On ne badine pas avec la démocratie

On ne badine pas avec la démocratie

Publié le 11 janvier 2021

Il y a des boîtes qu’il ne vaut mieux pas ouvrir, des braises à ne pas attiser. Il y a un moment où le clown ne fait plus rire, où la farce tourne au drame. Il y a beaucoup de chose au final derrière ces images ahurissantes d’un Congrès américain pris d’assaut.

Comment qualifier ces images qui ont tourné en boucles sur nos écrans. Est-ce une insurrection, une tentative de coup d’Etat, un débordement ? Difficile de trouver la bonne mesure, l’échelle d’appréciation. Si c’est un coup d’Etat, il n’est pas très sérieux. Si c’est un simple débordement, il est hors du réel.

Nous étions nombreux à trouver les frasques de Donald Trump distrayantes. Une fois acté le caractère absurde de la posture du président américain, on était tenté de prendre un très grand recul avec les évènements. Comme si, au fond, tout cela n’était pas grave. It’s only Rock’n Roll.

Evidemment, la réalité vient nous rappeler, avec violence, que rien n’est neutre, surtout quand on est président d’une des plus grandes puissances mondiales. Ce n’est pas qu’un jeu, pas qu’un show.

En 1969, les Rolling Stones organisaient un concert gratuit en Californie, à Altamont précisément. Une sorte de réponse à Woodstock. Le service de sécurité, les fameux Hell’s Angels, payés pour la plupart en bière et autres alcools contribua à faire passer ce concert de la fête au cauchemar, avec comme point culminant du drame, le meurtre de Meredith Hunter devant les caméras.

L’invasion du Congrès est à la démocratie américaine ce qu’Altamont fut à la musique des années 60, une gueule de bois atroce. La fin d’une illusion. Un rappel tragique que l’on ne peut pas faire n’importe quoi, n’importe quand et avec n’importe qui.

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