Fidéliser les salariés… à tout prix

Fidéliser les salariés… à tout prix

C’est un des paradoxes de notre économie. D’un côté un taux de chômage toujours très élevé (malgré le net recul enregistré) et de l’autre, des entreprises à la peine pour recruter certains profils pénuriques.  Sur ce marché pour le moins étrange, une chose est sûre : retenir ses talents n’est plus une option, mais une nécessité. Lucas Santenac, [Responsable animation commerciale du marché TPE Ile-de-France chez Harmonie Mutuelle] nous explique pourquoi.

« Pourquoi une entreprise a-t-elle tout intérêt à fidéliser ses salariés ? Pour des raisons financières, humaines et de productivité. Un salarié qui part doit être remplacé. Or un recrutement prend du temps, et le temps c’est de l’argent. Une fois le remplaçant recruté, il faudra le former, plus ou moins selon le poste ou le profil. Ce qui engendre encore des frais pour l’entreprise. L’impact financier se traduit en frais… mais aussi en pertes. Ce qui a été dépensé en formation pour le salarié part avec lui. Et dans certains cas, celui d’un commercial qui partirait avec son carnet d’adresses par exemple, ces pertes affecteront l’activité elle-même. Cette perte est aussi humaine. Plus le salarié qui part est apprécié, reconnu pour son travail, plus l’impact sur le moral et la motivation des salariés de son service, voire de l’entreprise, surtout dans les PME ou TPE, est important. Cela peut même susciter des envies de départ chez d’autres. On entre alors dans un cercle vicieux qui peut même affecter les clients de l’entreprise. Ceux-ci peuvent par exemple ressentir de la démotivation chez ceux qui restent, voire une dégradation de la qualité de service si le poste n’est pas rapidement remplacé.

Par ailleurs, changer en permanence d’interlocuteur ne donne pas une bonne image de l’entreprise. Enfin, il y a les conséquences directes sur la productivité. Quelles que soient ses compétences et son expérience, celui qui reprendra le poste laissé vacant aura forcément besoin d’un temps d’adaptation, ce qui limite sa productivité pendant un certain temps, temps pendant lequel le travail s’accumule, notamment pour les autres salariés qui doivent compenser…Un chiffre pour résumer : le coût de remplacement d’un salarié est estimé à 3 à 6 mois son salaire, voire plus selon certaines études et cas. D’où la nécessité de ne pas négliger la fidélisation et l’engagement dans son entreprise.

Il est très difficile de retenir quelqu’un déterminé à partir. Le plus simple reste donc de faire en sorte que les salariés soient bien dans leur entreprise. C’est pour cela qu’on parle de plus de plus de bien-être au travail, d’ailleurs c’est un facteur clé de fidélisation. On entend souvent que tout serait une question d’argent, de meilleur salaire…Or parmi les salariés qui restent fidèles à une entreprise, seulement 30% citent la rémunération. C’est-à-dire derrière d’autres critères auxquels on ne pense pas toujours comme la proximité avec le domicile (39%), la stabilité de l’entreprise (32%) et la relation avec les collègues (31%). Et dans les TPE, lorsque l’on demande aux salariés leurs priorités, les réponses sont « une mutuelle avantageuse pour la famille » (34%) et la flexibilité des horaires ou de l’organisation de travail. La fidélisation n’est donc pas qu’une question de salaire, mais plutôt de bien-être au travail, et notamment de conciliation vie pro/vie perso. C’est d’ailleurs pour cela que nous travaillons beaucoup sur ces sujets, parce que ce sont des leviers de performance sociale et donc de performance économique.

Tout d’abord, pour répondre aux critères que je viens de citer, nous mettons en place des complémentaires santé de qualité, et adaptées aux besoins des salariés. Une prévoyance qui offre une protection des salariés et de leur famille face aux aléas de la vie, est également un vrai plus, un élément de fidélisation différenciant. Plus que les salaires, il faut aussi favoriser le pouvoir d’achat des salariés par exemple par de l’épargne salariale, dont l’épargne-retraite, par des solutions pour les prêts immobiliers… On peut aussi agir sur l’intéressement, les primes…Et bien sûr, tout ce qui touche au climat social de l’entreprise est à considérer sérieusement.  Mettre en place une démarche qualité de vie au travail, notamment sur la question essentielle de la conciliation vie pro/vie perso, est ainsi essentiel pour fidéliser ses salariés. Enfin, il ne faut pas négliger tout ce qui touche à l’évolution professionnelle : perspectives, formation, montée en compétences…

 

 

 

 

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