Maroc : l’art comme vecteur de changement social

Maroc : l’art comme vecteur de changement social

Publié le 23 août 2020

Dans le Royaume, le confinement a donné naissance à Interval. Un collectif à but non lucratif dont l’ambition est d’élargir l’accès à l’art dans le pays, avec le digital pour levier.

Depuis le début de la pandémie, les initiatives culturelles se sont multipliées à travers le monde. Le Maroc ne fait pas exception. La période de confinement qui a mis à l’arrêt le pays durant plus de 3 mois, a permis à 4 amateurs d’art et de culture de s’associer pour fonder le collectif à but non lucratif Interval.  Il s’agit de Amina Debiche, cofondatrice de la plateforme de digitalisation de collections d’art The Open Crate, Omar Benmoussa et Oussama Garti, architectes ainsi que Hamza Slaoui, industriel. Leur ambition ? Élargir l’accès à l’art, créer une culture du débat et promouvoir des projets éducatifs à fort impact social. « Nous voulons penser et co-construire avec les acteurs de l’écosystème des projets nouveaux qui favorisent la créativité et l’innovation. Nous souhaitons également échanger avec des artistes, des curateurs, historiens, écrivains, institutions culturelles, étudiants et toute personne qui partage la même excitation et fascination pour la création artistique. Par ces différentes actions, nous aspirons à promouvoir une nouvelle « avant-garde » et des manières de pensées créatives et inspirantes » résume le communiqué.

Une initiative née du confinement

« Cela s’est fait de façon très spontanée. On ne se connaissait pas et Hamza Slaoui nous a présentés car il savait que nous partagions les mêmes valeurs et que nous avions, tous les quatre, soif de changement. Une soif que cette crise a amplifiée » explique Oussama Garti, architecte et cofondateur du collectif, avant d’ajouter « Il fallait faire quelque chose, le secteur de la culture allait souffrir et il fallait l’outiller ». C’est là qu’est née l’idée d’Interval « L’idée était de partir de cette idée simple et la co-construire ensuite avec les acteurs du monde l’art. En effet, la culture artistique est hyper riche au Maroc, mais elle repose toutefois sur une structure assez poreuse. » regrette Oussama Garti. C’est la raison pour laquelle l’initiative séduit. Artistes, curateurs, historiens ou encore collectionneurs se joignent ainsi au débat. L’idée est de « Les faire parler, de les inciter à échanger. L’enjeu est de porter la voix du monde de l’art, pas seulement au Maroc mais aussi par-delà les frontières » confie Omar Benmoussa, architecte et cofondateur du collectif. Pour Oussama Garti, il s’agit aussi de challenger le monde de l’art marocain. « Les acteurs présents feront toujours le même travail s’ils ne se trouvent pas challengés. Au Maroc, on manque de prise de risque et d’envie de créer » déplore ce dernier. Devant l’urgence, les premières actions du collectif ne se sont pas faites attendre. Parmi elles, une expo-vente digitale à fort impact social.

Une Expo vente au profit de l’institut Tahar Sebti

Dès le mois de juillet, les œuvres de 21 artistes marocains sont ainsi exposés sur la plateforme digitale The Open crate. Nous avons sélectionné 21 artistes, de la scène marocaine, figures de l’art conceptuel au Maroc. On y trouve des artistes émergents tels Said Afifi, Moran Benlahcen ou Younes Atbane et d’autres plus confirmés comme Yto Barrada, Safaa Erruas et Hassan Darsi. Mais le collectif tient à le préciser  » les fonds collectés seront totalement reversés aux artistes ainsi qu’à l’institution Tahar Sebti » une école inclusive, accueillant des enfants en situation de vulnérabilité ou en situation de handicap. « C’est une institution où l’art est utilisé comme vecteur de l’innovation pédagogique. L’idée est de dupliquer leur modèle pédagogique un peu partout au Maroc, à travers la création d’un kit pédagogique pour lequel les artistes de l’exposition collaborent » rappelle Oussama Garti.

Tech et art : le combo gagnant

L’exposition qui réunit ainsi 54 œuvres est entièrement digitalisée. Elle se déroule ainsi sur la plateforme digitale The Open Crate créée par l’une des cofondatrices du collectif.  Il s’agit là d’une solution digitale pionnière focalisée sur la préservation et valorisation du patrimoine culturel de la région Moyen-Orient et Afrique. La plateforme permet ainsi de faciliter la gestion des collections d’art pour les collectionneurs, artistes, et institutions culturelles. « Pour i n t e r v a l, The Open Crate a développé une plateforme intuitive qui répond aux attentes nécessaires à l’évolution du marché de l’art, et créé de nouvelles opportunités pour les différents acteurs du paysage culturel marocain. Grâce à cette interface, nous serons en mesure d’utiliser des outils performants et modernes afin de permettre à notre audience de découvrir et interagir avec les œuvres d’art d’une manière nouvelle, et d’offrir aux artistes une plus grande visibilité au niveau international » fait valoir le communiqué. Le collectif en est persuadé : le digital est un levier incontournable pour le monde de l’art. Et le Webinar qui s’est déroulé le 22 juillet dernier vient affirmer ce constat.

« L’idée était de faire une série de webinar autour de la création, donner la parole à différents acteurs du milieu et les amener à échanger entre eux » souligne Omar Benmoussa. Le premier a ainsi rassemblé Meriem Bennani, jeune artiste marocaine expatriée aux Etats-Unis- et qui a vu, ses œuvres exposées au  Moma, à la Biennale de Shanghai ou encore à la Serpentine Community Gallery de Londres- ainsi que SHobi,  un rappeur marocain. La discussion a été modérée par Myriam Ben Salah, une écrivaine et curatrice franco-tunisienne, actuellement directrice de la Renaissance Society de l’Université de Chicago.  « Des rencontres que l’on tient tout de même à dupliquer lors d’événements physiques » conclut Oussama Garti.

 

 

 

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1 commentaire

Maroc : l’art comme vecteur de changement social??????
vous êtes tous des zombies de l’école de Francfort , c'est exactement ce qui a théorisé margaret mead et kurt lewin, tout ce monde pseudo artistique au Maroc, a la "fils a papa ou un misérable qui essaye de s'en sortir par l'art", est le fruit d'un lavage de cerveau .....

oui pour un changement social c est exactement ce qu a voulu l école de Francfort

Par totoche, le 24 août 2020

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