Maroc : un collectif citoyen révolutionne le secteur associatif

Maroc : un collectif citoyen révolutionne le secteur associatif

Publié le 21 juillet 2021

Au Maroc, un collectif citoyen « Dari B7al Nass » a permis d’offrir, grâce au financement participatif, 7 logements à des familles dans la précarité et ce, en moins de deux ans. Comment ? En combinant bouche-à-oreille et réseaux sociaux.

« Changer durablement et positivement le quotidien d’un enfant et sa famille dans le besoin en lui offrant un logement décent », lit-on sur la page Facebook du nom de « Dari B7al Nass » (ma maison comme les autres en arabe). Une mission à laquelle le collectif citoyen se consacre depuis 2019 à travers des initiatives ponctuelles. Le principe ? Durant 21 jours, des « ambassadeurs de la dignité » se mobilisent pour proposer à leurs familles, amis ou encore réseau professionnel l’achat de coupons d’une valeur de 23 euros environ en vue d’offrir un logement décent à une famille dans le besoin. « Lorsque nous avons commencé, nous n’étions que 3, aujourd’hui le groupe compte plus de 50 ambassadeurs qui dédient leur énergie durant 21 jours pour atteindre 1000 contributeurs et réaliser le rêve d’une famille ». raconte Maha Benslimane, la fondatrice de « Dari B7al Nass », qui a déjà réalisé 7 levées de fonds en moins de deux ans.

 Story Telling et bouche-à-oreille

« Tout est parti de la rencontre avec Rania, une petite fille de 6 ans qui vivait avec sa maman dans une maison insalubre » raconte Maha Benslimane. Cette dernière se sent alors investie d’une mission « permettre à Rania de vivre dans de bonnes conditions ». C’est là qu’elle raconte l’histoire de cette petite fille à son entourage « L’idée était de créer de la compassion et non de la pitié. Je n’en parlais pas comme d’une petite fille dans une situation précaire qui avait besoin d’une maison, mais de Rania, 6 ans, qui avait un rêve. Une histoire à laquelle tout le monde pouvait s’identifier » explique cette dernière. Mais selon cette dernière, l’une des clefs du succès de ce groupe d’entraide est surtout le lien de confiance qui existe entre contributeurs et ambassadeurs. Elle raconte « Les premiers contributeurs ont d’abord été ma famille, mes amis et mes collègues. Lorsque j’ai commencé à parler de l’histoire de Rania sur ma page Facebook, des personnes dont je n’avais pas de nouvelles depuis 20 ans ont voulu participer en achetant des coupons et certains m’ont demandé de participer plus activement en proposant eux-mêmes des coupons à leurs proches. » C’est de là que sont nés les « ambassadeurs de la dignité ». En moins de 10 jours, les 1000 coupons dédiés à l’achat du logement de Rania et sa famille ont été vendus « une fois la totalité des fonds recueillis, les gens par dizaines continuaient à nous contacter pour contribuer au rêve de Rania. C’est là que j’ai compris que l’on pouvait en réaliser d’autres ».

Les réseaux sociaux comme levier

Sur La page Facebook « Dari B7al Nass » où la fondatrice du collectif fait état de chaque étape de son initiative, les demandes d’adhésions se multiplient « au début il n’y avait qu’une centaine de contributeurs mais grâce à la magie des réseaux sociaux, le concept a grandi en même temps. Nous nous sommes entourés d’une association qui nous a permis de recueillir les fonds, l’initiative a pu être réitérée 7 fois et a désormais vocation à avoir lieu 4 fois par an. Aujourd’hui, des groupes de personnes se sont formés pour répéter l’initiative dans d’autres villes du Maroc ». Un succès pour Maha Benslimane qui tient à le préciser « Nous voulons que tout le monde s’approprie l’initiative. En effet, nous n’avons pas vocation à remplacer ou créer une association, l’objectif à travers « Dari B7al Nass » est d’accompagner le tissu associatif et de le renforcer à travers différentes initiatives d’intelligence collective ». Des initiatives qui pourraient peut-être  même en inspirer certains au sein de l’hexagone.

 

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