Le business as usual doit s’adapter aux crises à venir

Le business as usual doit s’adapter aux crises à venir

« Le plus dur est devant nous », « les prochaines semaines seront difficiles », rappelle régulièrement le gouvernement. La Covid-19, bien entendu, est toujours au cœur des préoccupations. En termes de business, la pandémie met à rude épreuve les entreprises depuis un an maintenant : si le plan massif de soutien aux entreprises a permis de retarder une première vague de défaillances, une forte augmentation d’entre elles se profile en 2021. Nous le savons, le coût économique de ces défaillances sera conséquent pour la France.

La question est donc de savoir s’il est encore possible d’amortir le choc … sans pour autant s’attendre, ni même espérer un retour au « business as usual ». Cette année appelle à se pencher sur les nouvelles et anciennes priorités qui seront essentielles pour les organisations et les supply chains en 2021. Point de détails.

Durabilité et décarbonation au cœur de la RSE

La pandémie a amené notre société à repenser ce que nous faisons et comment nous le faisons, en mettant clairement l’accent sur la résilience. La durabilité est en effet devenue un thème central de l’agenda social et une question essentielle pour les entreprises. Les parties prenantes de tous bords exigent des entreprises une plus grande responsabilité en ce qui concerne leurs actions sociales et environnementales et l’impact de leurs produits et de leurs activités. En 2020, les engagements des entreprises en faveur de la durabilité et de la neutralité climatique ont massivement augmenté en nombre mais aussi en portée. La crise a non seulement entraîné une prise de conscience accrue, mais aussi, déjà, une réduction des émissions de CO2. Nous ne devons pas oublier que la pandémie est une façon dont la nature nous envoie un signal ; nous ne devons pas perdre le sens de l’urgence et devons continuer sur cette lancée.

Une préparation désormais nécessaire aux crises sanitaires et environnementales

La santé et la sécurité des travailleurs sont devenues une autre question prioritaire. L’année 2020 a révélé que les niveaux globaux de préparation aux crises sanitaires dans les systèmes de gestion de la durabilité sont préoccupants dans tous les secteurs. Plus d’un quart des fournisseurs ne disposent d’aucune mesure de crise sanitaire. De telles lacunes ont déjà conduit à des grèves dans les marchés émergents, les travailleurs des usines voyant leur droit à la santé mis en danger. Ainsi, les données de l’industrie des fournisseurs sur l’état de préparation aux crises sanitaires indiquent des violations imminentes des droits de l’homme et reflètent la perturbation des supply chains qui se produit sur le terrain dans le sillage du COVID-19. Toutefois, il ne s’agit pas seulement des problèmes de santé et de sécurité exposés par la pandémie mondiale : la crise climatique et ses conséquences seront également très importantes.

Aller plus loin que la réglementation

La pression sur les entreprises va s’accroître du côté législatif : la Commission européenne s’est engagée à introduire une législation en 2021 qui rendra obligatoire la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme pour toutes les entreprises de l’UE. Cette mesure s’appuie sur une étude qui a révélé que « seule une entreprise sur trois dans l’UE évalue soigneusement ses chaînes d’approvisionnement mondiales en ce qui concerne les droits de l’homme et les impacts environnementaux ».  Dans le même temps, les États membres européens ont approuvé un objectif pour l’Union européenne visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2030. Parallèlement, pour marquer le cinquième anniversaire de l’accord de Paris, les autorités et régulateurs français ont soutenu l’adoption des recommandations du Groupe de travail sur la communication financière relative au climat (TCFD) par les grandes entreprises cotées au CAC40.

Courant 2021, de plus en plus d’entreprises constateront que les approches classiques, telles que la diversification des fournisseurs et le nearshoring, ne s’attaquent pas au cœur du problème. Une véritable résilience exigera des entreprises qu’elles transforment leurs programmes de gestion de la durabilité en mettant l’accent sur leurs relations avec les fournisseurs, les performances à long terme et leur impact positif. Dans le même temps, il faudra accorder la priorité à la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme et établir des stratégies et des politiques efficaces de réduction du carbone qui contribuent de manière appropriée à l’objectif climatique d’un réchauffement maximal de 1,5 °C.

La lutte contre les cyberattaques, priorité essentielle pour les organisations

Les changements soudains dans les pratiques au travail et le télétravail ont créé un environnement que les cyber-attaquants ne sont que trop heureux d’exploiter. Par conséquent, il est essentiel pour les entreprises, non seulement de surveiller et d’améliorer en permanence leurs propres mesures de cybersécurité, mais aussi d’examiner les systèmes de gestion de la sécurité de l’information de leurs fournisseurs et vendeurs afin d’en détecter les faiblesses.

Une étude récente de CyberVadis, basée sur l’évaluation des systèmes de gestion de la sécurité de l’information de 680 entreprises dans 56 pays, a révélé, entre autres, que seulement 15 % des entreprises évaluées réalisent des audits de sécurité et que seulement 28 % des entreprises disposent d’un processus d’autorisation pour permettre aux dispositifs personnels d’accéder aux systèmes d’information. Selon une récente enquête du Gartner CFO, 74 % des organisations interrogées ont l’intention de faire passer de façon permanente certains employés au travail à distance prochainement. Cela fait de l’accroissement de la maturité et des performances en matière de cybersécurité au sein de l’entreprise et chez les fournisseurs tiers un facteur important de la gestion des risques et de la résilience.

Il ne peut plus y avoir de « business as usual » comme avant. 2021 est le bon moment pour réorienter nos réflexions et nos actions, renforcer la durabilité et la résilience, et reconstruire nos stratégies et nos investissements d’entreprise pour qu’ils aient un impact positif.

Par Nicolas Dussert, Senior Sales Manager chez EcoVadis

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