’autres ont décidé de continuer leur mode de vie à partir de l’étranger. Pour les digital nomads qui ont fait le choix de rester à l’étranger durant cette période de pandémie, les divers confinements, les quarantaines et différentes mesures sanitaires les ont obligés à rester plusieurs mois au sein de la même destination. Ils ont adopté le slowmadisme (pour ceux qui ne le pratiquaient pas encore).

Et le slowmadisme (ou slow travel), qui consiste à voyager plus lentement et davantage s’imprégner de la culture locale du lieu de destination, est justement la tendance idéale pour un digital nomad qui travaille à distance à plein temps. Le fait de rester plusieurs mois au sein d’un même endroit permet de rester focalisé sur son travail, tout en ayant le temps de se faire des amis sur place et de découvrir un maximum de facettes de la ville (ou de la région) dans laquelle vous êtes établis.

Cerise sur le gâteau, en 2020, le tourisme de masse a été inexistant. Cela a permis aux digital nomads de découvrir de nouvelles destinations sous un angle unique, moins touristique et beaucoup plus « calme ». Un phénomène qui  risque bien de continuer, aux vues des projections conjoncturelles, qui n’annoncent pas de réelle reprise touristique avant le printemps 2021, pour les plus optimistes.

Le coliving, une solution face à l’isolement du digital nomad

Ces périodes de confinement ont mis en évidence les méfaits de l’isolement. La plupart des destinations prisées par les digital nomads ont subi une ou plusieurs périodes de confinements, où les contacts sociaux étaient très limités. Pour certains digital nomads, le coliving a joué un rôle crucial pour ne pas tomber dans le piège de l’isolement et de la perte de productivité.

Le coliving, c’est un endroit où une communauté de digital nomads vivent et travaillent ensemble, pour une durée variable. Certains digital nomads y restent quelques semaines, d’autres, plusieurs mois. Les colivings ont donc permis, durant cette période, à certains de rester entouré d’une seconde famille à l’étranger, à savoir d’autres digital nomads qui partagent les mêmes valeurs et le même mode de vie. 2020 a mis en lumière l’importance des colivings, dont certains ont déjà su tirer leur épingle du jeu. C’est le cas, par exemple, de la chaine Outsite, répertoriant des colivings aux Etats-Unis et dans plusieurs villes du monde entier, qui est resté ouvert tout au long de cette année.

De plus en plus de pays veulent attirer les digital nomads

Cette crise aura également eu comme effet de faire progresser l’intérêt notoire de plusieurs états vis-à-vis du nomadisme numérique. En effet, des pays comme l’Estonie, la Géorgie ou la Barbade ont récemment lancé des visas pour attirer les télétravailleurs dans leurs pays pour de longs séjours. La durée de ces visas pouvant aller jusqu’à 1 an.

Il se murmure que d’autres pays suivront le pas ces prochains mois et ces prochaines années. Le consentement des entreprises à adopter partiellement ou entièrement le télétravail ces prochaines années y est pour quelque chose. Cette prise de conscience de l’importance du nomadisme numérique et de l’impact économique local qu’il pourra créer dans les prochaines années, amplifié par la crise sanitaire, a donc mis la puce à l’oreille de plusieurs pays. Pour un grand nombre de digital nomads, il s’agit a priori d’une belle reconnaissance de ce mode de vie qui, jusqu’il y a peu, était souvent incompris par le plus grand nombre.

La flexibilité et la patience, les indispensables du digital nomad de l’ère Covid19

Être un digital nomad à l’heure du Covid, c’est également être patient, envisager et anticiper plusieurs types de scénario liés à la crise sanitaire. Les conditions d’accès à certains pays évoluant presque tout le temps, il est important de constamment se tenir à jour avant de voyager au sein d’une nouvelle destination et d’avoir un plan B si les frontières, par exemple, se referment avant votre voyage.

Là où les digital nomads pouvaient préparer leurs futures destinations à la dernière minute et très facilement avant 2020, il en va autrement à l’heure actuelle, où le travail de recherches et de mises à jour est indispensable pour ne pas avoir de mauvaises surprises en entrant dans un nouveau pays.

A cet égard, l’apport d’un professionnel (service de conciergerie ou agent de voyages compétent) peut s’avérer utile pour gagner du temps. Détenir une assurance qui couvre le Covid19 est également non négligeable.

Stay safe : respecter les autres en tant que digital nomad

Dans le contexte sanitaire tel que nous le connaissons, chaque digital nomad se doit d’être soucieux et respectueux des autres. Une des pistes pour tendre vers le futur du nomadisme numérique est de ne pas vivre avec la peur au ventre mais apprendre à vivre avec le Covid. Cela signifie, entre autres, de voyager de manière plus respectueuse envers les autres, plus lentement et plus consciencieusement et contribuer positivement à d’autres économies locales, qui ont besoin de la venue de digital nomads : les voyageurs de demain.

Car oui, le digital nomadisme, bien que freiné en 2020, constitue plus que probablement une des pistes du « futur du travail et du tourisme ». Les projections les plus folles annoncent même 1 milliards de digital nomads en 2035. Des estimations à prendre avec un certain recul, mais il est certain que le phénomène prendra de plus en plus d’ampleur.

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