Ces réactions irrationnelles face au coronavirus

Ces réactions irrationnelles face au coronavirus

réactions irrationnelles

Les réactions de la population face à l’épidémie sont diverses et variées. En effet, l’anxiété et les interrogations que suscite la situation actuelle multiplient les comportements irrationnels. Petit florilège de ces réactions qui mettent en lumière la bêtise du genre humain.

Dévaliser les étals de papier toilette

On pourrait naïvement croire que, lors d’une épidémie, les mouchoirs feraient partie des produits les plus demandés. Il n’en est rien. Tout a commencé à Hong Kong en février dernier par une photo faisant état d’un rayon de papier toilette vide dans un supermarché.  Relayée en masse sur les réseaux sociaux, il n’en fallut pas plus pour que la population de l’ancienne colonie anglaise se mette à dévaliser les stocks de papier toilette de l’île. Si bien qu’il fut impossible de s’en procurer pendant de longues semaines. Plus étonnant encore, un chauffeur de camion a été braqué par trois hommes tentant de lui dérober sa livraison de rouleaux de papier hygiénique. Un phénomène auquel le gouvernement hongkongais a répondu en publiant un communiqué pour dénoncer les fausses rumeurs qui circulent en ligne, entraînant « des achats liés à la panique, et même le chaos ». Il a reproché à des personnes aux « intentions malveillantes » d’avoir répandu des « rumeurs alors que la ville lutte contre la propagation » du coronavirus. Des déclarations qui ne semblent pas avoir fait écho puisque la ruée vers le papier toilette s’étendra à de nombreux pays. Australie, Etats-Unis …Sur les réseaux sociaux, on ne compte plus les vidéos d’altercations violentes entre usagers de supermarché pour avoir le dernier rouleau.  En France, il est estimé que les ventes de papier hygiénique ont augmenté de 30 % en mars par rapport au même mois de l’année dernière.

Laver ses fruits et légumes avec de la javel

Les centres antipoison tirent la sonnette d’alarme. Ces derniers enregistrent plus de 20% d’appels supplémentaires depuis le début de la crise sanitaire. En effet, depuis le début du confinement, de nombreux Français se retrouvent intoxiqués après avoir lavé leurs aliments avec de la javel.  Mais laver ses fraises ou ses asperges avec ce produit, même dilué, peut causer des « maux de ventre », rappelle la coordinatrice de toxicovigilance de l’Anses, Sandra Sinno-Tellier au micro d’Europe 1.  « Pour les nettoyer, il faut les laver à l’eau claire, les essuyer avec un essuie-tout jetable, et si possible éplucher ce qui peut l’être. » Explique cette dernière.

Laver ses animaux domestiques au désinfectant

La peur de la contagion entraîne également des comportements dangereux à l’égard des animaux domestiques. Certains maîtres utilisent du détergent ou encore du gel hydroalcoolique pour désinfecter leurs chiens et chats. Un phénomène qui inquiète l’ordre des vétérinaires. Ce dernier alerte les propriétaires contre les dangers de l’utilisation de ces produits sur un animal domestique. En effet, sur les réseaux sociaux, les images de chiens brûlés par ces produits se multiplient. Selon France Bleu Haute-Savoie, certaines vétérinaires de la région auraient constaté des intoxications et des brûlures cutanées à cause de l’utilisation de désinfectant sur les chiens et les chats. Ils ont également soigné « des animaux en coma éthylique après avoir été lavés au gel hydroalcoolique ». Les vétérinaires rappellent sur leur page Facebook qu’il est « inutile de nettoyer son chien au retour de promenade » ou alors simplement en utilisant de l’eau et du savon adapté. A noter que l’agence sanitaire Anses et l’Organisation de la santé animale (OIE) considèrent la transmission via les animaux comme peu probable. Il est toutefois recommandé aux propriétaires de se laver régulièrement les mains lorsqu’on s’occupe de son animal.

Se confiner 3 semaines mais aller se promener « parce qu’il fait beau »

 Un relâchement a été observé partout en France avec le retour du beau temps. Le virus continue pourtant sa progression a prévenu le directeur général de la santé, Jérôme Salomon. En effet, avec plus de 10 869 morts, soit trois fois plus que la Chine, la France fait toujours partie des pays les plus touchés par l’épidémie. Mais il semble que l’arrivée du printemps fasse oublier l’hécatombe qui a lieu dans les hôpitaux. Selon C news, les soignants s’alarment d’un imminent regain d’afflux de patients dans les hôpitaux du pays. D’après leurs prévisions, un bond des admissions pourrait avoir lieu dès ce jeudi 9 avril. Interrogée ce mardi 7 avril par franceinfo, Lila Bouadma, médecin, professeur de médecine et spécialiste en médecine interne et réanimation, déplore la présence démesurée de personnes dans les rues le week-end dernier. « Ce qu’on a constaté était désespérant […] Quand on a vu les gens dans la rue on a compté les jours. Puisque le temps d’incubation est d’environ cinq jours, nous nous préparons à un jeudi noir », déclare la professionnelle de santé. Avant elle, le professeur Jean-François Delfraissy, figure majeure de la lutte contre le sida en France, s’est lui aussi beaucoup inquiété d’un certain regain de désinvolture d’une partie de la population face au confinement. Selon l’immunologiste, le non-respect du confinement est ainsi ni plus ni moins qu’une « forme de suicide collectif ».

Harceler son voisin(e) soignant

Tandis que les élans de solidarité envers le personnel soignant se multiplient partout dans le monde. Ces derniers font l’objet de menaces émanant de leurs voisins ou propriétaires inquiets d’être contaminés par le coronavirus. Sur les réseaux sociaux, les photos des messages laissés sur les halls d’immeuble, portes ou encore pare-brises déferlent. Et certains ne s’arrêtent pas aux menaces. À Paris, un service de sécurité a été mis en place pour la protection du personnel médical après plusieurs agressions de soignants. Des gardes du corps les attendent au bout du quai et les escortent jusqu’à l’hôpital. Un phénomène auquel la police nationale a décidé de réagir en rappelant sur Facebook que cet acte est puni par la loi “Ils sauvent des vies chaque jour. Pourtant, leurs voisins les accusent de répandre le COVID-19 à cause de leur profession (ce qui est faux): vous êtes nombreux à vous indigner des menaces subies par certains soignants lorsqu’ils rentrent chez eux. Vous êtes victime de tels actes ? Sachez-le : nous ne les laissons pas impunis” peut-on lire sur leur page Facebook.

 Se protéger du coronavirus mais se diriger vers la cirrhose

Apéro en visio, isolement, angoisses…. Dans le contexte actuel, les raisons pour consommer de l’alcool se multiplient. Si bien que l’on peut lire sur le site drogue.gouv.fr. que « des hausses de la consommation d’alcool au domicile sont possibles ». C’est également ce que redoutent plusieurs médecins, dont Jérôme Palazzolo, psychiatre spécialisé dans l’addictologie à Nice. « Le confinement peut tout à fait majorer l’angoisse, le stress et dans ce cas l’alcool ou le tabac peuvent être consommés à visée thérapeutique. Ce sont deux substances qui ont des effets sur certaines zones du cerveau, qu’on appelle la zone de la récompense. Il faut donc rester vigilant dans ce contexte » a-t-il déclaré à France Bleu le 31 mars dernier. Même son de cloches du côté de nombreux experts « Les liens entre les situations de stress traumatique et la consommation sont tout à fait établis. On répond avec les moyens du bord habituels, calmants, alcool, drogues récréatives”, déclare ainsi Philippe Batel, psychiatre et addictologue, à l’AFP. Le docteur Bernard Basset, président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), est aussi de cet avis. “L’angoisse peut mener à des comportements addictifs chez une fraction de la population » a souligné ce dernier sur France info.

Les apéros virtuels ont aussi leur part de responsabilité dans la recrudescence de consommation d’alcool.  Depuis le début du confinement, amis, collègues, familles, peuvent partager des moments tous ensemble grâce à des applications comme Zoom ou Houseparty.

Morgane Guillou, maître de conférences et professeur hospitalier en addictologie à Brest, a confié au Télégramme que ce phénomène participerait à « la banalisation et la normalisation de la consommation d’alcool comme si c’était la seule alternative. Comme si elle entretenait l’illusion du maintien du lien »

Essayez ainsi de privilégier des activités comme les cours de sports en visio, le lien sera maintenu et votre foie préservé pour l’été.

 

 

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