Ces milliardaires qui veulent sauver le monde

Ces milliardaires qui veulent sauver le monde

Milliardaires philanthropes

Parmi les 500 milliardaires que compte le monde, nombreux sont ceux qui souhaitent réinvestir une partie de leur fortune pour sauver l’humanité. Éducation, préservation de la planète ou encor10e politique… la philanthropie des milliardaires embrasse toutes les causes. Opportunisme pour certains ou véritables convictions pour d’autres. Petit tour d’horizon de ces milliardaires prêts à changer le monde.

Milliardaires et philanthropie : un modèle venu d’outre-Atlantique

Leur fortune se compte en milliards et ils sont bien décidés à la partager. Initiée à partir du 20e siècle par Rockefeller et sa fondation, la philanthropie fait partie intégrante des codes du milliardaire américain. En effet, face à l’absence d’État social et d’impôt sur la fortune, celui qui ne donne pas est très mal vu. Et cela, les milliardaires l’ont bien compris. Outre-Atlantique, la philanthropie représente ainsi 374 milliards de dollars par an. Des dons faits à l’aune des convictions de ces super riches. Ainsi Bill Gates et son épouse Melinda, dont la fortune personnelle est estimée à 96,5 milliards de dollars (selon le classement Forbes), se sont donnés pour mission de sauver l’humanité à travers la Fondation Bill et Melinda Gates. Ils interviennent ainsi dans plus d’une centaine de pays sur les questions de lutte contre la pauvreté, de protection de la santé ou encore d’éducation. La fondation va par exemple fournir aux citoyens de Seattle un kit de prélèvement pour savoir si oui ou non une personne est infectée par le Coronavirus.

Avec 4,5 à 4,7 milliards de dollars de budget, elle se place ainsi comme le plus grand mécène au monde. En effet, depuis sa création en 1994, 45 milliards de dollars ont été versés à des œuvres charitables, soit le PIB de la Serbie. Mais son implication pose la question de ses véritables convictions. Ainsi dans une interview consacrée à France inter, le journaliste Lionel Astruc, raconte que la fondation aurait une certaine vision du monde bien éloignée de ses bonnes intentions affichées. Il dépeint le portrait d’un Bill Gates obsédé par la technologie et convaincu que les OGM vont sauver le monde. Il raconte également que ce dernier cherche, à travers sa fondation, à imposer ses solutions et ses propres politiques de R&D aux pays en développement. De plus, un trust dont les seuls administrateurs sont Bill et Melinda Gates investirait dans des activités peu éthiques « Ce fond de dotation alimente les fléaux contre lesquels prétend lutter la fondation, affirme Lionel Astruc. Industrie de l’armement, malbouffe, OGM, industries d’extraction minière, pétrole… On est très loin de l’intérêt général » a-t-il aussi déclaré à France Inter.

Le 3e homme le plus riche du monde, Warren Buffet, se place également comme l’un des principaux donateurs de cette fondation. Considéré comme le plus grand investisseur à succès du 21e siècle, le milliardaire s’est engagé à donner 99% de sa richesse à des œuvres philanthropiques. Depuis 2006, il a cédé près de 45 % de ses participations dans sa holding, Berkshire Hathaway, à travers des dons annuels, dont le montant cumulé s’élève à 34 milliards de dollars. En 2010, les deux milliardaires lancent la campagne The Giving Pledge dont l’enjeu est d’inciter les milliardaires à donner la moitié de leurs fortunes à des œuvres caritatives.

Un appel auquel a refusé de répondre Jeff Bezos et qui lui a valu de vives critiques. Pour palier la polémique, le fondateur d’Amazon a récemment annoncé qu’il consacrerait 10 milliards de dollars à la lutte contre le réchauffement climatique. Un revirement assez radical par rapport à la  récente politique d’Amazon concernant l’écologie. L’entreprise aurait menacé certains salariés d’un licenciement en raison de critiques adressées à la direction concernant son engagement écologique jugé trop timide. Depuis, Jeff Bezos a pris le pli. En 2018, il entre dans le cercle des 50 premiers donateurs annuels américains et gagne le titre de premier mécène de l’année grâce à un don de 2 milliards de dollars. Un montant équivalent à 1,3% de sa fortune. En plus du financement de petits projets comme le Musée de l’histoire et de l’industrie de Seattle (10 millions de dollars), le laboratoire de neurosciences à l’université de Princeton, le fondateur de la Marketplace la plus célèbre au monde a aidé au financement de la campagne de défense du mariage gay avec 2,5 millions de dollars.

Il se place également comme un ardent défenseur du journalisme avec un chèque d’1 million de dollars au profit d’un comité en faveur de la liberté de la presse et l’achat du Washington Post, en difficulté. À noter également, qu’Amazon n’a versé aucun impôt fédéral en 2017 et 2018. C’est aussi le cas de Facebook, dont le procès s’est ouvert le 18 février dernier. Le fisc américain, l’IRS, réclame ainsi 9 milliards d’arriérés d’impôts à la plateforme fondée par Mark Zuckerberg. En 15 ans, ce dernier aurait accumulé plus de 70 milliards de dollars. Un argent qu’il a décidé de redistribuer à travers la création de la Chan Zuckergerg Initiative, une entreprise caritative à laquelle il a fait don de 99% des actions qu’il détenait dans Facebook soit 48 milliards de dollars. En réalité, selon CNBC, le fondateur de Facebook et sa femme auraient seulement donné 1,8 milliards de dollars cumulés à la fin de l’année 2018. La raison d’être de la fondation pose également question. Cette dernière revête un caractère un peu hybride du fait de son cadre juridique souple et de sa capacité à générer des profits. La CZI a par exemple investi dans une start-up qui agit au Nigéria et au Kenya pour former des développeurs informatiques et les mettre en contact avec des employeurs. Mark Zuckerberg a promis de réinvestir ses profits dans des projets solidaires. Le duo de Google n’est pas en reste. De 2000 à 2017, Sergey Brin a donné 37,5 Mds$ (6% de sa fortune) et Larry Page plus de 38,5 Mds$ (4%) dont une partie a servi à financer de nombreuses recherches pour lutter, par exemple, contre la maladie de Parkinson.

Loin du milieu de la tech, il y a aussi celui que le magazine Forbes aime appeler le James Bond de la philanthropie : Chuck Feeney. Après avoir fait fortune, le créateur de la marque Duty Free a fait don de 99,9% de sa fortune soit 8 milliards de dollars. Tout en gardant son anonymat, il a investi dans la santé, l’éducation ou encore la recherche. Des initiatives qu’il a décidé de rendre publiques en espérant créer de nouvelles vocations.

L’Écologie : la nouvelle mouvance de la philanthropie

Face à la crise climatique, de nombreux milliardaires se sont engagés pour l’écologie. À l’image de la légende de Wall Street Jeremy Grantham qui a déclaré vouloir consacrer 98% de sa fortune à la préservation de l’environnement. Grand défenseur du climat, Michael Bloomberg s’est même lancé dans la course à la présidence des États-Unis pour venir à bout de la crise actuelle. Avant de jeter l’éponge au profit de Joe Biden, l’ancien maire de New York a engagé plus de 560 millions de dollars pour sa campagne et a même acheté le mot « climat » sur Google AdWords.

Ainsi selon Le Monde, sur les 400 milliardaires que comptent les États-Unis, on enregistre 10 milliards de dons par an, soit seulement 0,4 % de leur patrimoine. Dans une lettre adressée à tous les candidats à l’élection présidentielle de 2020, certains super riches exigent tout de même de payer plus d’impôts. Parmi eux, Georges Soros, le cofondateur de Facebook ou encore l’héritière Abigail Disney.

 

Newsletter Widoobiz

Toute l'actualité business dans votre boîte mail.

0 commentaires

Laisser un commentaire