Greentech, chimie verte : OFFICINEA travaille pour le monde d’après

OFFICINEA est « le premier laboratoire de cleanbeauty connecté ». Les deux associées sont parties d’un constat simple : une femme applique entre 100 et 150 produits chimiques sur sa peau en pensant prendre soin d’elle. 

Deux femmes au projet audacieux. Claire Gaglio, scientifique passionnée par la cosmétique et Candice Colin, entrepreneure féministe, ont donné naissance à OFFICINEA. La startup a crée des produits de beauté et une application « qui subliment les femmes sans compromettre leurs santé ». Dans cet entretien, Candice Colin nous décrit la genèse et les ambitions d’OFFICINEA.

Widoobiz : Vous voulez « changer le monde de la cosmétique par la science », c’est à dire ? 

Candice Colin : Le monde de la cosmétique est à 90% composé de la cosmétique conventionnelle qui est étroitement liée à l’univers pétrochimique. Pour nous, cette cosmétique appartient au « vieux monde ». Nous nous concentrons sur tous les produits qu’on peut produire sans pétrole: on travaille pour le monde d’après les énergies renouvelables, le green, la chimie verte. Donc, oui notre démarche est de construire le monde de demain.

W : Quelle est votre stratégie pour « sublimer [vos] clientes tout en respectant l’environnement » ?

C.C : Nous avons choisi d’effectuer deux types d’activités pour tenter d’offrir un service global à nos clientes. D’abord, nous proposons des produits cosmétiques élaborés dans nos laboratoires. Nous investissons beaucoup dans la recherche et le développement pour produire ce type de cosmétique. Nous nous inscrivons dans le mouvement de la révolution verte. Nous proposons à nos clientes un autre service : l’application CleanBeauty. Grâce à une photo de la composition d’un produit cosmétique, il est désormais possible de déterminer les ingrédients controversés contenus dans le soin. Et surprise, nous avons eu plus de 70 000 téléchargements en 4 mois, ce qui prouve une vraie volonté de la part des femmes de prendre soin d’elles, tout en étant soucieuse de ce qu’elles appliquent sur leur peau.

W : Il y a donc bien chez OFFICINEA une alliance entre Digital (avec l’application) et développement durable (avec les soins) : deux concepts qui sont en vogue en ce moment, est-ce une stratégie ?

C.C : Oui, nous avons décidé de fournir des solutions digitales pour appuyer le développement de nos soins. Il est vrai que le concept de responsabilité sociale des entreprises est au cœur de notre projet entrepreneurial. Nous sommes aux cosmétiques ce que les énergies renouvelables sont à l’énergie! Pour nous, la chimie des années 50 correspond à une époque révolue. Aujourd’hui, nous voulons être un acteur qui emmènera la cosmétique vers l’avenir. Et l’avenir rime aussi avec la digitalisation et le développement durable.

W : Vous pensez que les thématiques liées à la révolution verte intéressent vraiment ? 

C.C : Avec 70 000 téléchargements de notre application en quelques mois et sans budget marketing, je pense que oui, ça parle aux gens. D’ailleurs, le magazine ELLE a récemment publié un article sur notre application et à la fin, il a proposé aux lectrices de répondre à un sondage. Résultat : 90 % d’entre elles étaient prêtes à utiliser Clean Beauty ! Il y a donc, à mon sens, une vraie amorce d’intérêt pour le sujet. Et la médiatisation agit aussi en ce sens.

W : Disséquons un peu plus votre projet entrepreneurial, comment alliez-vous rentabilité et produits qui s’inscrivent dans une dynamique de révolution verte ?

C.C : La majorité des femmes préfèrent les produits cosmétiques sains et peu chers et sur le long terme nous tenterons de répondre à cette demande. Notre objectif reste de proposer des cosmétiques aux plus grands nombre. Néanmoins, nous restons une startup et face aux mastodontes de la cosmétique, nous gardons des coûts de R&D importants. Donc, aujourd’hui, on reste sur des prix encore un peu plus élevés. Mais pour toucher nos clients, nous disposons d’un mode de distribution alternatif : la vente directe. Nous avons un réseau de conseillères qui distribuent les soins directement. C’est une manière pour nous de contourner les maisons de beauté traditionnelles et les enseignes de grande distribution.

W : Quelles sont les ambitions d’OFFICINEA ?

C.C : Nous avons de grandes ambitions. Le marché des cosmétiques est vaste. Il sera donc nécessaire d’entamer une expansion à très court terme en lançant notre application à l’international. Le lancement de la marque dans le monde suivra. Nous allons jouer à fond la carte de la digitalisation en offrant à nos clientes des services annexes mais a très forts contenus. D’ailleurs, nous sommes actuellement en train de travailler sur l’intelligence artificielle pour finir d’achever notre identité qui est un mix entre la boîte techno et la marque de cosmétique.

Propos recueillis par Khadija Adda Rezig 

 

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