Plan Castex : qu’en pensent les start-up ?

Plan Castex : qu’en pensent les start-up ?

Le Premier ministre a annoncé que 7 des 100 milliards d’euros du plan de relance seront consacrés à la filière numérique dont un peu moins de 4 milliards seront réservés au soutien des start-up. À l’occasion, nous avons interrogé Yves Benchimol, co-fondateur de WeWard pour connaître son point de vue sur ce financement.

Quel est le rôle de la technologie et des start-up au sein de ce plan de relance ? Peuvent-elles être considérées comme des piliers du redémarrage économique de la France?

Le plan de relance annoncé par le Gouvernement est constitué d’un montant de 100 milliards sur 2 ans et est destiné à redresser l’économie française à la suite de la crise de la Covid-19. Ce plan a pour objectif primordial de préparer l’avenir. La crise a montré les faiblesses industrielles de notre pays (comme avec la pénurie des masques) et il semble indispensable d’assurer à la France une position de leader demain via la construction de champions du numérique. C’est pourquoi le Gouvernement réserve une place importante au sein de ce plan de relance aux métiers d’avenir en favorisant la transformation numérique de nos entreprises et des services de l’État mais également en misant sur la formation des métiers du numérique. Les technologies et les start-up constituent un élément clé de France Relance comme le rappel Cédric O, Secrétaire d’État chargé du Numérique et ce n’est pas moins de 7 milliards sur les 100 qui leur sont alloués dont 3,7 directement aux start-up.

 

 

Quelles opportunités présentent ce plan de relance pour les start-up ?  Quelle(s) aide(s) espèrent recevoir les start-up ? Quel(s) type(s) d’accompagnement(s) proposé(s) ?

C’est au niveau des aides BPI que cela va considérablement évoluer. Il a été annoncé une augmentation de 60% de ces aides sur les années à venir. Les dispositifs sont variés avec des moyens importants pour soutenir les levées de fonds, pour proposer des solutions d’emprunt et dans l’allocation des subventions. Un nombre important d’appels à projets dans des domaines très variés comme l’IA, la deeptech, le Cloud, la cybersécurité, l’Edtech ou encore la transition écologique sont disponibles sur le site de la BPI et continuent de sortir au fil de l’eau. Cet investissement massif vise à soutenir des entreprises quelque soit leur stade de maturité, aussi bien en amorçage qu’en phase de croissance et d’industrialisation. En tant qu’entrepreneur, j’attends que ces mesures soient mises en place dans un délai court avec des modalités d’attribution claires. Il est important de se focaliser sur la recherche et l’innovation plutôt que le financement, quand on sait que la durée moyenne d’une levée de fonds est de 6 mois.

 

 

Parole d’entrepreneur : une vision d’ensemble de cet investissement massif. Est-ce suffisant pour sauver les start-up françaises ?

En tant qu’entrepreneurs, nous avons l’impression d’être extrêmement soutenus par le Gouvernement durant cette crise sans précédent. Des mesures comme celle du chômage partiel ou le plan de relance sont une chance inouïe pour pouvoir surmonter les difficultés provoquées par le coronavirus et la période de confinement. Un soutien financier en période difficile permet à des entreprises de continuer à investir dans la recherche et l’innovation plutôt que de réduire ses coûts à court terme. Cependant, il ne faut pas considérer que c’est une fin en soi et que c’est seulement avec des mesures comme celles-ci que nous construirons les leaders mondiaux de l’innovation de demain. À l’échelle internationale, la France est en nette progression mais se situe encore loin par rapport aux leaders mondiaux tels que les États-Unis ou encore Israël, comme le montre l’indice international GII. Nous recensons encore très peu de licornes ou décacornes. Trop nombreux sont les entrepreneurs qui se limitent au marché français, voire européen et rares sont ceux qui s’aventurent outre-Atlantique. Pour cela, les moyens, l’ambition et la folie manquent parfois mais le parcours de certaines sociétés telles que Doctolib, Contentsquare, Datadog sont très encourageants et montrent la voie à des entrepreneurs comme moi.

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