Startup Golf Challenge désacralise l’épreuve du pitch

Fabrice Clément est un autodidacte qui s’est battu pour devenir « pleinement entrepreneur ». Après une carrière dans le marketing digital et une formation chez HEC, il crée son site de golf : Futura Golf puis le Startup Golf Challenge : la première compétition de golf entre entrepreneurs et investisseurs.

Fabrice Clément a dû pitcher et re-pitcher. Lorsqu’il a lancé ses deux startups, il a cherché des fonds pour financer ses projets. Néanmoins, l’entrepreneur garde un assez mauvais souvenir de ses levées de fonds : « Je me souviens d’une rencontre avec des investisseurs. Nous étions une centaine de startups entassées dans un sous-sol. Nous avions 3 minutes pour pitcher notre projet devant des investisseurs. Nous devions attendre notre tour debout. L’attente était insoutenable et l’échange avec le jury, expéditif ».

Mais quelques mois plus tard, l’entrepreneur se rend compte qu’il n’a pas perdu son temps. Cette expérience lui a donné une idée : créer un événement convivial au cours duquel startups et investisseurs pourraient parler business. Il se rend compte que le sport serait un bon moyen d’atteindre cet objectif.

Il parle de son projet autour de lui, s’entoure d’experts et de membres de son réseau HEC. Le Startup Golf Challenge voit alors le jour. Autour d’une partie de golf, les startups peuvent pitcher et se présenter aux investisseurs. Et Fabrice Clément ajoute une précision : « Même les nuls au golf peuvent participer ! ».

« Au golf, on ne peut pas cacher ses défauts. L’énervement, par exemple est tout de suite visible »

À l’issue de la partie, les joueurs se retrouvent au tour d’un déjeuner puis autour d’une session de pitch. Au lieu de 3 minutes, les investisseurs ont le temps d’échanger toute la journée avec les startups. Et pour l’entrepreneur, le golf est un bon moyen de connaître son futur collaborateur : « Au golf, on ne peut pas cacher ses défauts. L’énervement, par exemple, est tout de suite visible ».

Mais peut-on réellement parler « des joueurs » et ne plus distinguer les investisseurs des startuppers ? Pour Fabrice Clément, oui : « Lors de l’événement, le rapport de force est différent. C’est du sport. Il n’y a donc plus cette notion de supériorité. Il y a même des startups qui s’inscrivent avec la farouche envie de battre les investisseurs ». L’initiateur du Startup Golf Challenge en profite pour écarter un autre préconçu : « Quand on pense au golf, on a tout de suite l’impression que c’est un sport réservé à une minorité. Or, contrairement à ce que l’on pense, le golf s’est désacralisé ».

Et l’évènement qui réunit startups et entrepreneurs en est un bon exemple : « J’étais très fier de notre première saison car il y a eu une pluralité de startups : une vingtaine de secteurs d’activités étaient représentés: fintech, mobilité, mode . Il y avait des petites et des grosses startups. Cela a permis d’avoir des échanges constructifs », conclut-il.

« Pendant longtemps, on a considéré les startups comme des produits financiers »

Et il y’a bien eu un échange entre investisseurs et startups. Fabrice Clément pense que pendant longtemps la relation entre ces deux acteurs de l’écosystème s’est basée sur des malentendus : « Ils n’ont pas le même langage ni les mêmes aspirations », explique-t-il.

L’entrepreneur va plus loin dans sa réflexion : « Pendant longtemps, on a considéré les startups comme des produits financiers mais aujourd’hui, les investisseurs accompagnent davantage les entrepreneurs notamment en leurs faisant partager leur réseau. À la différence des pays comme l’Angleterre où les investisseurs diversifient énormément leur portefeuille de startups ; en France, on préfère maintenant se focaliser sur une startup», déclare-t-il.

Startup Golf Challenge compte aider les investisseurs à trouver la startup sur laquelle miser: « Nous voulons être des entremetteurs et des fédérateurs. Il faut qu’un startupper qui ait envie de faire du business, soit aidé dans sa recherche de fonds. Après la compétition, nous nous retrouvons comme une grosse bande de copains. Tout le monde se connaît. On a donc bien réussi à désacraliser le pitch » .

Khadija Adda-Rezig

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