« Le travail ce n’est plus où je vais, c’est ce que je fais », vers une nouvelle perception du travail

« Le travail ce n’est plus où je vais, c’est ce que je fais », vers une nouvelle perception du travail

Covid-19 oblige, de nombreux français télétravaillent. Et si cette tendance ne s’inscrivait jusque-là que progressivement dans le quotidien des actifs, les événements récents ne font qu’accélérer cette transformation. À l’occasion des grèves de décembre, Microsoft France avait mené une étude avec Opinion Way sur le futur du travail. La semaine dernière, on vous révélait les résultats. Rencontre aujourd’hui avec Nadine Yahchouchi, directrice Microsoft 365 chez Microsoft France, pour parler d’un bureau qui change.

À quoi ressemble le bureau d’aujourd’hui ? À quelles transformations d’entreprises répond-il ?

L’évolution de l’environnement de travail se fait à plusieurs vitesses aujourd’hui. Ces deux dernières années, nous avons beaucoup accompagné nos clients dans leur transformation digitale, ce qui nous a permis également de les faire évoluer dans leurs modes de travail vers plus de flexibilité. Ces nouveaux modes de travail répondent au besoin des entreprises de travailler d’une manière de plus en plus agile. Les équipes, ce ne sont plus 100 personnes dans un open-space mais plutôt des équipes de 10 voire 20 personnes qui travaillent avec des collaborateurs, des entreprises, des clients et des fournisseurs qui sont géographiquement dispersés

Ce bureau hors-les-murs a répondu à ce monde changeant et à ce besoin d’innovation. Du côté des employés, deux sujets. Le premier, celui de pouvoir travailler en flexibilité, c’est-à-dire d’avoir beaucoup plus d’autonomie pour pouvoir travailler « quand je veux où je veux ». Ce développement de la flexibilité, permet un meilleur bien-être des employés. Le deuxième sujet ressort dans l’étude WorkReWorked que nous avons menée sur l’autonomie des employés. Les entreprises se veulent de plus en plus innovantes et cette innovation passe par l’autonomie et la prise de responsabilités des employés.

L’entreprise va pouvoir capitaliser sur des systèmes beaucoup plus flexibles, on le voit sur différentes parties du sondage. Aujourd’hui, les actifs français ont cité que leur productivité s’était accrue, que cette flexibilité leur permettait de mieux gérer leur rythme de travail. Mais surtout pour les entreprises, c’est une opportunité d’aller chercher les talents là où ils sont. Il existe une pénurie pour certains postes notamment les métiers des architectes cloud. Avant lorsque le candidat était éloigné, on se fermait des portes, désormais, on ne se pose même plus la question (information recueillie également auprès de Capucine Simon, Talent Aquisition Microsoft France).

 

Plus de flexibilité, d’autonomie et de responsabilités… mais qu’en est-il de la collaboration dans cette entreprise numérique ?

Au travers de ce sondage on a demandé aux salariés si la digitalisation permettait de maintenir le lien humain et 79% des actifs français ont répondu que les outils technologiques leur avaient permis de ne pas se sentir isolés. Un bénéfice de cette digitalisation c’est justement de ne pas rompre le lien social. Cependant, cette mise en pratique du télétravail ne se fait pas seulement par les outils, elle s’appuie aussi sur le lien de confiance entre les télétravailleurs et leur manager. Pour assurer cette collaboration, la première des choses à faire c’est un accompagnement à la mise en place de ces outils technologiques pour être sûr de bien les utiliser et d’en tirer le meilleur bénéfice.

La deuxième chose, c’est qu’il y a aussi une certaine conduite du changement à tenir lors de la mise en place de ces pratiques parce qu’effectivement on travaille différemment. Par exemple, travailler en digital avec un outil collaboratif comme Microsoft Teams, ça veut dire que par défaut toutes nos notes sont partagées, ce sont de nouveaux réflexes et habitudes que l’on doit mettre en place.

La troisième partie concerne un changement de la culture d’entreprise qui doit s’effectuer. Aujourd’hui, on voit 2 tendances qui ressortent. D’abord, l’accompagnement des employés pour gérer des outils de plus en plus digitaux. Il y a 15 ans les entreprises demandaient comme prérequis de savoir utiliser Excel ou Word, demain on vous demandera si vous savez utiliser efficacement le tchat, la visioconférence, etc. Ensuite, c’est un changement des compétences humaines puisqu’on va devoir avoir des personnes qui ont une plus grande culture de collaboration pour être capable à la fois de créer du lien mais qui savent également gérer leur temps en mobilité pour être sûr de garder une bonne performance et de bien séparer le monde du travail et la vie personnelle.

 

Justement, le bureau n’est-il pas en train de s’inviter à la maison ?

Il y a un accompagnement personnel nécessaire pour être sûr que cette flexibilité qui est un énorme avantage en termes de bien-être et d’opportunité le reste. Les collaborateurs sont formés pour s’auto discipliner, se réguler mais il faut aussi que les entreprises se responsabilisent. Chez Microsoft, le travail à distance fait partie de notre culture. On a mis en place ce qu’on appelle les principes 4×4 c’est-à-dire des règles de vie pour être sûr que cette flexibilité est accompagnée de bonnes pratiques, dans le respect des salariés. Un bon équilibre est essentiel, par exemple chez nous, on encourage les collaborateurs à ne pas pratiquer le travail à distance plus de 3 jours par semaine.

 

Finalement, n’allons-nous pas vers une nouvelle perception du travail ?

On voit de plus en plus que les nouvelles générations ont tendance à utiliser les mêmes outils de tchat pour le pro et le perso, on peut voir aussi que c’est une nouvelle génération qui a l’habitude de travailler en mobilité. Mais ces codes qui étaient avant réservés à des moins de 35 ans tendent à se généraliser. Dans l’étude d’ailleurs, on constate que le recours au télétravail n’est cependant pas également réparti dans la population française et varie selon l’âge ou encore la taille de l’entreprise. Ainsi, 61% des Français de moins de 35 ans utilisent le télétravail pour 44% des 35-49 ans et seulement 36% des 50 ans et plus. Le télétravail est un peu plus présent chez les Français travaillant dans des entreprises de moins de 250 et de 2000 salariés (51%), que chez les Français travaillant dans des grandes entreprises (42% au sein de entreprises de 2000 salariés et plus).

Avec ce sondage on s’est rendu compte en demandant aux employés et aux actifs français que cette culture du travail change vraiment. Ainsi 93% des télétravailleurs pendant les grèves, ont bien l’intention de poursuivre cette pratique. Le bureau d’aujourd’hui, tel que nous l’avons décrit est possible parce que nous avons la sécurisation des données, la connexion internet, les outils technologiques. Mais le bureau de demain c’est vraiment un bureau en mobilité et ces grèves ont permis d’amorcer un changement de pratiques qui vont s’ancrer dans le quotidien des actifs français.

Le travail ce n’est plus « où je vais, c’est ce que je fais ».

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