« L’image de la Chine en Europe est souvent loin de la réalité », Pauline Cousseau, CEO de polette

« L’image de la Chine en Europe est souvent loin de la réalité », Pauline Cousseau, CEO de polette

Pauline Cousseau polette

En 2011, la marque polette s’est donnée pour objectif de rendre l’optique accessible à tous en supprimant tous les intermédiaires dans leur chaîne de valeur. Mais comment cette entreprise, proposant aux consommateurs une offre de montures et de verres provenant directement de l’usine, a fait face à la crise ? Quelles relations avec la Chine, son principal fournisseur ? Interview de Pauline Cousseau, co-fondatrice de polette.

Pourquoi avoir investi le marché de l’optique ? Qu’est ce qui vous a poussé à vous lancer ?

Pauline Cousseau : C’était une évidence  quand après avoir remarqué que les lunettes et verres à produire peuvent coûter 10€ , que de disrupter le marché traditionnel. L’idée est d’apporter une révolution et de la transparence auprès des clients de produits optiques. Comment est ce possible de payer parfois 1000€ pour une paire de lunettes à sa vue ?

Quelles sont les particularités de ce marché ?

P.C : Le manque de transparence. La Chine est producteur de montures et verres depuis 50 ans pour tous les marchés mais seulement un acteur du marché a le monopole et fixe les prix. Ce manque de visibilité nous est apparu comme une injustice. Le modèle économique des acteurs présents est toujours le même : Produits sortis d’usine puis grossistes vers le détaillant et revente. Avec tous ces intermédiaires qui prennent une marge, le prix grimpe vitesse grand V.

polette c’est : de l’usine au consommateur final en direct, avec tous les processus (design , production , suivi ..) intégrés.

Nous avons été la première marque disruptive sur le marché. L’idée était de faire des lunettes également un accessoire de mode, de pouvoir se sentir bien  » dans ses lunettes » et de ne pas le voir comme une contrainte médicale coûteuse!

Le manque de produits éco-responsables : polette est la première marque de lunettes à lancer sa production éco-responsable. Nous pensons que la mode , la qualité , le prix (40€ la monture)  et l’éco- responsabilité sont primordiales .

Comment s’est déroulée l’aventure Polette ?

P.C : polette est née en 2011 d’un constat et d’une envie : révolutionner le marché de l’optique . L’entreprise a commencé avec 2000€ , tout a été fait et appris au fur et à mesure . En ne partant de rien, étant passionné par ce projet , en prenant des risques,  la marque s’est développée rapidement. L’offre, le prix, le produit parlent d’eux mêmes .

Avec l’expérience et le petit succès de 2012, polette a grandi et s’est vu accorder un premier reportage TV sur D8. Un des premiers milestones de la marque et aujourd’hui c’est 8 showrooms en Europe , une application mobile, un essai virtuel , une très belle communauté …

Comment proposer des prix bas pour une qualité équivalente aux plus grandes marques ?

P.C : C’est une volonté de la marque. Sur polette.com le prix n’implique aucunement la qualité. Polette sélectionne ses matières et ne produit que de la qualité :  montures & verres! La décision d’avoir un modèle économique simple,  transparent génère des prix attractifs. Monture et verres dès 20€!

Encore une fois sortie d’usine une monture de grandes marques coûte 10€. Pourquoi est-elle vendue 500€ ? Le choix & le modèle économique des entreprises.

Comment l’entreprise a-t-elle vécu la crise ?

P.C : Comme toute entreprise, nous avons été affectés par cette crise. Il a fallu se réinventer rapidement face aux contraintes imposées par les gouvernements qui ont touché l’économie mais aussi l’humain. Les méthodes de management ont été également modifiées , la dimension humaine, bien qu’elle ait toujours une place importante,  a pris de l’essor face aux frustrations que nos équipes ont ressenties . Showrooms fermés, showrooms ouverts, impossible de voyager, se déplacer , avoir une vie sociale, peur de l’avenir… La vie sociale devient celle des collègues et du bureau.

Néanmoins, polette est née d’une crise et d’une faculté de rebondir sans failles , donc aujourd’hui nous pouvons être très satisfaits d’avoir surmonté ces challenges ensemble. C’est dans l’ADN de la marque que de rester optimiste.

Comment s’est déroulée la collaboration avec la Chine durant cette pandémie ? Pensez-vous revoir votre chaîne de valeur ?

P.C : Comme toujours très bien. Beaucoup de transparence avec les équipes présentes en Chine et surtout beaucoup de soutien. L’image de la Chine en Europe est toujours un débat et est souvent loin de la réalité. Les équipes sur place ont fait preuve de réactivité , de soutien et de persévérance.

Encore une fois une des forces de la marque : polette est née en Chine , Pierre Wizman , fondateur, parle chinois et connaît très bien le pays ainsi que ses forces et ses failles.

Tous les producteurs chinois ne sont pas des exploitants mal intentionnés. Il y a également de très belles entreprises et personnes et c’est avec celles-ci que polette travaille depuis des années.

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