Entrepreneuriat : protéger ses arrières pour aller de l’avant

Noblesse d’entreprendre, aventure défiant le danger, survalorisation de l’échec… La réalité d’une entreprise se trouve parfois à mille lieux de ces clichés. Renaud Boudry en sait quelque chose et a souscrit à une assurance perte d’emploi des dirigeants avant le tourbillon de la liquidation judiciaire.

 

Entre le goût de l’aventure teinté de prise de risque et la responsabilité de subvenir aux besoins de sa famille, la vie de l’entrepreneur n’est pas une sinécure. Renaud Boudry en est l’illustration parfaite. Celui qui a piloté puis fermé dix boutiques de maroquinerie, a réussi à endiguer l’hémorragie grâce notamment à la souscription à une assurance perte d’emploi des dirigeants qui lui assure encore aujourd’hui une transition douce vers son nouveau métier.

« Pendant dix années, j’ai accompagné des créateurs à réaliser leurs rêves. Puis, j’ai créé ma propre société dans le commerce de détail en 2003 ». Renaud Boudry se lance dans la vente de maroquinerie et cela lui réussit, puisqu’il aura jusqu’à dix points de vente multimarques dans le nord de la France, de Rouen à Lille en passant par Le Touquet, ainsi qu’un site de e-commerce. Une exemplarité dans le secteur du retail mode, jusqu’à ce qu’il se heurte à la liquidation.

« Quand on est entrepreneur, on a beaucoup d’optimisme, mais on se fait aussi rattraper par un certain nombre de réalités : le développement onéreux et chronophage de notre site Web par exemple, mais aussi la crise des subprimes, qui a fait fuir du jour au lendemain tous les Anglais de notre boutique du Touquet, soit 50% de la clientèle », précise Renaud Boudry. Au fil des mois puis des années, il affronte de nombreux problèmes. Mais le commerçant ne se laisse pas abattre pour autant : « J’ai toujours trouvé des solutions. Quand les banques ne me recevaient plus, j’ai sollicité des chefs d’entreprise qui sont, par tradition, assez frileux à l’ouverture de leur capital. » Crowdfunding, business angels, etc. Renaud multiplie les tentatives de sauvetage, jusqu’à l’impossibilité de faire autre chose que de mettre la clé sous la porte.

« Du jour au lendemain, toutes les portes se referment. On se retrouve dans une situation complètement hallucinante, avec la sensation d’être dans un Boeing qui s’écrase. Certains ne savent plus quoi faire, d’autres ont peur que ce soit contagieux et nous tournent le dos », développe l’entrepreneur. Pris à la gorge, il connaît l’âpreté des passages au tribunal de commerce. « Une déflagration énorme que l’on se prend en pleine face », estime le patron hanté par cette expérience.

« J’ai eu la clairvoyance de souscrire à la GSC, une assurance perte d’emploi des dirigeants et des entreprises »

Mais ayant connu quelques soubresauts au cours de sa carrière, Renaud Boudry anticipe la tempête : « J’ai décidé de m’assurer sur les conseils de mon avocat. J’ai eu la clairvoyance de souscrire à la GSC. J’ai choisi cette assurance car son ratio coût et risques assurés m’a semblé être le meilleur. » Une fois le rideau de ses dix magasins baissé, cela lui permet d’obtenir une indemnisation de deux années à hauteur de 70% de ses revenus.

Pour lui, l’assurance perte d’emploi n’est toutefois pas là pour inviter le chef d’entreprise à prendre plus de risques. Mais, il en est certain : « ça aide à mieux dormir ! » À cette mesure qui protège les dirigeants en cas de perte d’emploi, se sont ajoutés d’autres dispositifs, notamment celui de la sauvegarde judiciaire qui gèle les cautions personnelles. Une mesure aussi précieuse que peu connue, puisque seulement 5% des chefs d’entreprise acculés y ont recours. Renaud Boudry fait aussi l’expérience d’un soutien inattendu : celui de Pôle Emploi qui, certes, ne peut lui accorder aucune indemnité (les dirigeants n’ont pas le droit au chômage), mais lui propose un bilan de compétences.

En France, un gros problème d’accompagnement demeure : « on est mal informé. Personne ne nous prévient des risques qu’un patron encourt, malgré un vrai bagou à l’égard de l’échec. » Cet échec conduit justement l’entrepreneur à frapper à la porte de l’association 60 000 Rebonds où il fait le deuil de son ancienne activité grâce à une prise en main par un coach. Une nouvelle profession vers laquelle se dirige Renaud Boudry à présent. Le temps pour lui de se bâtir une nouvelle vie professionnelle avec une certaine sérénité : « Après un bilan de compétences, des enquêtes métiers et le soutien de nombreux acteurs parmi lesquels le Réseau Entreprendre, je suis vraiment sûr de mon choix. »

 

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