Vestiaire Collective, une levée de fonds historique

Vestiaire Collective, une levée de fonds historique

En misant 178 millions d’euros chez Vestiaire Collective, le groupe de luxe Kering et la société d’investissement américaine Tiger Global prouvent une chose : l’heure est au digital et à l’économie circulaire pour le secteur de la mode.

C’est un coup de maître pour Vestiaire Collective. La plateforme de revente d’articles de mode d’occasion vient de récolter un tour de table de 178 millions d’euros auprès du géant du luxe Kering, de la société d’investissement américaine Tiger Global Management et de ses investisseurs historiques comme Bpifrance ou Condé Nast.

Une opération qui s’inscrit dans un contexte plus que tendu pour l’industrie de l’habillement. Selon l’Institut français de la mode, 2020 est définitivement une année à oublier avec un chiffre d’affaires qui a chuté de 55 % dans le secteur, notamment à cause du manque de la clientèle touristique.

Le digital, sauveur du secteur

Seule lumière dans ce sombre tableau : le digital. Les ventes en ligne ont bondi de 42 % en 2020, de quoi donner envie de mettre quelques deniers dans ce secteur porteur. C’est en tout cas la stratégie du groupe de luxe Kering, qui détient entre autres les marques Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga ou encore Alexander McQueen.

« Le luxe de seconde main est désormais une tendance réelle et profonde, en particulier parmi les jeunes consommateurs. Plutôt que de l’ignorer, nous voulons au contraire saisir cette opportunité pour continuer à améliorer les services proposés à nos clients et orienter l’avenir de notre secteur vers des pratiques plus innovantes et plus durables », confirme François-Henri Pinault, P-DG de Kering dans un communiqué commun avec Vestiaire collective.

Le seconde-main à la cote

Le secteur de la mode de seconde main connait en effet un essor remarquable depuis trois ans. Accélération qui aurait même pris de l’ampleur avec la pandémie survenue en 2020. « La part des pièces de seconde-main dans la garde-robe des particuliers devrait passer de 21% en 2021 à 27% en 2023, et le marché de seconde-main devrait atteindre plus de 60 milliards de dollars d’ici à 2025 », confirme le communiqué diffusé le 1er mars par Vestiaire Collective.

Pour Kering et Tiger Global (société d’investissement américaine spécialisée dans la technologie), outre un investissement dans un secteur porteur, les groupes gagnent aussi en image de marque avec un engagement plus écolo, plus jeune, et donc plus vendable. De son côté, Vestiaire Collective rassemble des deniers essentiels pour consolider sa présence en Amérique du Nord et accélérer ses avancées en innovations technologiques. Avec cette levée de fonds, l’entreprise créée en 2009 s’offre aussi le précieux statut de « Licorne ». Elle rejoint ainsi les quelques Français qui ont décroché ce Graal de la startup nation.

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