Carré d’Artistes ou la bataille de l’art accessible

À la tête d’une quarantaine de galeries dans le monde, Stéphanie Tosi propose des tableaux à partir de 95 euros pour permettre à ses clients de s’offrir une œuvre coup de cœur. Une vision du marché de l’art décomplexée qui a de quoi surprendre.

 

« Nous voulons permettre à tout le monde d’acheter de l’art sur un coup de cœur ». Stéphanie Tosi, la fondatrice et PDG de Carré d’Artistes, s’est fixée un objectif clair et net, démocratiser l’art. Depuis dix-sept ans, cette femme d’affaires parcourt le monde avec son équipe pour convaincre des peintres talentueux de rejoindre son projet.

Le principe est simple : l’entreprise expose des tableaux contemporains dans une quarantaine de galeries réparties dans le monde. Les œuvres, vendues dans un format carré, sont associées à un prix fixe, de 95 euros pour le 13×13 cm, à 3 250 euros pour le 120×120 cm. « En proposant des pièces à des prix uniques, nous démocratisons l’art contemporain et éliminons automatiquement ce système de cotation des artistes qui sévit dans le monde de l’art », analyse la fondatrice.

Créé en septembre 2001 à Aix en Provence, Carré d’Artiste a très vite trouvé sa place et sa clientèle. « Je me souviens encore de la toute première œuvre que j’ai vendue. C’était un Gérard Clisson, un artiste qui travaille encore avec nous aujourd’hui », s’émeut Stéphanie Tosi.

Stéphanie Tosi

 

La fidélité est en effet une valeur clé dans l’aventure Carré d’Artistes. L’équipe, composée de 70 personnes, travaille main dans la main avec les peintres qui y gagnent une belle visibilité et un moyen de rémunération régulier. Aujourd’hui, le collectif fonctionne avec un réseau de 600 artistes. Et la fidélité ne va pas que dans un sens. Les tableaux ont un véritable petit goût de reviens-y pour les clients qui sont nombreux à se laisser retenter. « C’est une sorte d’addiction. Les gens commencent par acheter un petit format, puis ils reviennent pour un plus grand, et puis pour un plus grand… Nous sommes une porte d’entrée artistique », se félicite-t-elle.

« Nous proposons un accès à l’art simple et décomplexé »

 Les grandes galeries où on prend les clients de haut, les ventes à plusieurs centaines de milliers d’euros et les effets de mode sont autant d’éléments qu’exècre la chef d’entreprise, même si elle ne rejette pas complètement ce milieu. « Le marché de l’art doit rester comme ça, c’est aussi ce qui fait le mythe de ce monde. Je pense simplement qu’il y a un marché pour tous les amateurs d’arts. Nous, nous proposons un accès à l’art simple et décomplexé », tempère-t-elle.

L’amour de l’art est quelque chose que Stéphanie Tosi ne s’explique pas. Faisant partie d’une fratrie de sept, « dont aucun membre n’avait de sensibilité artistique », la PDG s’est découvert une passion pour le dessin, la peinture et la danse dès l’âge de 7 ans. Tous les soirs, elle se rend alors aux Beaux-Arts, un rituel qu’elle respecte scrupuleusement, même pendant son école de commerce.

À l’âge de 30 ans, alors qu’elle est directrice des ventes chez Masterfoods (un géant américain de l’agroalimentaire qui vend notamment les marques Mars, Snickers et Uncle Bens), elle décide de tout plaquer et lance Carré d’Artistes avec un de ses collègues.

« Je veux poursuivre notre développement à l’international »

 Dix-sept ans plus tard, elle fourmille toujours d’ambitions pour son projet. « Je veux poursuivre notre développement à l’international, où la culture française est très bien accueillie. Nous devons encore conquérir Londres et poursuivre notre installation aux États-Unis et en Asie. » Une volonté de s’exporter dont elle parlera plus longuement lors de l’événement Bpifrance Inno Génération qui rassemblera plus de 40 000 entrepreneurs à Paris, au sein de l’AccorHotels Arena le 11 octobre 2018. Quant aux critiques, elle les balaye d’un trait : « Certaines personnes crient au loup, car Carré d’Artistes met l’art à la portée de tous. Mais ce n’est pas pour ça qu’on en perd la magie ! » martèle la femme d’affaires qui avoue être toujours transportée par la puissance des tableaux quand elle entre dans une de ses galeries.

 Hélène Faucher

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