Brisons les tabous autour de la féminité

Brisons les tabous autour de la féminité

Fem Box

Petite nouvelle sur le marché des box surprises, Fem Box célèbre les féminités. Tous les deux mois, elle renferme un assortiment d’objets et de lectures sur un thème féminin bien choisi. Avec cette box, sa fondatrice Bettina Zourli souhaite briser les tabous, faire réfléchir sur nos rapports au corps féminin. Elle encourage également l’esprit de sororité et l’entraide en mettant en avant des entrepreneures, des créatrices et des artistes.

Bettina Zourli est autrice*, rédactrice et féministe à plein temps. À bientôt 29 ans, elle s’attaque aux nombreux tabous et injonctions qui entourent encore les femmes et leur corps. Menstruations, plaisir féminin, relation à son corps, affirmation de soi, autant de sujets que Bettina Zourli aborde dans ses box. Son ambition est d’informer et de provoquer une prise de conscience. Selon elle, ce sont des constructions sociales qui enferment les femmes, et les hommes, dans des cases, les limitant dans leur épanouissement personnel. Bettina Zourli revient sur les origines de Fembox et sur ses convictions.

Pourquoi briser les tabous autour de la féminité ?

La première Fem Box du mois de mai abordait la sexualité féminine vue au travers de ce petit organe souvent méconnu : le clitoris. Pourquoi a-t-il été invisibilisé ? Comment le désir féminin a été mis en retrait ? Fem Box propose de répondre à certaines de ces questions au travers de lectures, illustrations et objets. En juillet, les corps d’été étaient à l’honneur. La box proposait cette fois-ci de comprendre l’origine des complexes physiques que ressentent les femmes à l’arrivée des beaux jours. Vous l’aurez donc compris, derrière cette jolie boîte, Bettina Zourli traite d’injonctions bien réelles et défait les tabous. « Je pense que même si on a envie d’accéder à un mieux-être, nous sommes encore bridées par des croyances limitantes. Ce sont des constructions sociales. Le savoir permet de les déconstruire, de se dire qu’en fait il n’y a rien de limitant chez soi, seulement un horizon de possibles », explique-t-elle. En défaisant ces idées reçues, Bettina Zourli souhaite offrir des outils pour libérer les femmes de ces injonctions qui pèsent sur elles.

Mais dans son travail de démolition, l’entrepreneure n’oublie pas de s’adresser aux hommes. « C’est une grande question du féminisme. Je pense que les hommes sont eux aussi victimes de tous ces dictats. Au niveau du corps mais aussi de ce qu’on attend d’eux dans la société », souligne-t-elle. De fait, on attend souvent des hommes qu’ils soient des leaders, qu’ils affirment leur virilité, leur violence. Dès lors, le but de Fem Box n’est pas de créer une différence entre les sexes, mais plutôt de déconstruire les stéréotypes qui existent des deux côtés. « Je pense qu’il y aura une box sur le mythe de la virilité », confie Bettina Zourli. Elle ajoute : « Je pense que la société « patriarcale » dans laquelle nous vivons aujourd’hui limite les hommes autant que les femmes. Elle enferme les deux sexes dans des schémas que l’on pense devoir reproduire. »

Déconstruire pour plus d’égalité

Bettina Zourli se définit volontiers comme féministe. « Je suis en faveur de l’égalité entre les sexes et les genres », précise-t-elle. Elle ajoute : « À partir de là, j’essaye au quotidien, à mon échelle, de mettre en lumière toutes les inégalités qui existent, toutes les constructions sociales, afin que chacun puisse à son tour déconstruire et prendre conscience que nous ne sommes pas obligés de rentrer dans les cases qui nous sont assignées ». La fondatrice de Fem Box s’efforce alors de révéler certaines inégalités tangibles comme la différence entre les congés maternité et paternité, l’égalité salariale, les violences conjugales etc.

L’entrepreneure pointe notamment du doigts certaines lois qui vont à l’encontre de l’égalité homme/femme. Elle donne l’exemple du congé parental qui, selon elle, illustre parfaitement le mécanisme des inégalités entre les femmes et les hommes. Car la loi ne prévoit que onze jours de congé paternité, alors que le congé maternité, lui, est beaucoup plus long. Des hommes qui voudraient s’occuper de leur enfant n’en ont donc pas la possibilité. « C’est de cela que va découler certaines inégalités dans l’entreprise : on va moins embaucher de femmes, leur proposer moins de promotions, etc. », démontre Bettina Zourli. Elle imagine alors les bienfaits d’un congé paternité obligatoire : « Il n’y aurait plus cette discrimination à l’embauche ». De fait, s’il existait une égalité de congés, peut-être que les employeurs ne poseraient plus cette terrible question à leurs futures collaboratrices : « Envisagez-vous d’avoir des enfants ? ». Ou peut-être même qu’ils la poseraient aussi aux hommes.

Les féminités célébrées

Grâce à sa Fem Box, Bettina Zourli nous invite donc à redéfinir la féminité. Elle insiste d’ailleurs sur le fait qu’il n’existe pas une seule féminité mais une multitude. « Je mets féminité au pluriel parce que, pour moi, elle est propre à chaque femme. Qu’elle soit née femme ou qu’elle se reconnaisse comme tel, chacune a sa définition ». Et de souligner ce point essentiel : « Mon but n’est vraiment pas de créer de nouvelles injonctions, mais de libérer la pensée de toutes ces normes. Pour se recréer et s’écouter soi-même ». Car bien souvent, c’est quelque chose qu’on oublie, trop occupés à tenter de cocher les cases sur la liste de la vie : se mettre en couple, avoir des enfants, acheter une maison. Or, cette stabilité, Saint-Graal de la société occidentale, ne convient pas à tout le monde. Et ce n’est pas grave.

Le message que souhaite faire passer Bettina Zourli paraît très simple. Pourtant, cela ne fait pas de mal de le répéter : « Il ne faut pas douter de soi. Si on a l’impression de ne pas rentrer dans le moule, ce n’est pas plus mal. Et si on a envie d’y entrer, ce n’est pas un défaut ». Elle invite donc son entourage, sa communauté et ses clients à se poser la bonne question : « Est-ce que je fais les choses pour moi ? Est-ce qu’elles font sens pour moi ? Ou est-ce que je les fais pour coller à des modèles ? »

*Bettina Zourli est l’autrice d’un essai paru en 2019 : Chilfree, je ne veux pas d’enfants.

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