La tentation insécuritaire ?

La tentation insécuritaire ?

Vous le voyez venir ? Non ? Vraiment ? Pourtant, petit à petit, par touches successives, le sujet de l’insécurité revient à mesure que le temps d’antenne du Covid diminue. Pendant un an, nous avons tous, et par nous j’entends les médias, tournés un peu en boucle sur le sujet. Tous les articles possibles ont été écrits, toutes les interviews faisables ont été faites. Covid par ci, covid par là, covid en boucle. Mais à force, comme vous, on se lasse, et on cherche de quoi parler. Pour remplir.

Le Covid avait au moins ce mérite, il remplissait l’espace. Il le saturait. Quand tout est à l’arrêt, la pandémie fait office de sujet récurrent. Il faudra, un jour, faire les comptes. Combien de temps d’antenne, combien d’articles, combien de débats. Pour ou contre, toujours. Mais voilà, même si le menace d’un reconfinement plane, le Covid ennuie, comme un ras le bol. Mais du coup cette question que l’on ne se posait plus depuis un an : avec quoi fait on la une, comment remplit-on la grille ? Où est l’info chaude, celle qui fait de l’audience ? Et, comme une fatalité, alimentée – il est vrai – par des faits d’actualités incontestables, la bonne vieille insécurité revient sur le devant de la scène.

Si l’on se demandait quel sera le sujet phare de la présidentielle de 2022, la réponse semble se dessiner, hélas. Le débat public est anesthésié par un an de pandémie. La polémique stérile ne prend pas. Chacun mesure la facilité des critiques des oppositions quelles qu’elles soient. Alors le fait divers, alors les bandes, les gangs… alors la peur.

2002/2022 même combat ? Même cause, mêmes effets, en pire ? En 2002, le candidat de l’extrême droite avait fait sensation au premier tour, pour s’effondrer au second. Une chose semble probable, il n’y aura pas de sensation au premier tour en 2022, tant la perspective de voir Marine le Pen y accéder semble solide.

Les sujets ne manquent pourtant pas, ils ne prennent pas, c’est tout. Rien comparé à la bonne vieille peur qui fait perdre tout sens du réel, cette peur qui elle aussi paralyse. A voir l’évolution des éditions spéciales, à voir les sujets, on aurait presque envie d’un nouveau confinement. Histoire de s’éviter cette pente glissante.

 

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