Covid-19 : quelles circonstances de contamination ?

Covid-19 : quelles circonstances de contamination ?

Dans quelles circonstances les personnes ont été infectées ? Quels lieux de contamination du virus SARS-CoV-2 ? Quels facteurs socio-démographiques et quels comportements favorisent la propagation du virus ? Réponses avec la dernière étude de l’Institut Pasteur en partenariat avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie.

Sur les circonstances de contamination, l’étude de l’Institut Pasteur révèle que 45% des personnes infectées connaissent la personne source qui leur a transmis le virus, 18% des sondés suspectent un évènement particulier sans connaître la personne source de l’infection, et quant à 37% des personnes interrogées, elles ne savent pas comment elles ont été infectées.

Le domicile, principal lieu de contamination

L’étude révèle aussi que c’est à domicile que l’on se contamine le plus. En effet, lorsque la personne source est connue, il s’agit avant tout d’une source intra-domiciliaire pour 42% et d’une source extra-domiciliaire qui relève de la famille élargie pour 21% des sondés, et d’amis pour 11%.

15% des contaminations auraient lieu au bureau. Les réunions privées, avec famille élargie et amis, et le travail en bureaux partagés, constituent les circonstances de transmission du virus les mieux identifiées.  Les repas, aussi bien en milieu privé que professionnel, sont fréquemment à l’origine de ces transmissions. Et bonne nouvelle ! Le sur-risque associé aux réunions privées diminue entre octobre et janvier, témoignant sans doute d’une meilleure gestion des risques par les participants lors de ces réunions.

L’étude nous apprend aussi que pour 37% des cas des transmissions hors du domicile, la personne source de l’infection était symptomatique au moment du contact infectant. Un nombre qui augmente sensiblement en milieu professionnel pour 46% des cas. L’analyse de plus de 10 000 contacts uniques extra-domiciliaires à l’origine d’une infection montre que ce contact a eu lieu à l’intérieur fenêtres fermées dans 80% des cas, à l’intérieur fenêtres ouvertes dans 15% des cas, et à l’extérieur dans 5% des cas.

Un isolement trop tardif

Les patients s’isolent vis-à-vis des personnes vivant hors de leur foyer, mais attendent de plus en plus le retour du résultat du test pour cela au détriment d’un isolement dès le début des symptômes. Les patients s’isolent moins souvent vis-à-vis des personnes vivant au sein de leur foyer (60%) qu’ils ne le font vis-à-vis des personnes qui vivent hors de leur foyer (98%). Sans doute parce que l’accès au test est plus rapide en janvier comparé à octobre, le délai moyen entre début des symptômes et isolement est passé de 1,7 jours en octobre à 1,3 jours en janvier.

Dans le milieu scolaire

D’après l’étude, avoir un enfant scolarisé représente un sur-risque d’infection pour les adultes, notamment ceux gardés par une assistante maternelle (+39%), ceux qui vont au collège (+27%) et au lycée (+29%). Avec une exception toutefois : avoir un enfant scolarisé en primaire n’a pas été jusqu’à maintenant associé à un sur-risque d’infection pour les adultes vivant dans le même foyer. On note cependant depuis janvier une augmentation des infections intra-domiciliaires vers les adultes dues à des enfants de moins de 11 ans.

Dans le milieu professionnel

Les catégories professionnelles les plus à risque sont, par ordre croissant de sur-risque, les cadres de la fonction publique, les ingénieurs et les cadres techniques d’entreprise, les cadres administratifs et commerciaux d’entreprise, les chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus, les professions intermédiaires de la santé et du travail social, ainsi que les chauffeurs. Les transports en commun n’ont pas été associés à un sur-risque d’infection. Le co-voiturage l’a été (+58%). Le télétravail protège (-24% pour le télétravail partiel, -30% pour le télétravail total par rapport à des personnes effectuant le même travail en bureau).

 

*Pour cette enquête, Ipsos a identifié et contacté des « témoins » appariés aux cas index sur l’âge, le sexe, la région de résidence, la densité populationnelle, et la période (couvre-feu et reconfinement). Ipsos présente aujourd’hui l’analyse intermédiaire de l’étude, couvrant la période du 1er octobre 2020 au 31 janvier 2021.

 

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