Kaana, pour une mode plus éthique 

Kaana, pour une mode plus éthique 

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11000, c’est le nombre de litres d’eau qu’il faut pour fabriquer un seul jean en coton. Face à ce chiffre alarmant Jessica Florez et Diana Fernandes estiment qu’il est grand temps de faire changer les mentalités dans le secteur de la mode et de favoriser une consommation plus responsable. Pour cela, elles créent il y a un an Kaana et remportent le concours EngrainaGES en 2020, une association qui a pour but de promouvoir la création d’entreprises auprès des étudiants.

Budget serré, petites quantités, manque de visibilité : aujourd’hui, un créateur de mode éthique peut mettre jusqu’à deux ans pour trouver le bon fournisseur. Les deux entrepreneures se sont donc données pour mission de les aider à trouver facilement le fournisseur qui correspond à leurs valeurs. Kaana garantit aux créateurs de mode l’éthique de leur fournisseur de tissus grâce à sa charte écologique. Lumière sur deux jeunes entrepreneures qui souhaitent récompenser les petits efforts menant à une mode plus éthique.

Kaana : les premiers pas au côté des créateurs de mode éthique

Aujourd’hui, la mode est la deuxième industrie la plus polluante après le pétrole. Face à ce constat, Jessica Florez et Diana Fernandes ont décidé d’agir. Elles partent à la rencontre des créateurs pour savoir comment elles pourraient les aider à produire une mode plus éthique. Elles s’aperçoivent alors que ces créateurs mettent souvent beaucoup de temps à trouver des fournisseurs correspondant à leur vision. 

Selon Jessica Florez et Diana Fernandes cela est dû au fait que les créateurs de mode éthique ont besoin de petites quantités, alors que les fournisseurs préfèrent vendre en grande quantité. Certains créateurs débutent et n’ont pas forcément de gros budget. Et les fournisseurs manquent de visibilité. C’est pourquoi, les deux créatrices de Kaana ont décidé d’aider les créateurs à trouver leurs fournisseurs de tissus éthiques.

Kaana répond à plusieurs typologies de clients : des jeunes marques de mode éthique qui se lancent, des créateurs de mode éthique qui ont déjà fait une ou plusieurs collections mais qui ont besoin de se différencier, des créateurs de mode « non éthiques » qui ont envie de se tourner vers l’éthique et qui ne savent pas vraiment comment faire. « Cela a beau rester de la mode, c’est quand même deux façons différentes de la concevoir et il faut un accompagnement pour trouver des fournisseurs et comprendre le mode de fonctionnement des fournisseurs éthiques. » ajoute Jessica Florez.

La mode éthique : qu’est-ce que c’est ?

Aujourd’hui, Jessica Florez et Diana Fernandes travaillent donc avec des fournisseurs essentiellement français, voire européens et aident les créateurs de mode éthique, parfois des créateurs de mode « classique », à entrer en contact avec leurs fournisseurs référencés. Ces fournisseurs, elles les trouvent essentiellement sur internet et entrent ensuite en contact avec eux afin d’échanger sur leur vision, sur ce qu’ils font et sur leur façon de produire les tissus. « On a créé une petite charte écologique pour nos fournisseurs. Ce qui nous tient vraiment à cœur c’est qu’ils soient transparents sur tous les critères. » précise Diana Fernandes. 

Ces critères quels sont-ils ? Ceux-ci reposent en priorité sur l’origine du tissu qui doit être le plus naturel possible et ne pas être traité avec des produits chimiques. Vient ensuite l’utilisation de l’eau pour fabriquer le tissu et le traitement des déchets. Le tissu doit également être produit en France ou a minima en Europe. Enfin, les deux entrepreneures s’intéressent à l’aspect humain de la production et vérifient que les conditions de travail des ouvriers sont bonnes. Elles se basent également sur des normes et certifications déjà existantes (ISO, Afnor). 

Il existe cependant quelques éléments rédhibitoires qui peuvent éliminer un fournisseur de la liste de Kaana. Par exemple : une production non-raisonnée, le gaspillage ou encore le greenwashing. « On ne va pas travailler avec un fournisseur qui se dit très écolo alors qu’il ne l’est pas du tout. » insiste Jessica Florez.

Label vs Kaana score, quelle est la différence ?

Les fondatrices de Kaana se basent donc sur un score établi sur ces différents critères. Pour vérifier ces aspects, elles mènent donc un audit auprès de chaque fournisseur. « On part du principe que tous les efforts doivent être récompensés même si le processus n’est pas intégralement éthique. Il peut manquer quelques critères. » explique Diana Fernandes. 

C’est en cela que Kaana se différencie d’un label qui lui va cocher toutes les cases de la charte. « On s’est rendu compte qu’il y a peu de fournisseurs qui rassemblent tous ces critères à 100%. Par exemple, le fournisseur a fait plein de super choses écologiques : il a un vrai savoir-faire, il utilise des matières naturelles, il traite ses déchets etc, mais il n’est pas certifié ou normé, parce qu’une norme ça coûte. Peut-être que pour le créateur ce ne sera pas si grave qu’il ne soit pas normé, et il travaillera quand même avec ce fournisseur : ses efforts seront récompensés. » raconte Jessica Florez.

Deux jeunes entrepreneures au service de l’écologie

Jessica Florez et Diana Fernandes se sont rencontrées à l’école de commerce, la PPA Business School, où elles suivaient toutes deux la spécialisation entrepreneuriat. Chacune avait à l’origine son projet entrepreneurial mais c’est finalement le projet Kaana qu’elles présentent au concours EngrainaGES. Il s’agit d’un concours s’adressant aux étudiants des écoles du réseau GES porteurs d’un projet entrepreneurial.

Sélectionné de justesse pour participer à la compétition elles remportent finalement haut la main le trophée ! « Ça nous a beaucoup aidé parce que dans le lot on a gagné de l’accompagnement au niveau juridique, presse, au niveau du site, du réseaux. Des accompagnements qui nous aident encore aujourd’hui et qui nous ont permis de nous booster. » déclare Diana Fernades. Un accompagnement accompagné d’une petite somme d’argent qui devrait leur permettre de se développer plus tard : les deux entrepreneures envisagent déjà de créer une plateforme digitale sur laquelle les créateurs pourront entrer directement en contact avec des fournisseurs référencés par Kaana.

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