Tour de France : le soupçon permanent

Tour de France : le soupçon permanent

Publié le 19 juillet 2021

Alors voilà, le Tour de France s’est terminé dimanche sur les Champs Elysées. Le slovène Tadej Pogacar a remporté l’épreuve et nous donne déjà rendez-vous l’an prochain pour une nouvelle édition. La photo est belle, comme toujours, et pourtant quelque chose cloche, comme toujours.

Il aura donc suffit de quelques performances surprenantes et d’une descente de police dans l’hôtel d’une équipe pour rappeler de vieux démons. Le cyclisme n’en finit pas de payer ses années noires. Aucun sport peut être n’est autant victime de ce sentiment généralisé de suspicion. Au point où, pour le spectateur lambda, abonné aux longues après midi oisives sur canapé, la magie n’opère plus.

Il y a une forme de masochisme à suivre le cyclisme. Dans n’importe quel autre sport, ou presque, les grandes performances sont célébrées sans réserve. Pas dans le vélo. Dans le vélo, quand on parle d’un exploit extraordinaire, on ouvre la porte aux doutes et aux soupçons. C’est donc une forme d’équation impossible à résoudre pour le coureur, il faut gagner, mais normalement. Etre plus fort, mais comme les autres. Aller plus vite, mais pas trop. Bref gagner petit. Et, à ce jeu là, le public s’ennuie et se plaint d’un manque de spectacle…

Il ne s’agit pas ici d’apporter un avis sur le dopage, mais de constater l’impasse d’un sport et de sa perception. Que faut-il penser quand un sprinteur passe en tête en haut d’un col ? Faut-il s’enflammer pour une performance hors norme, ou se résigner face à une performance hors norme ? Que faut-il se dire quand l’encadrement d’une équipe a un passé pour le moins sulfureux ? Sue tout le monde a droit à une seconde chance, ou que certaines fautes sont définitives ?

Bref faut-il y croire, ou pas ?

 

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