Fleur Pellerin veut un quartier numérique à Paris, à la sauce Tech City

Fleur Pellerin a confirmé la création de « Paris Capital Start Up ». Elle entend rattraper le retard français par rapport aux autres économies développées et faire de Paris une capitale pour start-up.

Fleur Pellerin entrepreneur
Fleur Pellerin a de grandes ambitions pour le numérique en France

« Nous allons créer à Paris ou en proche banlieue un lieu qui sera l’étendard du numérique de la France. » a-t-elle déclarée dans un entretien accordé à Libération le 5 mars dernier. « Ce pourrait être la halle Freyssinet, dans le XIIIe arrondissement. » D’une capacité de 25 000 m2, l’ancienne halle des messageries de la gare d’Austerlitz pourrait accueillir un millier de start-up.

L’objectif de cet écosystème est de créer un terrain favorable à l’émergence des jeunes pousses en les rapprochant des investisseurs, des entreprises, de la recherche et éventuellement des écoles. « Les start-up auront accès à un guichet unique et à tous les services utiles sur place. », annonce la ministre.

« Paris Capital Start-up » s’inspire de la Tech City londonienne. En 2010, celle-ci compte 270 start-up dans le secteur du web. Deux ans plus tard, plus du double, dont la radio en streaming Mixcloud. Une idée qui a porté ses fruits donc ; elle est aujourd’hui la première cité européenne où il fait bon de « startuper », selon le classement établi Telefonica Digital et le site américain Startup Genome en novembre dernier.

Faire de Paris une capitale du numérique

Fleur Pellerin veut créer «  une vitrine internationale, un des grands incubateurs de classe mondiale. »

Mais l’enjeu est double : il faut faire rester ces start-up. Il y a la concurrence de Londres, mais aussi de Berlin. La capitale allemande est une place incontournable du web en Europe. On peut citer pas moins de 4 incubateurs : Rocket Internet, Project A Ventures, Springstar et Team Europe. Leurs plus belles réussites ? Zalando, City Deal…

Faut-il copier ses voisins ?

Oussama Amar, fondateur de plusieurs start-up et auteur d’un rapport sur la création d’entreprises pour le gouvernement brésilien, n’est pas convaincu par l’idée : selon lui, la France doit plutôt se recentrer sur elle-même avant tout: « plutôt que de tenter de recréer une mini Tech City ou une petite Silicon Valley, mieux vaut recenser nos forces pour les amplifier et nos faiblesses pour les déjouer. » Il pointe du doigt « un accès difficile au capital et une fiscalitéincertaine. »

Une fiscalité également mis en cause par Pascal Mercier, leveur de fonds et aux avant-postes lors de la fronde des Pigeons, pour qui l’urgence réside dans la modification de la politique fiscale.« Quand j’entends Fleur Pellerin annoncer ce projet, je me dis qu’elle n’est pas au fait des enjeux et que ce regroupement d’entreprises se limite au symbole alors que le gouvernement mène une politique fiscale dangereuse pour l’entrepreneuriat. »

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

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