Le retour en force du covoiturage

Le retour en force du covoiturage

Publié le 26 juin 2020

Après trois mois d’arrêt d’activité quasiment total, le covoiturage a fait son retour dans les grandes villes françaises. Avec l’envie de s’imposer, une bonne fois pour toutes, comme un mode de transport fiable.

Entre le vélo et le métro, le covoiturage est en train de s’imposer comme une alternative crédible de déplacement pour les citadins. C’est ce que confirme un sondage réalisé par la plateforme de covoiturage citadin, Citygo, début mai. Selon cette étude, 71 % des personnes interrogées préfèrent le covoiturage aux transports en commun. Un retour en force pour ce mode de déplacement qui ne faisait pas forcément l’unanimité.

Toujours selon les données de Citygo, seuls 20 % des sondés savaient ce qu’était le covoiturage courte distance en 2019. Le confinement est venu mettre le coup de grâce à ce mode de transport en plein développement. « Nous avons enregistré une baisse d’activité de 95 % pendant le confinement, confirme Patrick Robinson-Clough, fondateur de Citygo. Mais nous sommes restés confiants, et nous avons eu raison, car l’activité a repris sur les chapeaux de roues. » Pour tenir le coup, le fondateur de la PME réduit ses coûts marketing de 100 % et prend son mal en patience.

Une croissance de 400 %

Le 11 mai 2020, c’est le déconfinement, et la fin du calvaire. La ministre des Transports elle-même encourage alors les salariés à utiliser le covoiturage. Un message qui semble être pris au pied de la lettre. Citygo enregistre une croissance de 400 %, avec une hausse de 200 % du nombre de ses utilisateurs actifs. Concrètement, cela représente 60 000 trajets au mois de mai et 150 000 en juin. Des chiffres en nette hausse mais qui restent toujours inférieurs aux 200 000 trajets mensuels habituels.

Alors pourquoi cette confiance pour le covoiturage ? La première raison semble être par défaut : ce mode de transport est moins anxiogène que les transports en commun. Et tous les salariés ne sont pas forcément équipés de vélos ou assez à l’aise pour les utiliser pour des longues distances. Les mesures de sécurité sanitaires peuvent aussi rassurer : port du masque obligatoire, un seul passager par véhicule (le conducteur devant et le passager sur la banquette arrière).

La bataille des voies réservées

Ce développement du covoiturage citadin est aussi l’occasion de militer pour les voies réservées à ce mode de transport. « C’est le moment ou jamais de lancer les voies réservées pour le covoiturage, que beaucoup d’autres pays ont mis en place et qu’on attend toujours en France », tente de convaincre Julien Honnart, président et fondateur de Klaxit, PME spécialisée dans le covoiturage courte distance. En effet, en Europe, on compte déjà des voies de covoiturage à Amsterdam, Madrid ou encore Bristol. En France, une seule voie réservée aux véhicules à occupation multiple existe. Elle se situe entre la ville de Gallaird (Haute-Savoie) et Thônex (Suisse).

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