Comment les Agences de papa veulent disrupter le marché de l’immobilier

Comment les Agences de papa veulent disrupter le marché de l’immobilier

Lancées fin 2019, les Agences de papa proposent un concept innovant dans l’immobilier : bloquer la commission à 2 000 euros. Une manière de réinventer et redynamiser un secteur très, voire trop, réglé selon les deux fondateurs Frédéric Ibanez et Nicolas Fratini. Mais les deux compères ne se sont pas arrêtés là et on aussi adopté le statut d’entreprise à mission. Explications.

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Les Agences de papa ont 2 ans… Votre concept est de proposer des agences immobilières 100% digitales et avec une commission limitée à 2 000 euros… Comment est née cette idée ?

Frédéric Ibanez : Cette idée est née avec mon associé Nicolas Fratini. Nous nous sommes rencontrés devant l’école de nos enfants, alors que nous travaillions dans deux domaines très différents : lui dans la restauration et moi dans l’immobilier. Tous les deux en plein déménagement, nous nous sommes rendu compte que sans commission due aux agences immobilières, nous pourrions nous offrir une chambre supplémentaire dans notre logement ! Nous avons alors lancé notre entreprise et nous avons choisi un plafond pour les commissions : 2 000 euros. C’est le salaire moyen des Français, on trouvait ça juste.

Et comment rentrez-vous dans vos frais avec ces commissions limitées ?

Frédéric Ibanez : Beaucoup de tâches que remplissent les agents peuvent être automatisées et/ou faites à distance. Les visites sont faites par les propriétaires (sauf demande spécifique de leur part), nous créons et postons les annonces à distance et nous faisons même des estimations à distance en proposant une fourchette de prix que nous nous affinons ensuite par un coup de fil. Ce sont les propriétaires qui nous envoient leurs propres photos et nous nous chargeons de la retouche et du conseil. Bien sûr, on propose aussi les services d’un photographe professionnel pour 80 euros si les propriétaires préfèrent.

Votre duo avec Nicolas Fratini est complémentaire, vous dans l’immobilier, l’autre dans la restauration, comment travaillez-vous ensemble ?

 Frédéric Ibanez : Quand j’ai rencontré Nicolas, il avait digitalisé tout le process dans sa chaîne de restaurants. J’ai été impressionné par ce travail et c’est ce qui nous a inspiré pour Les agences de Papa. Aujourd’hui, Les Agences de papa couvrent la France entière. Nous travaillons sous la forme de plateforme avec 120 employés et aucun agent indépendant. En clair, nous proposons à nos clients d’être très autonomes toute en bénéficiant de notre accompagnement.

« Le système de franchises des agences tel qu’il est aujourd’hui ne tiendra pas. »

Vous vous êtes lancés juste avant la crise sanitaire, comment avez-vous vécu cette période ?

Frédéric Ibanez : Cette période a en fait été une opportunité : cela nous a permis de nous équiper et de former les équipes. Bien sûr, nous aurions aimé commencer plus tôt, mais avec cette période nous avons pu accumuler un stock de 300 biens quand nous avons lancé la campagne publicitaire à la fin du premier trimestre 2021. Dès le début des visites nous avons multiplié par dix ce stock !

Le verbe « disrupter » est à la mode, un peu comme Free dans le secteur des télécoms ou Lunettes pour Tous pour l’optique. C’est votre ambition de disrupter le secteur de l’immobilier ?

Frédéric Ibanez : Oui, car il y a un vrai besoin. Je pense que le système de franchises des agences tel qu’il est aujourd’hui ne tiendra pas. C’est un véritable problème de société, ce n’est pas possible de continuer avec des frais si élevés. Les agences ne peuvent pas justifier leurs honoraires ni les baisser à cause de coûts de structure.

Vous venez d’adopter le statut d’entreprise à mission, qu’est-ce que cela recouvre concrètement ?

Frédéric Ibanez : Depuis le début, notre objectif était de proposer à la fois un nouveau modèle économique rentable et une société avec un fort intérêt RSE. Nous avons d’ailleurs nommé un comité de mission qui pilote nos objectifs dans des secteurs stratégiques.

Vous êtes entourés de nombreux entrepreneurs, comment se fait-il que vous soyez si entourés ?

Frédéric Ibanez : Dès le début nous avons posté une vidéo sur les réseaux sociaux et nous avons très vite été contactés, notamment par Teddy Riner. Lui et d’autres entrepreneurs sont des actionnaires et c’est grâce à eux que nous en sommes là. On ne dépend pas de fonds d’investissement, mais nous avançons avec les conseils de nos actionnaires, et nous en sommes fiers.

 

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