L’utopie : cet idéal dangereux qui guide notre société

L’utopie : cet idéal dangereux qui guide notre société

Publié le 6 avril 2021

Qui n’a jamais rêvé à un monde meilleur, et qui ne s’est jamais surpris à le penser ? De Platon à Jules Verne en passant par Voltaire, nombreuses sont les grandes figures qui se sont prêtées à l’exercice de repenser une société idéale, leur société idéale. Mais ne dit-on pas que lenfer est pavé de bonnes intentions ?

 C’est à Thomas More que l’on doit l’existence du mot utopie. Dans son ouvrage, L’Utopie. Traité de la meilleure forme de gouvernement,  paru en 1516, il décrit une société paisible où les hommes vivent libres et en harmonie avec la nature. Mais on découvre également que l’auteur, en tentant de gommer les problèmes qui rongent la société anglaise de son époque, en créé, malgré lui, de nouveaux. Ainsi Thomas More, propose comme alternative à la peine de mort, l’esclavage ; Dans Utopie, on tue également les conspirateurs contre « la liberté » et si la population augmente, on s’empare des terres d’autres peuples, sous prétexte de moralité. Une idéologie qui semble sous bien des aspects irriguer les réflexions du monde moderne, ainsi que celle de nos politiques.

Ainsi, par idéal de laïcité, on interdit les sorties scolaires aux mères voilées accompagnatrices, par idéal de morale, on efface du paysage des personnalités soupçonnées d’avoir fauté, ou encore leurs œuvres, et par idéal de sécurité, on assujettit toute une population. Entendons-nous bien, les intentions sont louables. Des combats tels que défendre la laïcité, condamner des faits immoraux ou encore sauver des vies ne sont pas destinés à être remis en question mais c’est la forme qu’ils prennent aujourd’hui qui me dérange. Ainsi défendre le droit d’une mère à porter un voile pour accompagner son enfant hors de l’école pour des questions de liberté individuelles revient aujourd’hui à s’attaquer à la laïcité, remettre en question la cancel culture vous vaudra d’être taxés de conservatisme et faire valoir d’autres variables que la vie humaine dans un contexte de pandémie revient à être immoral.

Une forme de manichéisme se crée petit à petit, dans les discussions, dans les débats … Une sorte de « si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi. ». Un monde dans lequel les points de vue de chacun s’ostracisent. À croire qu’essayer de, sincèrement, comprendre les idées de l’autre,  résulterait à trahir les siennes. À trahir son utopie…

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