Nextdoor: le coworking, mais pas que…

Après avoir ouvert son premier espace de coworking à Issy les moulineaux et fait de l’ombre à ses voisins de stand sur Viva Technology grâce à ses bouées flamant rose, ses barmaids et son dj, Nextdoor ne cache plus ses ambitions: devenir le leader européen sur son marché. [Interview]

Un collaborateur heureux est un collaborateur productif. Et ça, Nextdoor l’a bien compris. Face à l’explosion du marché du coworking, l’entreprise met le paquet sur le bien être. Avis aux startups et freelances à la recherche de zen attitude, ces espaces ne sont pas pour vous. Entre musique, happy hours et bonne humeur, Nextdoor n’a qu’une seule philosophie, allier business et bien être, comme le clame Stephen André, Co-fondateur et Directeur de la communication.

Widoobiz: Les espaces de coworking explosent, comment Nextdoor se démarque ?

Stephen André: Avant tout grâce à la communauté et à l’ambiance qui règne dans le bâtiment. La plupart des coworking sont contraints. Nous on a des bâtiments assez conséquents. Il n y a pas de lassitude comme il peut en avoir ailleurs. À ça s’ajoute la logique de réseaux: quand vous êtes coworker à Issy-les-Moulineaux, vous pouvez aussi vous poser à Lyon ou à la Défense.

Nous nous démarquons également sur notre offre. Nextdoor a fait le choix de proposer, en plus des abonnements « classiques », un pass journée qui permet à qui le souhaite de réserver à tout moment une journée de travail dans le centre de son choix. C’est ça l’esprit Nextdoor, la volonté de travailler autrement. Et puis, il y a toute l’animation que l’on organise au sein de nos espaces.

W: Mais l’animation, les ateliers, ce sont des choses qui existent ailleurs…

S.A: Nous avons fait le choix chez Nextdoor d’une communauté interne profondément ouverte vers l’extérieure. La logique communautaire existe dans le bâtiment, dans notre réseau mais aussi avec notre écosystème : nos partenaires, les collectivités, les institutions. C’est cette ouverture qui nous permet de fédérer nos résidents et les aide à développer leurs business.

« On a déshumanisé la fonction travail, il faut changer ça »

W: C’est important l’animation dans un espace de coworking ?

S.A: Bien sûr. Pour les startups, c’est  essentiel aussi bien d’un point de vue business que humain. Chez Nextdoor, on est attaché à ce que les gens se sentent bien et à ce qu’ils fassent du business. Les deux ne sont pas antinomiques. Nos ateliers business sont très variés car les entreprises ont toujours besoin d’apprendre. Ce n’est pas parce que vous êtes le comptable par exemple que vous n’avez pas besoin de développer vos compétences en terme de référencement ou de marketing.

W: Vous parlez du côté humain, c’est-à-dire ?

S.A: Notre philosophie chez Nextdoor repose sur le fait que le bien être des collaborateurs est un levier de performance pour l’entreprise. En général, quand vous arrivez au bureau, c’est pour accomplir une tâche. Mais ça, ce n’est plus possible. On a déshumanisé la fonction travail en l’automatisant, maintenant on doit remettre de l’humain, et ça passe par le bien être physique et psychologique des collaborateurs. Les collaborateurs n’ont plus envie d’arriver dans un bureau avec la même plante, assis 10h dans la journée avec les mêmes collègues. Ils souhaitent rencontrer du monde, se stimuler, se sentir bien.

W: Chez Nextdoor, tout le monde est heureux ?

S.A: C’est en tout cas notre priorité. On a créé une ambiance singulière pour chaque espace. Quand vous vous baladez, vous pouvez tomber sur une bouée flamant rose par exemple. On met aussi beaucoup de déco en bois naturel, de la musique. Quand vous ouvrez la porte d’un de nos espaces, la première chose que vous allez voir c’est le bar avec la tireuse à bière. C’est un véritable symbole de convivialité. Nos premiers clients nous le disent, au début ils sont venus chez Nextdoor pour des raisons financières, mais derrière les équipes sont plus épanouies et les startups restent chez nous.

40 à 50% de freelances en 2025

W: Quand on sait que Nextdoor est un bébé de Bouygues Immobilier, on pourrait croire que ce n’est qu’un énième projet immobilier…

S.A: Pourtant, c’est exactement l’inverse ! Certes, il s’agit d’un projet intrapreunarial mais on n’a pas fait de l’immobilier chez Nextdoor. On se sert de l’immobilier comme un outil de travail, et on le refaçonne en fonction des besoins de nos clients pour penser les bureaux de demain. La plupart des espaces de coworking ne sont rien d’autre que de l’hébergement de personnes. Nous, on ne tombera pas dans ses travers là. Si on vend juste des murs, qu’est ce qui va empêcher les gens de partir rapidement ?

W: Aujourd’hui, vous disposez de 5 espaces en île de France, je suppose que vos ambitions sont bien plus vastes ?

S.A: (sourire)  On a la volonté de devenir le leader de l’espace de travail en Europe. Dès le mois de septembre, nous allons inaugurer Lyon, en fin d’année Saint-Lazare et l’année prochaine on compte s’étendre dans toutes les grandes villes de France avec une vingtaine d’espaces. Et ensuite, il y aura l’Europe, mais tout doit se faire étape par étape.

W: Le coworking, c’est l’avenir ?

S.A: C’est même le présent ! On est en train d’aller vers un écosystème de plus en plus innovant, plus souple et plus créatif avec une multitude de startups et de freelances. Aujourd’hui, il y a à peu près 15% de freelances en France, mais les études en prévoient 40 à 50% d’ici à 2025. 50% de freelances, ce sont les chiffres actuels aux États-Unis… Le travail évolue, les mentalités doivent désormais suivre.

Propos recueillis par Julie Galeski

Julie Galeski

Rédactrice pour Widoobiz, Julie Galeski couvre l'actualité des entreprises et des entrepreneurs. Amatrice de Taekwondo et passionnée de sciences-économiques, Julie Galeski tente d'apporter ses valeurs et sa culture dans ses actualités Entrepreneurs & Startups.

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