Le e-commerce vert : objectif atteignable ou véritable illusion ?

Le e-commerce vert : objectif atteignable ou véritable illusion ?

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Le e-commerce s’impose davantage dans le quotidien des consommateurs depuis la pandémie de Covid. Cependant cette croissance exponentielle, toutes ses options de livraison ultra-rapides se font au prix d’un impact carbone massif. Une situation qui pousse les Etats a légiférer pour encadrer les pratiques.

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Le bilan écologique du e-commerce est peu flatteur. Basé sur le transport de marchandise, il contribue largement au réchauffement climatique. Selon une étude de l’International Transportation Forum, le fret lié aux livraisons du commerce en ligne représente 10% des émissions de gaz à effet de serre. Ces dernières pourraient quadrupler d’ici 2050 sous l’effet des commandes sur internet.

Chaque année, le chiffre d’affaires du secteur connaît un pourcentage d’augmentation à deux chiffres. D’autant plus depuis la crise sanitaire. En effet, les activités des entreprises de e-commerce se sont multipliées durant cette période où les magasins ont été fermés du fait des confinements et couvre-feu successifs.

Le e-commerce : une expansion faite de pollution

La principale cause de la pollution du commerce en ligne réside dans l’un de ses fondements : la livraison à domicile. Celle-ci pose de nombreux problèmes en termes d’émissions de gaz à effet de serre. La livraison en e-commerce est sous-optimisée par rapport aux flux de distribution du commerce physique. Ces derniers sont réguliers et planifiés. Ils bénéficient en conséquence d’optimisations, au niveau du taux de remplissage des véhicules ou des trajets retour par exemple.

Les flux e-commerce, quant à eux, sont irréguliers et imprévisibles. Chaque tournée de livraison est différente de la précédente. Il est donc beaucoup plus difficile d’anticiper les besoins en transport et donc d’optimiser le remplissage des véhicules ou même des emballages. De plus il faut aussi prendre en compte la question des retours. Entre 20 et 30% des articles commandés en ligne sont renvoyés, contre moins de 10% dans le commerce physique. Un phénomène qui créé des flux de transport supplémentaires. Enfin, l’impact environnemental est encore plus important lorsqu’il s’agit d’une livraison ultra-rapide en moins de 24h.

L’Etat français face aux entreprises du e-commerce

Si les changements pour rendre les services de e-commerce davantage écoresponsables peuvent venir des consommateurs. Ils peuvent aussi être à l’initiative de nouveaux textes de loi sur le sujet. Par exemple en France, le Sénat et l’Assemblée nationale se sont penchés sur l’encadrement des constructions de nouveaux entrepôts dédiés au e-commerce. Toutefois le projet de loi climat mis en place par le gouvernement ne dit rien sur les entrepôts déjà existants sur le territoire. De plus, l’exécutif ne semble pas montrer beaucoup de volonté à faire plier les géants du e-commerce. Une charte environnementale a bien été proposée, sans pour autant que la signature de cette dernière soit obligatoire. Amazon a notamment refusé de se soumettre aux contraintes imposées par ce document.

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