Enquête inédit de Bluelinea : face à la crise, l’avis des seniors compte aussi

Enquête inédit de Bluelinea : face à la crise, l’avis des seniors compte aussi

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Plus susceptibles de contracter une forme grave du virus, les personnes âgées se placent souvent au coeur du débat concernant les dispositifs sanitaires. Quel est l’impact des mesures barrières sur la santé et le moral des seniors ? Comment vivent-ils le confinement ? Quel est leur sentiment concernant les mesures mises en place par le gouvernement ? Ces questions sont souvent soulevées par les journalistes, les experts, le gouvernement. Pourtant, les principaux intéressés se voient parfois exclus du débat. Bluelinea, acteur de référence dans le déploiement de services connectés au domicile de personnes âgées ou en situation de handicap, leur a donné la parole au travers de son enquête « Face au COVID-19 : La vie et l’avis des séniors en France ».

Bluelinea a réalisé entre le 29 septembre et le 6 octobre 2020 un sondage auprès de 1 050 personnes âgées de plus de 70 ans. Ce dernier révèle que les seniors ont plutôt bien supporté le confinement de ce début d’année. En moyenne, les personnes interrogées estiment à 3,34/5 leur vécu de cette période d’isolement. Certains témoignent ne pas avoir ressenti de grandes différences par rapport à leur quotidien en temps normal. Les plus impactés sont toutefois les représentants de la génération 80/90 ans et plus, moins connectés et donc plus touchés par le sentiment de solitude et l’isolement.

Conserver le lien avec leurs proches 

L’enquête menée par Bluelinea révèle que la majorité des seniors interrogés se sont sentis épaulés durant le confinement. 43% ont reçu autant de nouvelles de leurs proches qu’en temps normal. 18% estiment quant à eux qu’ils ont reçu plus d’attention qu’à l’accoutumé. C’est notamment le cas des tranches d’âge les plus élevées. « Mes enfants et petits enfants s’inquiétaient de mon état de santé et vérifiaient que je ne sortais pas pour tout et rien. Ils ne m’ont jamais autant appelée », témoigne une des répondantes âgée de 91 ans.

Afin de garder le lien avec leurs proches, le moyen de communication privilégié reste le téléphone. 95% indiquent préférer cet outil pour échanger avec leur famille. C’est notamment le cas des grands seniors, âgés de plus de 90 ans, qui sont généralement moins à l’aise avec l’outil numérique.

Réunions de familles : comment les proches s’approprient les mesures barrières ?

Alors que les réunions de familles sont considérées comme des évènements propices à la contamination des personnes vulnérables, le sondage de Bluelinea décrit une toute autre réalité. 93,5% des seniors interrogées le disent : leurs proches prennent toutes leurs précautions afin de les protéger lors de rassemblements familiaux. Et bien que l’avancée en âge engendre davantage de précautions de la part de leurs proches, les gestes sont de manière générale bien assimilés. 81% des répondants disent avoir abandonné les embrassades et respecté des distances de sécurité.

Le port du masque, quant à lui, reste plus compliqué au sein du domicile, il devient toutefois un réflexe en présence d’un senior dans 37% des cas. « Mes petits enfants ont pris le réflexe : se laver les mains, me saluer de loin et garder le masque, sauf quand c’est l’heure du goûter, bien évidemment », explique une grand-mère âgée de 85 ans.

Gestes barrières et confinement : que pensent les seniors des mesures mises en place par l’État ?

Concernant les mesures misent en place par l’État depuis la fin septembre, 51% des seniors interrogés les trouvent adaptées. Les plus jeunes seniors s’avèrent cependant plus à l’aise avec ces mesures. L’avis est en revanche partagé quant à l’idée d’un confinement des personnes de plus de 70 ans. 46% des répondant se disent opposés à cette idée quand 43% s’avouent favorables, 11% admettent quant à eux ne pas avoir de réponse sur le sujet. Sur cette question, l’avis des hommes se montre plus tranché que celui des femmes, ils acceptent plus facilement l’idée d’un reconfinement.

Les 80/90 ans sont également plus ouverts à cette idée, le confinement ne changeant finalement pas grand chose à leur situation. Les plus jeunes seniors, âgés de plus de 70 ans, ressentent quant à eux plus vivement les impacts du confinement sur leur quotidien et leur lien avec leurs proches. Ils rejettent donc davantage cette solution et dénonce plus volontiers la stigmatisation qu’une action uniquement « à l’encontre » des seniors représenterait. Ils restent cependant raisonnés, comme le prouvent les propos de cet homme de 71 ans : « On ne souhaite pas être stigmatisés… mais s’il faut se re-confiner pour notre sécurité ou celle de notre famille, alors il faut le faire. Mais déjà que chacun respecte les gestes barrières. »

Les seniors gardent le moral malgré la crise

Depuis septembre et face à la recrudescence du virus, 56% des seniors interrogés dans l’enquête de Bluelinea se disent inquiets. On note cependant que plus ils avancent en âge, plus ils vivent sereinement la situation. Les plus jeunes seniors doivent pour certains gérer leurs propres parents, enfants et petits enfants, ce qui peut leur procurer du stress supplémentaire.

Malgré la situation actuelle, source d’anxiété, les seniors gardent un bon moral. À la veille de nouvelles restrictions et alors que le virus continue de circuler, ils évaluent à 6,43/10 leur état émotionnel. Une note plutôt haute compte-tenu de la période. Cette note tend cependant à diminuer en fonction de l’âge du répondant (6,57 pour les jeunes seniors, 6,26 pour les seniors et 6,05 pour les grands seniors). « Le moral on n’a pas le choix, il faut bien le garder ! », déclare une répondante de 88 ans.

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1 commentaire

Bien sûr que les seniors doivent vivre différemment : il ne faut pas qu'ils empêchent les autres de vivre normalement. Les "jeunes" ont assez payé et ce n'est l'intérêt de personne de ruiner définitivement la France.
Donc, masques ffp2 lavables pour les personnes vulnérables, horaires réservés dans les supermarchés, cinés, musées, voiture réservée dans les trains, impossibilité d'utiliser les métros, rer, bus aux heures de pointe.
Etc etc. Ce qui n'empêche pas de vivre, mais masques en cas de visites de proches ou chez des proches, et pas de restaurants sauf en plein air.
Ce n'est pas de la discrimination, c'est de la prévention.
Il s'agit de créer une bulle d'étanchéité autour des seniors..

Par Arlette, le 06 novembre 2020

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