« Le Covid a sauvé Feed », Anthony Bourbon

« Le Covid a sauvé Feed », Anthony Bourbon

Publié le 12 juillet 2021

Feed

C’est une marque qu’on ne présente plus.  Depuis 2016, Feed et son fondateur Anthony Bourbon proposent, avec leurs repas en barre ou en poudre, une alternative équilibrée au sandwich et autre burger du déjeuner. Après une année de Covid, Feed se réinvente et revient avec un nouveau concept : l’alimentation fonctionnelle. Entretien.

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Après un an de crise sanitaire les habitudes de consommation des Français ont changé, je suppose que le repas du midi ne fait pas exception, quels constats tirez-vous ?

Le covid a accéléré drastiquement les mutations du marché, les usages et habitudes du consommateur. On commandait des vêtements en ligne, on achetait des films en ligne, la nutrition restait le dernier lieu à disrupter. C’est désormais fait. Les difficultés d’approvisionnement des magasins physiques et les restrictions ont drastiquement modifié le rapport à l’alimentaire. De même, avec le télétravail, les Français ont réappris à cuisiner. Ces tendances conjoncturelles, associées à de nouvelles attentes en termes de qualité des produits nous ont imposé de faire évoluer notre gamme.

Les repas complets en poudre ou en barre n’étaient plus suffisants au regard des nouvelles demandes. Nous avons écouté nos clients, et sommes revenus avec une gamme de snacks healthy, adaptés à chaque moment de la journée. Cela passe par des produits multivitaminés au petit déjeuner ou protéinés pour l’après-midi par exemple.

Télétravail, achat en ligne, nouveau rythme de travail, comment Feed s’adapte à cette nouvelle donne ?

Il faut mesurer la vitesse des évolutions. Il faut à peine 15 minutes pour recevoir une commande passée sur La Belle vie. C’est une révolution de nos façons de consommer. Il nous a donc fallu compléter fortement notre présence en magasin physique, via notre site web notamment.

On a aussi dû revoir fondamentalement notre stratégie marketing et publicitaire. Avec les confinements, tous les annonceurs sont passés sur la pub en ligne, ce qui a fait exploser les budgets. On a fait le pari de l’inbound marketing, en proposant à notre cible des contenus de qualité. Résultat, nos budgets sponsoring sont passés de 1 million d’euros/mois à 15 000 euros, avec un trafic web en hausse. D’une certaine manière, en nous forçant à repenser nos produits et notre stratégie, le Covid nous a sauvé. Cumulé à une présence télé avec Qui veut être mon associé, nous avons étoffé notre visibilité, sur des sujets produits, lifestyle et entrepreneuriaux.

Vous vous lancez aujourd’hui dans l’alimentation fonctionnelle, deux sujets a priori opposés ?

On se positionne à la frontière entre le complément alimentaire et l’alimentation. Notre constat, c’est qu’en plus de manger, il faut proposer au consommateur un produit intéressant, un produit qui apporte quelque chose en plus. Le consommateur prête une attention accrue à son alimentation, il veut des produits sains, bons et riches d’un point de vue nutritionnel. C’est ce que nous proposons à travers nos barres nomades. On n’est absolument pas sur le secteur de l’alicament, mais plus dans le domaine du life style.

A titre personnel, que retenez-vous de cette crise ?

Il y a différentes grilles de lecture. Au-delà du sanitaire, la crise du Covid est venue aggraver les inégalités, entre ceux qui passaient leur confinement en résidence secondaire et ceux qui étaient coincés dans un petit appartement. Côté positif, le Covid nous a rappelé au réel, il est venu interroger notre rapport au monde.

D’un point de vue business enfin, le Covid est venu remettre les pendules à l’heure pour de nombreuses entreprises. Il a révélé la fragilité de start-up au business model incertain. Il nous a poussé à nous réinventer, à trouver plus de profitabilité, à repenser notre stratégie, à agir pour libérer les organisations des vieux schémas. Je le redis, le covid a sauvé Feed.

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