En situation de plein emploi, le marché des cadres est au beau fixe. Ce qui n’empêche pas ces derniers d’avoir parfois des envies d’ailleurs… et pourquoi pas, de se lancer à leur compte. L’un d’entre eux témoigne.  

 

L’emploi des cadres ne connaît pas la crise. Selon l’Apec, 215 000 recrutements de cadres auraient été effectués en 2017, et jusqu’à 271 000 embauches pourraient être attendues cette année. En situation de plein emploi, ce marché est inévitablement confronté à une guerre des talents entre les entreprises, qui doivent redoubler d’efforts pour les attirer et les fidéliser.

De leur côté, les cadres sont plutôt optimistes quant à leur situation professionnelle. D’après le dernier baromètre Cadremploi/Ifop, ils sont 79 % à déclarer « bien se sentir » dans leur entreprise, et près d’un quart à s’y sentir « très bien ». Et pour cause, la moitié d’entre eux jugent leurs missions intéressantes et presque autant apprécient l’ambiance de travail. Sans compter le climat de confiance dans lequel ils semblent évoluer : 84 % estiment que leur entreprise leur fait confiance et 90 % jugent que leur équipe est digne de recevoir la leur.

« 70 % des cols blancs se montrent intéressés par les nouvelles formes d’emploi »

Pourtant, cela n’empêche pas les cadres d’avoir des envies d’ailleurs. Conscients du dynamisme du marché, 45 % d’entre eux se disent « ouverts aux opportunités professionnelles », et un cadre sur trois a entamé une démarche active pour changer de poste ou d’entreprise. Et bien qu’ils semblent très attachés à leur statut – deux tiers d’entre eux envisagent de rester cadres durant toute leur carrière – ils n’en restent pas moins ouverts à l’idée d’exercer des métiers différents, voire même de quitter le sacrosaint CDI.

portage salarial

En effet, près de six cadres sur dix se déclarent prêts à faire de l’intérim sur des missions correspondant à leurs fonctions actuelles. Selon une autre étude de l’Apec, 70 % des cols blancs se montrent intéressés par les « nouvelles formes d’emploi » – termes qui désignent tout ce qui relève du régime des indépendants, du portage salarial et de la multi-activité. Certains ont déjà franchi le pas. C’est le cas de Perrick Besnard, contrôleur de gestion indépendant porté par Cadres en Mission ou, comme il préfère se désigner, « co-pilote financier ».

« Pour me concentrer sur la recherche de nouveaux clients […] j’ai opté pour le portage salarial »

Perrick Besnard« J’ai travaillé pendant une quinzaine d’années en finance d’entreprise, avant de devenir Directeur financier d’une PME de 300 salariés. Je l’ai quittée fin 2015, pour des raisons de divergences de vision avec l’actionnariat », raconte l’indépendant. « À ce moment, j’ai réfléchi à une autre manière de mettre en œuvre mes compétences, et l’idée de proposer mon expertise à plusieurs entreprises m’est venue ». Une décision qui nécessite un certain goût du risque – « il faut assumer de se retrouver en perpétuelle précarité, et apprendre le démarchage commercial » – mais qui comporte aussi son lot d’avantages. « Pour me concentrer sur la recherche de nouveaux clients et sur mes missions, sans avoir à m’occuper des contraintes administratives, j’ai opté pour le portage salarial », précise Perrick. Pour cela, il fait appel aux services de la société Cadres en Mission, avec qui il avait déjà collaboré avec succès par le passé.

« Pour une entreprise, faire appel à un salarié porté offre une vraie flexibilité. Pour le travailleur, le portage ouvre à une grande liberté d’action, la protection sociale en plus », explique-t-il. « Je peux désormais choisir mes clients, et travailler d’égal à égal avec un autre entrepreneur, qui me laisse libre d’interagir comme je le sens avec les équipes pour mener à bien ma mission. J’en ai aussi fini avec les mails qui ne me concernent pas ou l’enchaînement de réunions sans intérêt : désormais, je ne fais que ce pour quoi on m’a embauché ». Si le statut d’indépendant suffit à satisfaire de nombreux cadres, d’autres l’envisagent comme un tremplin vers quelque chose de plus grand. Pour Perrick Besnard, pas de doute, la création de sa propre entreprise est la prochaine étape…

Pauline Capmas-Delarue

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